Recherche avancée       Liste groupes



      
BLACK SYMPHO / ATMO  |  STUDIO

Commentaires (13)
Metalhit
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Caladan Brood, Forgotten Winter
- Membre : Abigor, Pazuzu
 

 Site Officiel (1064)
 Myspace (255)
 Chaîne Youtube (251)

SUMMONING - Stronghold (1999)
Par VOLTHORD le 13 Août 2014          Consultée 3613 fois

« Through Dreams I Influence Mankind »

Cette phrase prononcée par le démon du film Legend (Ridley Scott) pose le dernier jalon d’une des plus grandes épopées du Metal, répétée dans les dernières minutes de "Stronghold" comme une signature d’emprunt lourde de sens.

Quinze années plus tard, le quatrième album des Autrichiens a gardé son édifiante splendeur épique autant que son aura maléfique.
Ses claviers, plus que pour n’importe quel album atmosphérique de l’époque, évitent les gausseries du kitsch mieux que sur les deux précédents albums des Autrichiens autant que les deux suivants, et mieux que nombre d’albums du même genre. Par des jeux de réverb' et d’écho abîmés qui masquent les limitations des sons de claviers tout en leur donnant l’ampleur épique voulue, des guitares tranchantes et imposant leur intense brouillard de guerre, et dont les riffs sonnent comme autant de cris de rage et de gloire, la puissance de "Stronghold" est telle qu’il est difficile de comprendre comment SUMMONING a réussi à développer un son aussi prodigieux après les approximations de "Minas Morgul" et "Dol Guldur".

Les Autrichiens ont accompli l’équivalent du talent d’un photographe assez talentueux pour faire un bon photomontage en argentique : ses limitations deviennent des piliers créatifs, et tout ce qui le retenait dans son élan le propulse à cet instant au sommet de son art comme aucune production moderne n’aurait su le faire.

"Stronghold" se pare d’une obscurité nouvelle, d’un désespoir salvateur sur lequel s’érige un héroïsme éploré mais invincible. Un sentiment de fureur et de puissance qu’aucun album n’aura jamais réussi à égaler (les exploits qui suivront iront, pour autant, exploiter bien d’autres richesses). Dès "Long Lost To Where No Pathway Goes", SUMMONING construit les murailles d’une forteresse incroyable. Il les cimente avec "The Glory Disappears" pour les rendre indestructibles dès le bouleversant "Like Some Snow-White Marble-Eyes". Seule petite faille ? Ce "Where Hope And Daylight Die" où pour la première (et dernière) fois le groupe joue la carte du chant féminin ? Au contraire, si ses couplets paraissent un peu chiches, c’est le riff emporté et percutant servant de refrain qui s’avèrera salvateur. Le retour d’une suite d’accord au clavier bien banale devient alors un signe du destin mystérieux et dérangeant. Au final, ce titre unique devient le centre d’une œuvre à toute épreuve, et amène l’album vers une chute progressive dans les ténèbres.

Le ton déchiré mais déterminé de Protector laisse place à un Silenius plus braillard et déchirant, une voix qui sur "The Rotting Horse On the Deadly Ground" se fait plus imposante que jamais, escortée par ce riff frétillant d’agressivité, ses percussions de guerre savamment orchestrées et ses claviers éthérés. Et ce "A Distant Flame Before The Sun" qui reprend l’un des textes les plus iconiques de Tolkien avec ces hurlements rauques et caverneux, semblant venir d’une puissance supérieure autant que de la gorge d’un homme agonisant ses derniers râles.
Surtout, ce dernier titre à la fois maléfique et martial laissera au final entrevoir un éclat de lumière aussi étrange que salvateur, et qui manque rarement de me laisser une petite larme au creux de l’œil.

Héroïque et mélancolique, dissonant et orageux, froid et accablant, tapageur et pourtant attirant, SUMMONING a rarement autant cultivé l’art du contraste, en offrant au final son esquisse la plus sombre de l’univers de l'écrivain britannique. Un propos apocalyptique se dressant comme une forteresse dans un épais brouillard, et qui transcendera les âges encore et toujours, tant sa forme finie s’est détachée du temps autant que l’œuvre de Tolkien ne s’est détachée de son contexte et même de son géniteur.

La quintessence de la musique tirant ses racines de l’imaginaire, tout simplement.

A lire aussi en BLACK SYMPHO / ATMO par VOLTHORD :


GRAVEWORM
Scourge Of Malice (2001)
Black symphonique d'Italiens pas communs.




AQUILUS
Griseus (2012)
Poésie automnale grandiloquente


Marquez et partagez



Par BAST, JULIEN




 
   VOLTHORD

 
   DAMONIL
   POSSOPO

 
   (3 chroniques)



- Protector (guitares, claviers, programmation)
- Silenius (claviers, chant)
- Tolkien (textes ;)


1. Rhun
2. Long Lost To Where No Pathway Goes
3. The Glory Disappears
4. Like Some Snow-white Marbles Eyes
5. Where Hope And Daylight Die
6. The Rotting Horse On The Deadly Ground
7. The Shadow Lies Frozen On The Hills
8. The Loud Music Of The Sky
9. A Distant Flame Before The Sun



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod