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BRUTAL DEATH METAL  |  STUDIO

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INCANTATION - Diabolical Conquest (1998)
Par DARK MORUE le 4 Février 2012          Consultée 3423 fois

Prendre la succession d'un chef d’œuvre n'est pas une chose aisée. L'apanage des grands, comme on peut le dire. "Mortal Throne Of Nazarene" était tellement immense, gras, lourd, pesant, suintant et démoniaque qu'on voyait difficilement comment INCANTATION pourrait se surpasser dans le domaine. Et là, premier clivage du line-up. Tout le monde dégage sauf McEntee. Nouvelle mouture, on repart à zéro, totalement méconnaissable et reconverti ?

Non. Bien sûr que non. Jamais la formation ne serait capable de trahison. On reconnaît direct les riffs de Johnny, alternant le direct et le malfaisant un peu Blackouille la Fripouille. Pourtant sur "Diabolical Conquest" la musique est tout de même littéralement transfigurée, et ce sans rien de paradoxal avec les points précédemment évoqués. INCANTATION joue toujours du INCANTATION, ça on va pas leur enlever, mais pour qui est fan aveugle des deux albums précédents, le changement est de taille, conséquence directe et sans préavis du nouveau line-up. Exit Jim Roe, place à Kyle Severn derrière les futs. Et là pour tout vous dire... Le premier batteur ne faisait déjà pas dans la finesse, il passe pour un joueur de tambourin à côté du nouveau venu. Le blast et le Mach 2 deviennent quasi systématiques, le côté Doom bourbeux et rampant est quasi éliminé ici durant la majeure partie de l'album, on est en présence de Brutal Death dans le sens le plus pur et infernal du terme. Dés les premières secondes on se fait blast-beater jusqu'à s'en faire saigner les gencives pour tout vous dire...

C'est cependant l'autre nouveau venu qui distingue "Diabolical Conquest" de tout le reste de la discographie de McEntee. Daniel Corchado himself. Si,si, vous savez, la tête pensante de THE CHASM, soit une des formations les plus symboliques et influentes de la scène Death encore en activité. Le voilà donc qui tient la guitare et le micro sur un album des parrains du NYDM. Digne remplaçant de Craig Pillard (qui restera à jamais LA voix d'INCANTATION néanmoins hein!) ? Tout à fait. Son growl est certes moins profond (en même temps...) mais tout aussi caverneux et bien plus haineux et rentre dedans, poussant même sur l'ultra guttural quand il le faut ("United In Repugnance"). Avec une production bien moins poussiéreuse, plus claire et professionnelle, on peut donc avancer... qu'on est en présence de l'album du groupe ressemblant le plus à IMMOLATION !

Ah, là je sens qu'il y en a qui bandent comme des harengs en rut. En même temps quand on cite le nom du meilleur groupe du genre de la planète de la création... Oui, le spectre de l'autre géant à géographie semblable plane. Non pas pour les dissonances mais plutôt pour cette ambiance sulfureuse émanant d'une brutalité totalement contrôlée au service d'un riffing en béton et d’enchaînements de plans impérieux et sans pitié aucune. Le côté rythmique à l’extrême en moins. Même si ça bastonne plus que jamais (TOUS les titres blastent leur mère, les plus brutaux étant "Disciples Of Blasphemous Ritual" ainsi qu'évidemment "United In Repugnance" et son intro juste scotchante), on a toujours cette atmosphère franchement pas accueillante, ambiance totalement blasphématoire qui semble cette fois juste mettre l'Eglise à feu et à sang plutôt que la noyer dans la vase ("Shadows Of The Ancient Empire" totalement épique). Véritable monolithe d'efficacité aussi tranchant que rugueux, parmi les opus les plus brutaux composés par la formation (aux côtés du bien moins bon "Blasphemy") avec tous les arguments nécessaires rangés de son côté obscur. On entend même la basse sur "Ethereal Misery". Au début.

Mais il convient de noter qu'INCANTATION a cette fois fait des efforts pour aérer son album. Quelques mélodies presque mélodiques disséminées ça et là, des ralentissements qui partent en ultra-guttural moins présent que par le passé certes mais pas non plus totalement disparus... Et deux morceaux consacrés entièrement à ces deux aspects. Dans un premier temps l'interlude instrumental en plage 4, mélodique et entêtant bien que tout sauf joyeux et s'enchaînant à merveille avec la furie suivante. Mais également le titre final, qui dure -tenez vous bien- pas moins de 17 minutes ! Et sans blanc, samples ou je ne sais quelle connerie. Le côté fortement Doom de l'album précédent refait surface, entre passages totalement oppressants avec seulement basse et growl, riffs funéraires montant lentement en puissance, accent mis sur le côté démoniaque et grandiose nous faisant visualiser Corchado comme une entité cornue vautrée sur un trône de fer et de suie... On pèse lourd sur les toms, les trémolos couinent, et ça finit bien évidement par exploser de partout pour finir en schizophrénie totale. Bien que tout aurait pu être raccourci, je l'avoue sans peine...

Un album à part ? Pas du tout, le groupe fait ce qu'il sait faire de mieux comme il le fait le mieux, ce n'est qu'une suite logique plus musclée prolongeant la continuité sans tomber dans la redite. Moins fangeux, bien moins pesant mais d'une chaleur infernale décuplée nous cramant presque littéralement les poils des oreilles qui n'auraient pas été réduits en poussière à coups de baguettes. Pas du tout étonnant qu'il soit considéré comme un des plus grands chefs d’œuvres de la formation, tout simplement parce que c'est vrai, il se positionne même juste derrière son illustre prédécesseur. Tout l'esprit du Death Metal Evil posé sur une galette condensée en 28 + 17 minutes, et bien que le spectre d'IMMOLATION se fasse parfois sentir, INCANTATION reste bien plus compact et vil. Impossible de trouver une seule raison valable d'enlever un point. Tremblez immortels.

Vade Retro : L'album parfait pour commencer INCANTATION, véritable apogée stylistique totalement irréprochable et taillée de main de maître. J'en suis diaboliquement conquis (oui j'ai honte).

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- John Mcentee (guitare)
- Daniel Corchado (chant, basse, guitare)
- Kyle Severn (batterie)


1. Impending Diabolical Conquest
2. Desecration (of The Heavenly Grace)
3. Disciples Of Blasphemous Ritual
4. Unheavenly Skies
5. United In Repugnence
6. Shadows Of The Ancient Empire
7. Ethereal Misery
8. Unto Infinite Twilight / Majesty Of Infernal Domin



             



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