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WAYFARER - A Romance With Violence (2020)
Par VOLTHORD le 29 Juillet 2021          Consultée 481 fois

L'imaginaire du Black Metal se porte davantage sur les images de déserts de glace que les déserts de feu. Même si MELECHESH ou AL-NAMROOD auront pu associer des images de tempêtes de sable dans un tourbillon de mystique orientale souvent appuyée par une imagerie biaisant forcément notre écoute, les déserts de montagne et de canyons, les étendues de vides moins éprises de mysticisme ont rarement voix au chapitre.

Dans "A Romance With Violence", son troisième album déjà, WAYFARER s'interdit les artifices. Il ne cite pas Ennio Moricone, il n'intègre pas de sifflotements et de banjos tout ENSIFERUMiens, à peine il ouvre son rideau rouge sur un piano de saloon désaccordé semblant jouer sa mélodie au-dessus d'une pile de cadavres en décomposition. Il terminera sur les cordes pincées et percussions fouettées (l'intro de "Vaudeville") qui tiennent communément de l'imagerie du duel de cow-boy, mais là aussi, furtivement et subtilement. Entre les deux, il fera surtout du Black Metal. Atmosphérique, post-machin, "moderne". Tout ce qui se fait de nos jours, dirons-nous, avec une emphase sur les longs titres privilégiant dans leurs compositions le développement de récits forts. Le WOLVES IN THE THRONE ROOM du Colorado, en quelque sorte.

Ainsi, ce n'est qu'après les six minutes de riffs mémorables et sans artifices de "The Crimson Rider (Gallows Frontier, Act I)" que les cordes pincées et un chant clair chaud nous peindront avec plus d'emphase ce soleil brûlant le bois de la potence. Là aussi, l'effet tend plus à la citation, évasive, d'une Americana que l'on embrase d'un onirisme Post Rock qu'à une resucée de sonorités "western". Le souffle furieux et impérial des blasts associé à un chant black plus rauque que strident rappellera dans les dernières minutes davantage DEATHSPELL OMEGA ou MISÞYRMING que les scènes Post et Atmo américaines desquelles WAYFARER émerge.

WAYFARER matérialise intelligemment sa révision du mythe de l'Amérique en expansion, plus assoiffée de violence et d'illusions qu'éprise par l'aventure et la soif de liberté. Réécriture peut-être critique, peut-être simplement habitée par l'esprit mélancolique et nihiliste constituant la grille de lecture du Black Metal, qui dés-héroïse, déshérite, démystifie. La poussée de la Frontière se vit alors comme un bain de sang esthétisé autant que comme une grande hallucination collective, une romance de tragédie d'où découle finalement une certaine féerie. Pour cela, "Fire & Gold" n'hésite pas à ajouter une légère influence Rock Psyché et "Masquerade Of The Gunslingers" élargit encore cet horizon atmosphérique quitte à nous faire temporairement oublier qu'on se trouve dans un album de black.

"A Romance With Violence" est certes plus impressionnant qu'il n'est intimiste, plus cinématique qu'il n'est viscéral... Il y a donc des "mais", toujours est-il que WAYFARER réussit à éviter les gimmicks (et à s'absoudre, pour le coup, d'une "formule" dans laquelle, par exemple, un ZEAL & ARDOR s'est embourbé) et produire un des bourbons les plus forts en goût de 2020.

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- Joey Truscelli (guitare)
- Shane Mccarthy (chant, guitare)
- James Hansen (basse)
- Isaac Faulk (batterie)


1. The Curtain Pulls Back.
2. The Crimson Rider (gallows Frontier, Act I)
3. The Iron Horse (gallows Frontier, Act Ii)
4. Fire & Gold
5. Masquerade Of The Gunslingers
6. Intermission
7. Vaudeville



             



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