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KILLERS - Trajets-dits (2017)
Par JEFF KANJI le 24 Mars 2018          Consultée 1561 fois

Alors qu'il fallait en moyenne compter cinq ans pour se prendre une déflagration haute qualité du Pays Basque, le recours au DIY a gagné le combo KILLERS, réduit depuis plusieurs années maintenant au trio Dolheguy/Oliver/Andrieu (pas de changement depuis 99 si on ne compte pas la valse des batteurs suite au tragique décès de Nicko en 2001). En s'affranchissant de Brennus, son label de (presque) toujours, KILLERS a souhaité reprendre un contrôle total sur son art et ne conserver que son mode de fonctionnement à l'ancienne, proche des fans, prévenus via le site officiel du groupe de tout nouveau mouvement. Et on peut dire que depuis 2013 et la sortie de "Imido" le groupe a livré sept nouveaux disques, entre rééditions, Lives, et nouveaux albums qui sortent désormais à cadence soutenue, "Trajets-Dits" étant déjà le troisième depuis 2013, et le tout à prix modique, ce qui a le mérite d'être souligné, vingt balles m'ayant permis par exemple d'acquérir les trois derniers albums du combo, le tout envoyé par Bruno Dolheguy lui-même, qui vous laisse son propre numéro de portable en cas de besoin, vous répondant avec une gentillesse confondante.

2013 est une année-repère car c'est à partir de là que le fameux Imido a officiellement pris le relais pour les rythmiques des albums. En effet, pour se simplifier la tâche, les batteries sont désormais programmées, le groupe ayant recours pour ses prestations live à Vincent Roubière depuis sa participation au Hellfest 2014. Et "Trajets-Dits" est déjà le quinzième recueil de compositions originales de KILLERS, le seul groupe de Metal français des années 80 à n'avoir jamais splitté, et ce malgré les coups du sort (les anciens se rappellent encore d'un Bruno abandonné par le reste de son groupe pour aller former un TITAN aussi passionnant qu'éphémère).

KILLERS affiche une énergie débordante et toujours aussi communicative dès l'ouverture ! Les guitares graves et corrosives, très roots (mais précises), une boîte à rythme déjà épileptique, et le chant hargneux de Bruno, voilà les ingrédients de ce "Ex(h)o(r)de" aux relents KREATOR-iens qui démarre l'album en trombe. On saute partout et on gueule avec Bruno en s'imaginant en Mille, Flying V à la main et lasers rouges nimbant la scène. KILLERS reste le maître du Speed Metal français, mais hélas cela risque de ne pas durer.

"Tout Va Mieux", "Tout Va Bien", "Rien Ne Va Plus", "Plus Rien Ne Va"… Sans parler de concept, Bruno est marqué profondément par le monde anxiogène dans lequel les années '10 s'éteignent peu à peu, notamment par le terrorisme et la manipulation politique, mais davantage pour dénoncer ses effets sur les humains que pour clamer un "tous pourris" trop facile. La plume est toujours acérée ("Condamnez-Moi", "Puise Ma Honte"), même s'il faut être habitué à la façon d'articuler très particulière du guitariste-chanteur.

Point de morceau chanté en euskara cette fois-ci mais une pièce assez déroutante de plus de neuf minutes dont la première partie rappellera le midi et l'Espagne bien sûr avec ce côté mélancolique que l'on retrouve dans la musique traditionnelle du cru. Mais alors qu'on s'attend (en tout cas c'est mon cas quand je découvre l'album) à un intermède, efficace pour poser une ambiance (ce que le groupe a toujours su faire, rien que "L'Assassin" sur "Danger De Vie" suffit pour l'exemple), les guitares harmonisées sont de sortie pour une mélopée inaltérable qui, elle, finit franchement par ennuyer ; autant dire qu'il n'y a plus guère l'attention nécessaire quand l'artillerie lourde se décide à nouveau à frapper dans les dernières minutes.

On ne peut retirer à KILLERS sa spontanéité, qui le fait sortir un album studio tous les deux ans, là où aucun autre groupe français n'est capable de soutenir la cadence (à l'exception notable de SATAN JOKERS qui fonctionne lui aussi de manière assez clanique autour d'une figure de proue n'occupant pas tout à fait le poste auquel il était cantonné à l'origine). Les fans seront sans doute en partie ravis, mais je dois avouer que préférais presque quand le groupe prenait davantage son temps pour livrer des albums presque inattaquables et qui faisaient plus qu'honneur à l'Histoire du groupe. Car si "Imido" était encore bien bon, la qualité baisse sensiblement et de façon constante depuis "10:10". C'est le revers de ce mode de fonctionnement qui prive l'artiste de recul sur son propre art (surtout qu'en auto-produisant entièrement ses albums, il se prive du regard extérieur potentiellement salutaire d'un producteur).

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   JEFF KANJI

 
  N/A



- Patrick Oliver (basse)
- Thierry Andrieu (guitare)
- Bruno Dolheguy (guitare, chant)


1. Ex(h)o(r)de
2. Tout Va Mieux
3. Tout Va Bien
4. Rien Ne Va Plus
5. Condamnez-moi
6. Ensemble
7. En Vérité, Je Vous Le Dis
8. Puise Ma Honte
9. Rien Ne Va Plus



             



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