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METAL ALAMBIQUé  |  STUDIO

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MASTODON - The Hunter (2011)
Par CANARD WC le 3 Février 2012          Consultée 8786 fois

Récemment je suis allé dans un de ces restaurant « branchouille », le genre d’endroit où le plat coûte 50 €, où on ne dit pas « plat du jour » mais « humeur du marché » avec en supplément les serveurs qui vous traitent comme de la merde. Seulement, « on » m’avait dit que c’était succulent et comme « je suis de la goule » (comme on dit en Normandie), j’ai osé mettre les pieds dans cet endroit bien famé. Je survolais la carte (autant vous dire qu’il n’y avait pas de menus ni de formules hein), en essayant de traduire le langage gastro-théorique et y avait un plat qui m’intriguait :

« Nage tropicale de St Jacques »

En demandant au serveur, je compris de suite qu’on avait le droit qu’à une seule question.

« Il s’agit d’une noix de St Jacques cuite à l’instantané dans son bouillon exotique et accompagnée d’un riz créole et sa sauce douce amère au chocolat »
« Bon OK, va pour la St Jacques qui fait de la natation en Martinique AH AH AH AH »

Ma Blonde pousse un petit rire nerveux, tandis que le serveur grimace un sourire. Ambiance. On a attendu nos plats sur fond de Jazz atroce (à réveiller Coltrane de sa tombe). Puis, le serveur s’est radiné, il a posé nos auges comme s’il s’agissait d’une bombe artisanale et faut reconnaître que c’était super bien présenté. Rien que la St Jacques méritait une photo : ronde, gourmande, blanche de désir, elle donnait l’impression de se trémousser dans son bouillon aux vapeurs des îles. A côté, sagement, un petit riz cuisiné en sucré/salé attendait qu’on lui fasse sa fête.

Bref, ça avait l’air de tuer.

J’ai pas vu venir le serveur. D’ailleurs j’avais pas vu son espèce de petite carafe en porcelaine. Et avant que j’ai pu crier « nooon », il a renversé partout dans l’assiette une sorte de sauce au chocolat un peu épicé. En un éclair, il venait de tout foutre en l’air. J’ai pensé à lui mordre le mollet quand il a grogné : « Bonne dégustation ! », mais j’étais trop dépité. Quel gâchis.

Sauf que ça tuait. Le petit goût de chocolat se liait très bien avec l’ensemble. Délicieux et original. A ce jour, je m’en rappelle encore. J'aurais jamais cru. En écoutant ce (lapin) « Chasseur » de MASTODON, j’ai une pensée pour cette belle noix de St Jacques au chocolat, tant il est vrai que c’est pas parce que c’est bizarre que c’est forcément pas bon.

MASTODON m’a toujours donné l’impression d’avoir trouvé leur « voie ». Depuis le début. Un style à eux, suffisamment original pour être reconnu en un coup d’oreille et si complexe qu’on ne sait pas vraiment à quelle branche affiliée la bête. Sur la scène Metal, par les temps qui courent, ces caractéristiques sont si rares que ça méritait d’être souligné en un paragraphe « à part ». A la ligne.

Cet équilibre précaire, MASTODON le trouve à la croisée des genres. Entre Stoner, Thrash, Prog, Heavy US. On ne sait pas vraiment et on s’en fout. Des traces psyché ou Metalcore. Probables. Sur le papier, ce « champs » des possibles est gerbi gerbo et l’on se dit que les réglages auxquels se livrent les américains sont d’ordres chamaniques. Et pourtant, MASTODON réussit à faire fonctionner son bazar. Mieux : le groupe trouve sa cohérence dans ce méli-mélo d’influences et trace sa route au fil des albums.

L’enseignement de ce "Hunter" est que le dosage que MASTODON effectue sur chaque morceau est au poil de cul près. Une erreur d’estimation et tout s’écroule. Une faute de goût ou une perte d’inspiration et c’est anecdotique. En ce sens, l’album prend des allures d’accomplissement artistique, il est le témoin de cette pleine conscience des choses avec laquelle MASTODON joue à faire tenir ses morceaux, à se raccrocher à chaque riff. A ce jeu du dosage délicat, ce "Hunter" est un petit bijou, entre ce qu’il faut d’expérience et ce zest d’innovation, entre émotion sur jouée et ce froid calcul des choses. Alors on peut pondre un "Stargasm" sans se perdre dans les étoiles, on peut aussi balancer du "Black Tongue" dans les gencives puis frôler la grâce sur ce "Hunter" (le morceau éponyme) et son sens de la mélodie si particulier. Bref, on pourrait presque croire au miracle.

Quasi symbole à lui tout seul de ce talent chirurgical, il y a Brann DAYLOR. Sans doute l’un des meilleurs batteurs es Metal en activité. Véritable locomotive à lui tout seul, il donne un second souffle à chaque envolée pour mieux se faire discret quand il le faut, jouant des cymbales puis martelant sa double de rage. Difficile de ne pas laisser ce « fluide » animal vous transporter. De vous laisser embarquer dans ce "Sparrow" spatial, intriguant, tentaculaire ou comment conclure l’album de la plus belle des façons. Sur un brin de rêverie, un rien psyché, furieux et éthéré. Parfait.

"The Hunter" n’est qu’un bon album de MASTODON, mais c’est la cinquième fois que le groupe réussit son coup en autant de tentatives. Et cela, en 2011, cela confine – pour de vrai – au miracle.

Note : 3,5/5 (que j’arrondis au supérieur).

Morceau préféré : "The Hunter".

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   CANARD WC

 
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   (2 chroniques)



- Troy Sanders (chant, basse)
- Brent Hinds (chant, guitare)
- Brann Dailor (chant, batterie)
- Bill Kelliher (guitare, choeurs)


1. Black Tongue
2. Curl Of The Burl
3. Blasteroid
4. Stargasm
5. Octopus Has No Friends
6. All The Heavy Lifting
7. The Hunter
8. Dry Bone Valley
9. Thickening
10. Creature Lives
11. Spectrelight
12. Bedazzled Fingernails
13. The Sparrow



             



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