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MASTODON - Once More 'round The Sun (2014)
Par CANARD WC le 4 Août 2014          Consultée 6620 fois

Vous vous souvenez, gamin, quand on regardait des films futuristes qui se passaient dans les années 2000 ? On voyait des vaisseaux spatiaux, des lasers, des droïdes et tout le toutim. On est en 2014 et à ce jour, toujours pas de bagnoles qui volent, de téléportation ni même de cryogénisation. Au lieu de ça, les gens jouent à Candy Crush dans le train et vont au bureau en trottinette. C’est quoi ce bordel ? S’il y a vingt ans, on m’avait demandé de décrire « 2014 », j’aurais sans doute été plus proche de « Star Wars » que des « Bronzés ». Pareillement, vu ce qu’on se mangeait en matière de Metal début des années 90, quinze ans plus tard, on pouvait légitimement rêvasser, imaginer des choses incroyables. Moi je voyais du Metal robotique, de la Fusion de ouf, du World Metal etc. Tout était possible donc. Sauf que 2014 ressemble à 2004, que chaque semaine on écoute plus ou moins la même chose, que même en y mettant la meilleure volonté du monde, il reste difficile de s’enthousiasmer tant tout n’est que redite, déjà vu et tricotage de bouts de ficelle. Rappelez-moi, c’était quand déjà la dernière grosse baffe que vous avez pris dans la gueule ?

Ouvrez le gaz, je ferme les fenêtres.

Alors oui, parfois, il y a bien un vieux de la vieille (ANTHRAX) qui telle une luciole courageuse tente de briller dans l’obscurité opaque (c’est beau ce que j’écris). Quand parfois encore, ce n’est pas un jeune groupe tout fou qui déboule avec l’énergie du désespoir (GAME OVER) pour nous faire revivre les délices d’antan. Mais sinon, dans l'ensemble, MAIDEN fait toujours du MAIDEN, METALLICA de la merde et tutti quanti.

Exception qui confirme le cycle menstruel : MASTODON.

Le dernier gros groupe, suffisamment « novateur » tout en s’inscrivant dans l’ère du temps. Monstrueux et fataliste, bigarré et évident. Le seul groupe actuel qui aurait été en mesure d’étonner un auditeur de 1994 (façon « Retour vers le futur »), même qu’un certain Canard au lycée eusse été étonné et se serait exclamé : « merde, c’est quoi ce groupe ? » tant il est vrai qu’on entend dans ce "Once More 'Round the Sun" du Prog écorché, du Death léger, du Thrash qui arrache et des choses plus ou moins Stoner. Forcément, il y a de quoi de prime abord être perdu. Mais il aurait fallu d’une seule écoute de "Chimes At Midnight" pour comprendre que ça valait le coup d’attendre 2014 pour entendre pareille tuerie, pour avoir le plaisir d’headbanguer sans retenue et en première intention. Rouvrez les fenêtres !

MASTODON, le dernier grand groupe d’un monde qui s’écroule. Depuis son bastion, dans son camp retranché, ils résistent, mènent une bataille serrée contre la médiocrité environnante. Sixième album en douze ans de combat et une victoire de plus à leur palmarès : on ne peut plus parler de coup d'éclat d'un soir. Sans jamais radoter, ni faillir, à chaque nouvel album ils avancent, approfondissent leur style, élargissent le sillon qu’ils ont commencé à emprunter. Plus que jamais, ils sont devenus incontournables. Encore quelques années, SLAYER ou MEGADETH ou METALLICA (ajoutez ici le cadavre exquis qui vous va bien) leur serviront de première partie et cela semblera légitime à tous.

Alors quoi de neuf sur ce « encore une fois autour du soleil » ? Pas grand-chose de plus, rien de moins et en cela c’est déjà... énorme. Même talent au service d’un vrai travail de composition, quelques idées, une touche psyché et des influences multiples. Le résultat est bluffant : efficience Thrash et complexité Prog se croisent d’un bout à l’autre de l’album. Les riffs redoutables et les passages géniaux ont été disséminés habilement pour ne jamais perdre l’auditeur. On garde les acquis pour viser les sommets, MASTODON a toujours ce « son » à lui, ce tempo « parfait » - profitons-en pour saluer une fois de plus le travail énorme de Brann Dailor, sans doute le meilleur batteur Metal en activité – et une production sans faille et sans reproche (merci monsieur FOO FIGHTERS).

Alors "One More" serpente entre les genres, vient à chaque nouvelle écoute se lover un peu mieux dans un coin de votre crâne. Toujours ce savant mélange entre inspiration, talent et travail, y a pas de recette miracle. MASTODON excelle plus que jamais dans sa manière de doser les choses, sait comme personne concrétiser l’idée et le démontre à onze reprises pour un résultat d’une homogénéité évidente. Chacun pointera ses disparités et reliefs, mais presque tout le monde aura ses préférences et trouvera dans cet album le particularisme qui le séduira (qui peut rester insensible à "Asleep In The Deep" ?). Car même quand ça commence mal (brouillon comme sur "Aunt Lisa"), il suffit d’un break sorti de nulle part pour raccrocher immédiatement les wagons (écoutez les chœurs sur lie de riffs Thrash à 3’40). Même quand on croit s’ennuyer, on finit par se manger une bouillie aussi inédite que salutaire. Seul contre-coup à cette luxuriante jungle sludgy Heavy, "Once More" demande un peu d’efforts pour être cerné, encore une fois si MASTODON séduit de suite, le groupe prend tout son sens avec un peu de temps qui passe. Un défaut qui lui assure paradoxalement une durée de vie estimable.

Comme pour me contredire, il y a "Chimes At Midnight". Une seule écoute suffit pour prendre un plaisir immédiat et se repaître de ses riffs accrocheurs comme du velcro. On en redemande et ça faisait juste un siècle que ça ne m’était pas arrivé de secouer la tête sans m’en rendre compte. Sans parler de leur final, "Diamonds" : opaque et prometteur.

Manquait plus que la face cachée d'une lune noire à leur « dernier petit tour autour du soleil ».


Morceau : 4,5/5


Morceaux préférés : "Chimes At Midnight" et "Aunt Lisa"

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   CANARD WC

 
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   (2 chroniques)



- Troy Sanders (chant & basse)
- Brent Hinds (guitare)
- Bill Kelliher (guitare)
- Brann Dailor (batterie)


1. Tread Lightly
2. The Motherload
3. High Road
4. Once More 'round The Sun
5. Chimes At Midnight
6. Asleep In The Deep (avec Valient Himself & Ikey Ow
7. Feast Your Eyes
8. Aunt Lisa (avec The Coat Hangers & Gary Lindsey)
9. Ember City
10. Halloween
11. Diamond In The Witch House (avec Scott Kelly)



             



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