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EVIL BRUTAL DEATH METAL  |  STUDIO

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INCANTATION - Vanquish In Vengeance (2012)
Par DARK MORUE le 10 Décembre 2012          Consultée 3790 fois

Chouette, un album concept. Non pas que l'histoire j'en ai quelque chose à cirer quand la musique derrière c'est du Death bien viandu, ce qui est cool c'est surtout que ça dispense le chroniqueur de se creuser la tête pour trouver une introduction. Et comme je crains, c'est exactement ce que je vais faire. Alors causons Charlemagne, personnage historique préféré de tous les étudiants.
Il a fait quoi ce cher monsieur pour mériter que INCANTATION en parle ? Parce que la France à l'honneur, moi j'aime. Ben il a massacré des gens. Tout plein. Des Païens qui voulaient pas se convertir au christianisme. Aaaaah voilà, vous le sentez venir le clash contre les fils de Jésus. Massacre au nom de la religion, intolérance, refus d'acceptation de Dieu comme sauveur... On reconnaît leur patte, pas de revirement historique chiant, ouf.
Mais dans ce nom, "Vanquish In Vengeance", on retrouve en plus de ces allusions la notion d'intégrité absolue dont fait preuve le combo, sa résistance envers et contre tous, sa dévotion au véritable Death Metal... Putain, 6 ans sans nouvelle, mon Satan que ça fait plaisir de les revoir aussi en forme, avec en plus une belle stabilité de line-up à leur échelle (on garde le tueur Kyle Severn, on récupère le gratteux de GOREAPHOBIA avec qui McEntee a joué récemment, et un bassiste aussi parce que c'est cool).

Si vous attendez de cet album autre chose que du INCANTATION, vous pouvez disposer. Sinon, vous aurez bien raison de rester tant cette virée abyssale en vaut la peine. La bonne grosse tournée qu'ils ont effectuée aura mis la puce à l'oreille tellement la claque scénique était énorme : "Vanquish In Vengeance" latte comme pas permis et se permet même un bon retour en arrière, gommant les défauts de ses deux prédécesseurs. Et se pose à mes oreilles comme le meilleur depuis 1998. Oui je vous l'avoue là sèchement à un point aussi haut de la chronique, mais vous n'imaginez pas quelle a été ma surprise. La pochette est moins abominable que les précédentes mais pas ultra zizitantes pour autant. Même quand le titre éponyme a filtré, j'ai juste levé un sourcil en disant "ouais, cool, 3/5". Et après, dés la première écoute c'est grosse claque aller-retour comme Obélix qui corrige ces bons vieux Romains (ça y est, vous avez l'image en tête de McEntee qui gifle un poisson noir, ne me remerciez pas). Place à la description maintenant.

Dés les premières secondes, terrain connu. Gros riff Evil à mort, avec le trémolo sombre et couinant qu'on leur connaît, et puis ça meule grave, ça blaste à en détruire la peau des snares, McEntee nous crache ses glaires à la gueule et c'est parti pour enchaîner les riffs brise-nuque qui font groover les enfers entre deux salves dévastatrices. "Invoked Infinity" ou le titre le plus brutal depuis "Blasphemy" et qui annonce la couleur de suite : INCANTATION ont maturé longtemps et ont la rage, toujours ce statut de groupe culte bulldozer, plus sombres et malsains que jamais, mais aussi plus béton encore qu'avant.
McEntee est désormais bien assis à son poste et a fait évoluer son chant, gagnant considérablement en puissance et en profondeur, et faisant un bond fulgurant en passant du statut de pire chanteur que la formation ait jamais connu à quasi-égal de Craig Pillard. Eh ouais. Quand il nous martèle son growl abyssal en face sur le titre éponyme ou "Legion Of Dis", on se pisse dessus cette fois. Ah, et inutile d'ajouter que la production est exceptionnelle, typique du combo mais désormais surpuissante, au rendu aussi cru que propre (Dan Swanö fidèle à sa réputation).

On ne va pas parler d'expérimentation vu qu'il n'y en a pas, ou très peu (quelques riffs ultra épiques pas si caractéristiques du combo que ça sur "Ascend Into Eternal" par exemple, ou des breaks un peu plus inhabituels). Cependant, cette fois les titres sont davantage scindés selon une recette qui marche de manière surprenante : 2 titres rapides, puis 1 titre Doomesque, encore 2 missiles, 1 titre Doooooom... Avec donc des morceaux lents et longs au nombre de 3, d'ailleurs de plus en plus lents et de plus en plus longs. "Transcend Into Absolute Dissolution" brise d'un coup sec la relative furie du début d'album en amenant un climax apocalyptique avec lui, tout en ralentissements crépusculaires et riffs lancinants... Puis on se bouffe le rouleau compresseur implacable titanesque qu'est "Haruspex" et son solo chaotique estomaquant, ainsi que le titre éponyme qui semble des plus conquérants placé au centre de l'album, et revoilà que c'est reparti pour se faire enfouir sous le sol à coup de riffs telluriques après l'introduction à la basse glaçante de "Profound Loathing"... Tout devient noir, et puis au bout d'un moment tout s'emballe, rythmique implacable, solo splendide, et nous revoilà la face écrasée dans la boue...
De quoi, trop Doom/Death tout ça ? Ah mais attendez, vous n'avez pas subi "Legion Of Dis" et ses 11min absolument terrifiantes, qui malgré quelques courtes accélérations meurtrières finit par se barrer en larsens appuyés de traumatisants growls haineux de McEntee... Une expérience, vraiment.

Après là je suis en train de parler des gros ralentissements Doomesques mais faut pas oublier qu'en dehors de ces 3 mastodontes, c'est relativement speedé. Même si la plupart des morceaux contiennent leurs bons passages lourds, les breaks qui tuent, on évolue quand même dans une vitesse moyenne assez furieuse et ce malgré le fait que les blasts ne soient pas si présents que ça passé le premier titre. On condense donc bien plus l'esprit des trois premiers albums, en s'éloignant du côté IMMOLATION des albums post-"Diabolical Conquest" tout en coupant les ponts avec le pesant et démoniaque "Primordial Domination" pour renouer avec la bestialité de "Onward To Golgotha" qui se serait paumé au milieu d'une version décrassée de l'enfer noir de "Mortal Throne Of Nazareth". Et ce sans un seul titre à jeter, la qualité restant constante et la construction tellement parfaite que l'attention reste focalisée d'un bout à l'autre. Un bon gros pavé dans la mare pour les connaisseurs qui n'auront juste pas le droit de faire la fine bouche.

Bref. INCANTATION reviennent et nous servent le meilleur d'INCANTATION. Recette usée jusqu'à la corde et appliquée à la lettre, mais qui fait encore des miracles. Rien que nous servir des tours de force comme les boucheries "Ascend Into Eternal", "Haruspex", ou "Profound Loathing" suffit amplement à écarter la concurrence de cette année qui était pourtant des plus solides (GOREPHILIA en tête, FATHER BEFOULED, DISMA) et prouve qu'au final, personne n'arrive à faire du INCANTATION mieux que INCANTATION. Et ce sans faire aucunement le vieux con conservateur. Une valeur sûre qui le reste. Ces gaillards sont toujours plus que capables de redorer le blason du vrai Death Metal après 9 albums en 25 ans. Respect.
Nous sommes en Décembre et une bande de papys vient de foutre le bordel dans mon Bilan, check !

Sacré Carolus : Si vous aimez INCANTATION, je vous aime aussi, et cet opus vous foutra KO. Tout ce qu'on peut en attendre, et au top. Le meilleur depuis 15 ans, et on va pas s'en plaindre...

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- John Mcentee (chant, guitare)
- Kyle Severn (batterie)
- Alex Bouks (guitare)
- Chuck Sherwoods (basse)


1. Invoked Infinity
2. Ascend Into Eternal
3. Progeny Of Tyranny
4. Transcend Into Absolute Dissolution
5. Haruspex
6. Vanquish In Vengeance
7. Profound Loathing
8. The Hellions Genesis
9. From Hollow Sands
10. Legion Of Dis



             



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