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MASTODON - Emperor Of Sand (2017)
Par CANARD WC le 19 Juin 2017          Consultée 4015 fois

Chaque fois, la même histoire. Un groupe déboule, pousse les murs pour se faire de la place, il explose, avoine, finit par se faire un nom dans le milieu. Premiers albums réussis, des espoirs naissent, le groupe confirme et c’est là que ça se passe. Un peu après. Soit il en reste là, se contente de ce qu’il a obtenu et décide de refaire peu ou prou la même chose en espérant tutoyer une légende. Soit il veut « plus », s’extraire du sillon qu’il a creusé pour davantage de reconnaissance (JUDAS PRIEST en 86), davantage de pognon (METALLICA en 91) alors le groupe sort un album de transition pour faire la passerelle vers un public plus large etc. C’est en visant les charts qu’on se pose à Malibu. Ce qui nous donne des albums comme "Turbo" ou le fameux "Black Album" des groupes précités.

MASTODON est à cette intersection. Entre le vouloir et le pouvoir. Cela ne s’entend pas d’entrée de jeu ("Sultan’s Curse" est l’archétype même du single à la MASTODON), mais juste après. Oui, ça redescend d’un bon cran rapidement avec l’hallucinante triplette de début d’album : "Show Yourself", "Precious Stones" et "Steambreather". Trois compos qui n’ont rien à envier à ce que pourrait produire de nos jours un certain QUEENS OF THE STONE AGE (en un poil plus velu). Mais ces trois titres sont bien là, comme signe de basculement vers un public plus large, plus éparse. Le fan du Sludge des débuts tombe de sa chaise tandis que sa voisine de palier tend l’oreille parce que ça a l’air pas mal dis-donc ce que t’écoutes. Pour l’occasion le chant (moins éructé) s’est fait plus accueillant pour un résultat foutrement accrocheur, à la lisière du tube et des singles les mieux torchés de par chez nous.

On pensait avoir tout compris de ce nouveau MASTODON jusqu’à ce qu’un certain "Roots Remain" - sorte de pivot de l’album – re-bombe du torse. La bête est toujours là, tapie dans l’ombre. Tout le passé, présent et futur du groupe résumé en cinq petits titres introductifs. MASTODON joue avec son destin, grimace puis susurre, passe d’un plan à l’autre, varie ses références mais - pour se permettre une telle transparence d’approche – fait surtout la démonstration de son talent. "Emperor Of Sand" a tout du grand album qui marquera à jamais la carrière du groupe, le genre d’album serein d'un groupe en confiance, en pleine possession de ses moyens.

La suite, malheureusement moins percutante ("Word To The Wise"), ne fera cependant que confirmer l’aisance artistique du groupe pour varier les plaisirs, jouer de la mélodicité quand ça lui chante, balancer ses riffs en forme de clins d’œil entre l’avant et l’après. Une deuxième moitié toujours intéressante donc, mais une redite de ce qui vient d’être formulé. Mais même là, il convient de saluer la performance, car quand MASTODON commence son titre en mauvaise posture ("Clandestiny"), le groupe finit par trouver la solution avec un refrain / couplet au poil, le bon air qui va bien et quelques arrangements pour sortir la tête haute d’un merdier annoncé.

Restait le final. Le « comment qu’on se quitte » et là encore c’est du grand art. "Emperor Of The Sand" tue le match avec deux titres magistraux. "Scorpion Breath" revient à la charge façon ancien répertoire comme pour effrayer la voisine du palier qui trouvait ça pas mal jusque-là (retourne chez toi, morue). Entre gens de bonne compagnie, on va pouvoir se quitter avec un "Jaguar God" magnifique, arpèges de toute beauté et le zest d’émotions qui manquait. Un sombre océan déboule sur la toute fin, l’occasion pratiquement de « retrouver » Brann DAYLOR qu’on avait quasiment oublié durant l’écoute de l’album. Astucieusement placé (oui), "Jaguar God" est juste l’un des meilleurs titres de MASTODON (oui, oui), un défouloir orageux, une dinguerie Stoner comme on n’en fait plus, huit petites minutes parfaitement maîtrisées avec les arpèges qui rebouclent le travail de sape entamé. Une sorte d’explication de texte de soi-même, une tentative de se résumer à nouveau – encore une fois – en une pièce et pour conclure. Fallait le faire. C’est fait, désormais. La suite du groupe sera flamboyante ou dramatiquement décevante. Mais cet album-là est indéniablement réussi quoiqu’il advienne.


MASTODON a ouvert les portes de son univers, mais n’a pas tant changé, n’a rien vraiment transformé pour plaire à tout le monde. Pas vraiment. Telle est la différence avec le certain "Black Album" évoqué qui a putassé avec tout le monde et sonné le glas dudit groupe. Eux n’ont juste fait qu’ouvrir un peu la porte pour accueillir plus de monde. Mais ils sont encore chez eux et maître de leur domaine. Espérons qu'ils tiennent bon.

Note : 4/5.

Morceau préféré : "Jaguar God".

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   (3 chroniques)



- Brann Dailor (batterie, chant)
- Brent Hinds (guitare, chant)
- Bill Kelliher (guitarr, chœurs)
- Troy Sanders (basse, chant, claviers)


1. Sultan's Curse
2. Show Yourself
3. Precious Stones
4. Steambreather
5. Roots Remain
6. Word To The Wise
7. Ancient Kingdom
8. Clandestiny
9. Andromeda
10. Scorpion Breath
11. Jaguar God



             



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