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LED ZEPPELIN - Physical Graffiti (1975)
Par CANARD WC le 25 Juin 2008          Consultée 12528 fois

L’auteur de cette chronique tient à préciser qu’il est raide dingue du disque en question. S’il devait partir en exil sur une île déserte avec seulement une poignée de disques pour subsister, l’auteur emmènerait sans aucune hésitation la présente œuvre. C’est vous dire à quel point il est objectif sur la question. Il vous prie donc par avance de bien vouloir l’excuser pour les éventuelles envolées et autres exagérations dont il a le secret. Mais bon, vous savez ce que c’est, parfois plus que la raison c’est le cœur qui parle.


Eté 1993.
Des lunettes, de l’acné, un appareil dentaire, des poils qui poussent de partout et assez d’hormones pour avoir envie d’enculer un éléphant. Tout fait chier, rien ne va, j’ai la rage, ma vie est nulle et je déteste tout le monde. Sauf mes groupes chéris et mon meilleur pote chez qui je squatte autant que possible.

Je connais tous mes albums par cœur, j’en ai usé les bobines de ma montagne de K7 enregistrées, j’ai épuisé les discothèques de tous mes potes et saoulé à peu près tout le monde sur tout ce qui pourrait s’apparenter plus ou moins à la sphère Hard Rock. Bref, je suis en manque de « chair fraiche ». Tel un camé sans sa dose, j’en suis réduit à fouiner dans la collection de vinyles du père de mon pote. Un ancien Rasta, collectionneur de tout ce qui a plus ou moins effleuré les seventies. Doit bien y avoir un truc la dedans qui pourrait me faire tenir un peu…

Puis je tombe sur « ça ». Le titre de l’album ne me saute pas de suite aux yeux. Tiens ? Un album de LED ZEPPELIN ? J’expose mon immense savoir à mon pote qui s’en fout royal :
« Je connais bien LED ZEPPELIN. C’est un vieux groupe de Hard à peu près culte. C’est eux qu’on fait « Stairway to Heaven ». C’est pas mal, un peu mou du genou, mais c’est de la bonne musique… (un temps) En tout cas, cette pochette m’intrigue… »

Je sors le vinyle de sa pochette sous les yeux inquiets de mon pote.

« Putain, fais gaffe, mon père va me tuer si tu l’abimes »
« T’inquiètes. Et arrêtes de flipper, tu me rends nerveux »


C’est vrai qu’il me rend nerveux ce con. J’en tremble légèrement quand je place la chose sur le tourne-disque du paternel. Du coup, le diamant saute directement à la plage 2 et « Custard Pie » résonne dans le salon.

Il arrive parfois qu’une musique vous happe littéralement. Sans raison rationnelle, vous donnant l’impression que chaque note fait partie intégrante de votre être depuis toujours. LED ZEPPELIN m’aspire complètement dès la première seconde, le sol se dérobe sous mes pieds tandis que la batterie de Bonzo soulève mon cœur à chaque martèlement. PAGE déboule et je frissonne. La voix de PLANT résonne et je me pisse dessus pour de bon.

« Eh oh !!! Ca va pas ? Tu te sens bien ? »
« Un peu que ça va. Ca va super bien même… (un temps) Tu crois que ton père me prêterait ce vinyle ? »
« AH AH AH AH Tu rêves !!! »


Mieux vaut s’adresser directement au bon Dieu qu’à ses saints. Je prends le vinyle sous le bras et je file voir le paternel.

« C’est un très bel objet que t’as sous le bras. J’ai fait tout l’été 1977 en Guadeloupe avec ce disque. Faut pas l’abimer, tu comprends. Ça nécessite du bon matos avec un bon diamant et je suis à peu près sûr que ta platine va me le flinguer. Donc non, je regrette, tu l’embarques pas. »

Enfoiré, va.

« Par contre, ce qu’on peut faire, c’est que tu l’enregistres avec ma chaîne sur une K7 vierge comme ça je suis à peu près sûr que tu vas pas me le flinguer. Il doit rester des BASF Chrome 90 à coté de la chaîne. »

Sympa, finalement le vieux.

Je file ventre à terre jusqu’au salon, je sens presque le vinyle battre contre mon cœur. A moins que ce ne soit l’inverse.

Ce coup-ci je fais gaffe à bien caler le disque pour l’enregistrement et « The Rover » résonne dans la pièce. Je m’assois en tailleur et médite sur chaque note dans un silence religieux. Le tournoiement de la bobine qui enregistre m’hypnotise, c’est à peine si j’entends mon pote hurler :

« Eh oh !!! Tu vas pas rester toute l’après midi à vérifier que ça enregistre bien ? »
« Je vérifie que dalle, je médite »


Il soupire et se casse.

Une fois l’enregistrement terminé, je rentre chez moi m’enfermer pour déguster encore et encore cet album fou, intense, magnifique, dément. Sur ma bécane de compétition (un 386 DX 33 4 Mo de RAM attention) avec Civilization en 256 couleurs, ce sera un bel été. Les journaux de l’époque n’en ont pas parlé, mais l’Emperor Canard a conquis le monde avec les Zimbabwéens à 333 %. Les américains ont été réduits en esclavage sur fond de « Kashmir » et on a botté le cul des germains en vibrant sur « Ten Years Gone ».

(…)


15 ans ont passé, LED ZEPPELIN est toujours magique et cet album, en particulier, absolument inusable. De la race des « grands » albums, intemporel et divin, de ceux qui traversent le temps, font fi des modes pour venir s’inscrire naturellement au panthéon du Rock.

Comme pour toutes les légendes, l’histoire commence mal : un accouchement dans la douleur, un groupe à bout de souffle, au bord de l’implosion et un drame qui se profile à l’horizon. Comme pour asseoir un peu plus son ascendance divine et ce décorum « Shakespearien », Physical sera le dernier véritable album de LED ZEPPELIN. Sans doute leur meilleur.

Le meilleur album du plus grand groupe de Hard Rock de tous les temps.

Vous voyez l’enjeu ? Dire que tout cela s’est passé entre 1974 et 1975 et que depuis aucun groupe n’a fait mieux… Ca en dit long sur la décrépitude du Hard Rock, non ?

Lancé dans sa quête du titre « parfait », LED ZEP égraine les perles de toutes sortes et frôle les cieux. Au sein de cet album « patchwork », l’épique côtoie le mystique tandis que les délicatesses Folk rebondissent sur un Heavy d’antan. Sans le savoir, alors qu’il était question à l’origine de « fillers » et d’album de crise, le ZEP se résume et expose tout l’étendue de son talent à travers un double album aux facettes innombrables.

Devant cet amoncellement de merveilles, il serait fastidieux de tout énumérer, de tout vouloir dire et de résoudre les jeux de piste. Entre le maudit « In my Time of Dying » et ses 11 minutes de défouloir « Bonzoienne », le fascinant « In the Light » (le « Stairway 2 » secret du groupe) ou encore le magnifique « Ten Years Gone » dont la mélancolie acoustique continue de me hanter encore aujourd’hui… Il y a matière à s’extasier et à se répandre abondamment. Indéfiniment. Inlassablement.

Cet effet « patchwork » fait plus que résumer les choses, il transcende l’album tant musicalement que spirituellement et apporte un nouvel éclairage sur le dirigeable. Chaque titre de cette œuvre glisse doucement comme une pièce d’un immense puzzle. De « Private Jokes » à la crise mystique en passant par le coup de gueule et tout un tas d’états d’âmes, LED ZEPPELIN multiplie les registres et brosse un autoportrait fascinant, une synthèse de son œuvre aux connotations tantôt bluesy, tantôt folk sans jamais se départir de ce « groove » incroyable qui rend son « Rock dur » si facile.

De ce papillonnage électrique, on pourrait craindre la dispersion et les disparités. Il en ressort un bloc à la cohérence absolue, impressionnant et surtout désarçonnant, peu habitués que nous sommes à voir un tel amoncellement, une telle densité de trésors nous tomber au coin des oreilles. Pour parfaire la force de cet album, il fallait bien entendu un « son ». Les mois de studio et de tergiversations techniques ont porté leurs fruits pour un rendu à la fois rocailleux, explosif, lourd et précis, rendant honneur au moindre riff pour que le résultat soit conforme à la légende. Et que celle-ci rattrape le mythe.

Le mythe, parlons-en. Kashmir, le titre que tous groupes rêvent de faire un jour : unique et magique. Un riff universel et une envie de fusionner l’Orient et le Rock dans un grand tout cosmique. Ce pont si lumineux, s’il nous rappelle le goût du ZEP pour l’ésotérisme, témoigne surtout d’une inspiration et d’une force incroyables. A propos de la batterie et du rythme si particulier de Kashmir, PAGE expliquera : « Ce que fait Bonzo sur « Kashmir » est absolument fantastique et, surtout, ce qui est le plus génial, c’est ce qu’il ne joue pas, c’est ce qu’il ne fait pas. Mais il fait tourner ce titre… ». Lorsque gamin, j’ai lu cette phrase dans une encyclopédie du Rock, assis en tailleur sur mon lit, méditant sur cette phrase mystérieuse, j’ai écouté en le morceau boucle pendant des heures tentant à chaque « Repeat » de percer cette énigme avec mes modestes moyens intellectuels. Faute de compréhension, je me délectais de ce « beat » dingue, hypnotisant, ensorcelant. Ce n’est que bien des années plus tard que le puzzle « Graffiti » prit tout son sens. Que cette phrase de PAGE se révéla lumineusement au détour d’un bang dantesque.

Bien entendu, l’album – lui - est resté toujours aussi énorme. Et il le restera.


Note : 5/5


Morceau préféré du Canard : Ten years gone
Culte : Kashmir
Inoubliables : In my Time of Dying, In the Light, Custard Pie
Curiosité : Down by the Seaside

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- Robert Plant (chant)
- Jimmy Page (guitare)
- John Paul Jones (basse,clavier)
- John Bonham (batterie)


1. Custard Pie
2. The Rover
3. In My Time Of Dying
4. Houses Of The Holy
5. Trampled Under Foot
6. Kashmir

1. In The Light
2. Bron-yr-aur
3. Down By The Seaside
4. Ten Years Gone
5. Night Flight
6. The Wanton Song
7. Boogie With Stu
8. Black Country Woman
9. Sick Again



             



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