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BLACK SYMPHO / ATMO  |  STUDIO

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SUMMONING - Minas Morgul (1995)
Par VOLTHORD le 25 Février 2015          Consultée 2356 fois

1995 témoignait d’une scène authentique et pleine de tentatives fougueuses, de l’émancipation d’un ANATHEMA à un MOONSPELL posant les jalons de son identité sonore, en passant par un BLIND GUARDIAN qui décollait dans les airs, d’un AT THE GATES qui réalisait l’un des plus grands albums de Death Mélodique, et j’en passe pour éviter le pavé… Une année fertile comme on n’en fait plus...

1995, c’est aussi l’explosion créative de deux cerveaux autrichiens.
1995, c’est l’année charnière où Silenius enregistre des vocalises déchaînées comme jamais sur l’imposant "Nachthymnen" d’ABIGOR.
1995, c’est l’année où les deux compères s’illustrent de manière plus confidentielle dans DIE VERBANNTEN KINDER EVAS, l’album du même nom sortant en Avril, un mois après "Lugburz". Un album où très vraisemblablement les deux compères (sous leurs vrais noms, et non leurs pseudonymes) expérimentent avec la boîte à rythme et les claviers, avec un succès mitigé mais qui sera pourtant plus que jamais porteur. Pour SUMMONING, il est temps d’approcher le black médiéval autrement, et les expériences PAZUZU et DVKE ne peuvent à mon avis en être indissociées. Difficile de savoir depuis combien de temps l’idée trottait dans la tête de Silenius et Protector pour qu’en Octobre, ils reviennent avec le second opus de SUMMONING, avec un style métamorphosé et un batteur en moins.

Bruits de cavernes, mystères et démons qui s’avancent dans l’ombre… Non, on ne pouvait pas réellement savoir que derrière une introduction comme celle-là se cachait toute la définition d’une des entités les plus reconnaissables dans son genre.

La deuxième piste poursuit le mystère. Riff lascif, claviers discrets, masqués, lointains. Un Silenius moins enragé, plus plaintif et posé. Une lenteur caractéristique, une composition qui se construit pas à pas alors qu’on se laisse engloutir par l’obscurité. "Lugburz" porte un titre ingrat, comme pour balancer par la fenêtre en un tour de main ce qu’il reste d’un premier opus de Black Metal standard et sans importance. Il lui reste bien cette accélération de tempo soudaine, qui sème une confusion étrange : elle parait même ralentir la machine, tant la mélodie se portait à une évasion sombre, certes, mais sereine. Ce genre d’accélérations ne trouvera pas beaucoup d’équivalent par la suite, et c’est tant mieux. Et même si l’on pouvait dès ce premier (vrai) titre déceler quelques failles dans la formule des autrichiens, difficile de ne pas être subjugué.

"Minas Morgul" est un opus aventureux dans sa tentative de marier l’ambient à sonorité médiévalisante et un Black Metal BURZUMien, lent et tourmenté.

Il atteint parfois ses limites dans ses longueurs, avec un "Marching Homewards" qui s’étire sur huit minutes en répétant sempiternellement une mélodie accrocheuse, certes, mais sans variation qui nous ferait vraiment tenir le coup jusqu’au bout. Idem pour "Dor Daedeloth", qui conclut l’album, avec ses dernières minutes où les samples dissonants résonnent comme de vieux samples usagés contient trop sa furie pour être complètement convaincant.

Si "Minas Morgul" demeure un album où les guitares restent au premier plan, la démarche est clairement axée sur l’atmosphère. "Ungolianth" minimise la partie Black Metal et joue la carte des tambours de guerre comme le groupe le fera plus tard plus systématiquement sur "Oath Bound". Avec une attitude similaire, "The Legend Of The Master Ring" chamboule tout, piano qui tamponne des battements de cœurs rapides, filmique comme jamais (on pourrait l’imaginer aujourd’hui avec un grand orchestre symphonique, quel pied). Plus de guitare, le tableau se fait incroyablement riche et les différentes couches de claviers créent une densité si incroyable qu’il est difficile d’entendre cette clavier s’effacer si abruptement après cinq minutes portées à leur climax.

Rarement un style tranchant dans le vif avec tant d’autre n’aura été porteur de ses fruits si rapidement. Avec une production solide, à la fois martiale, profonde et noire, "Minas Morgul" peut faire vivre des idées dont les changements de tons sont parfois étranges, mais souvent dans le bon sens du terme. SUMMONING exploite ses capacités toute entières, joue avec ses propres limites, déploie l’artillerie au point qu’un titre comme "The Passing Of The Grey Company" restera à jamais inégalé. Si vous n’avez pas encore écouté ce titre, son canon de bombarde gravé à jamais dans toute mémoire de blackeux qui a un peu de respect pour elle-même, faites-le maintenant, là, tout de suite !

Ne pas mettre la note maximale à "Minas Morgul" sous couvert de prendre un minimum de recul est bien difficile pour moi : il demeure un album qui, même si je ne l’ai jamais découvert au moment de sa sortie, tranche avec toutes les expériences du genre (et du Metal même) que l’on pourrait avoir. Parmi ses choses précieuses que l’année 1995 a donné si généreusement.

Le prochain pas pour la formation marquera le désaveu d’une guitare pourtant toujours au premier plan sur cet opus, et la venue d’un autre chapitre tout aussi fulgurant : "Dol Guldur", c’est déjà une toute autre histoire.

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   (4 chroniques)



- Protector (guitares, claviers, programmation)
- Silenius (claviers, chant)
- Tolkien (textes ;)


1. Soul Wandering
2. Lugburz
3. The Passing Of The Grey Company
4. Morthond
5. Marching Homewards
6. Orthanc
7. Ungolianth
8. Dagor Bragollach
9. Through The Forest Of Dol Guldur
10. The Legend Of The Master-ring
11. Dor Daedeloth



             



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