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LAMB OF GOD - Sacrament (2006)
Par BAAZBAAZ le 19 Septembre 2006          Consultée 7615 fois

Aux côtés de KILLSWITCH ENGAGE et de HATEBREED (auxquels certains ajouteront UNEARTH et TRIVIUM), LAMB OF GOD a incarné au début du 21è siècle la quintessence du metalcore, devenant l'un des gros vendeurs du genre, copié ensuite par des dizaines de groupes sans imagination. C'était l'époque – déjà révolue – où le choc brutal entre le metal à la PANTERA et le hardcore moderne façon BIOHAZARD ou CROWBAR, le tout saupoudré d'influences européennes – le death mélodique – était encore spontané et relativement novateur. Un âge d'or, en somme. Tout était à inventer, à défricher … Et aussi à vendre. Voilà ce qui reste, une demi-douzaine d'années plus tard. Le fric, et une musique devenue caricaturale aux mains des imitateurs. Alors à quoi bon aujourd'hui prétendre encore se battre et s'emparer de la couronne convoitée d'un style en pleine déliquescence artistique ?

C'est la question qu'il faudrait poser sérieusement à chacun de ces groupes pionniers. Alors que HATEBREED se contente de jouer les yeux fermés une musique immuable et déjà un peu datée et poussiéreuse (sur Supremacy, son dernier album) et que KILLSWITCH ENGAGE semble lever le pied et se faire un peu oublier, LAMB OF GOD évite lui-aussi soigneusement de se remettre en cause. On se souvient que le dilemme avait été le même, autrefois, pour les premiers rois du grunge : face aux jeunes loups rêvant de gloire et de dollars, PEARL JAM s'était réfugié dans une musique de plus en plus absconse tandis qu'ALICE IN CHAINS et SOUNDGARDEN erraient en quête d'un improbable renouvellement de leur inspiration. Fallait-il exploiter jusqu'au bout la recette du succès ? Fallait-il s'engouffrer en aveugle dans des expérimentations musicales courageuses mais solitaires ?

A la base, LAMB OF GOD n'est pas fait pour se poser de tels dilemmes. A l'image des autres groupes fondateurs, c'est d'abord la réunion de musiciens soucieux de faire le plus de bruit possible sur le plus de disques possibles. Rien de plus. Pas de révolution en vue. Au risque bien sûr d'être complètement dépassé par la concurrence, par les nouvelles générations, et d'être rapidement momifié faute d'avoir su évoluer. Car si Sacrament est un bon album, voire excellent par intermittence, il reste obstinément ancré dans un thrash brutal auquel seules des mélodies inspirées du heavy metal européen viennent régulièrement donner un peu d'air. Un metalcore très classique et très technique, tirant sans relâche des salves déferlantes de riffs ulcérés et furieux. Se sentant menacé, le groupe répond de la façon la plus simple : en jouant plus vite, plus fort que les autres.

A ce petit jeu là, LAMB OF GOD sait éblouir : « Again We Rise », à l'ombre de STRAPPING YOUNG LAD, est une impressionnante montagne sonore, à la fois dense et écrasante, aux pentes mélodiques sinueuses, tandis que les deux morceaux de bravoure que sont « Descending » et « Blacken The Curse Sun » en imposent par leurs ambiances lourdes, complexes et épiques. Et l'apogée du disque, quelque part au milieu de « Requiem », est une tornade hardcore et heavy où le groupe ose un refrain presque discernable. Un petit coin de ciel bleu – ou presque – au cœur d'une suite ininterrompue de compositions rapides, nerveuses, pleines de hargne, qu'il vaut sans doute mieux ne pas écouter en boucle : avec « Redneck » ou « Foot To The Throat », on verse un peu dans une monotonie propre à ce type de musique. Les chansons se suivent, les disques aussi …

Et jamais LAMB OF GOD ne semble esquisser un début d'ouverture vers d'autres styles, vers la musique peut-être plus mûre qu'on serait en droit d'attendre de la part d'un groupe qui en est à son quatrième album. Alors oui, Sacrament est un big bang metalcore sans concession, talentueux et intègre. Oui, d'accord, le groupe se moque des modes et possède assez de modestie pour se contenter de faire parler la poudre. Mais quoi, c'est tout ? C'est tout ce qu'ont aujourd'hui à nous proposer ceux qui ont été désignés à une époque comme les nouveaux PANTERA, comme les sauveurs du metal américain ? Et que se passera-t-il quand KILLSWITCH ENGAGE sortira à son tour un disque répétitif et dénué d'ambition ? Avec Sacrament, il est évident que LAMB OF GOD est toujours largement au-dessus du lot. Mais en 2006, ça revient à régner sur des ruines encore fumantes au lieu de rebâtir.

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   (2 chroniques)



- Randy Blythe (chant)
- Mark Morton (guitare)
- Willie Adler (guitare)
- John Campbell (basse)
- Chris Adler (batterie)


1. Walk With Me In Hell
2. Again We Rise
3. Redneck
4. Pathetic
5. Foot To The Throat
6. Descending
7. Blacken The Cursed Sun
8. Forgotten (lost Angels)
9. Requiem
10. More Time To Kill
11. Beating On Death's Door



             



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