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KILLERS - 10:10 (2012)
Par CITIZEN le 11 Décembre 2012          Consultée 4432 fois

La bande à Bardos revient une fois encore. Ce qui est bien avec les Basques c’est qu’on a beau être dans le flou sans nouvelles pendant un bail, avec les sorties très espacées depuis "Habemus Metal", on sait que la gnaque est toujours là et qu’elle va agir en temps utile pour propulser un nouveau condensé de riffs fignolés sur le devant de la scène. Et ça ne rate pas : 2002, 2007… 2012, voilà le nouveau KILLERS !

Le skeud tout juste déballé et pas encore dans la chaîne, on est quand même interpellé par la pochette… rustique. Pas non plus de vrai titre, un « 10:10 » énigmatique qui a déjà le mérite de rappeler la date de sortie de l’album pour la postérité, plus quelques autres interprétations et petites blagues pour ceux qui voudront creuser. On pige quand même vite fait que ce crâne sur fond incertain c’est l’expression d’un luxe pour les KILLERS qui peuvent se permettre de sortir un album sans label, sans distribution en magasin et avec pour toute promo un petit mail pour battre le ralliement des fidèles ; puis sans rajouter de délai pour ces bricoles la musique va débouler plus vite et c’est ce qui compte pour tout le monde non ? Ce côté très « rien-à-foutre » a du bon et résume bien l’attitude du combo, et il en va de même pour le son, autoproclamé « fait à la maison ». Et le bricolage ça a du bon : KILLERS fait ce qu’il veut et peut se permettre de foncer en vitesse de croisière, après avoir stabilisé sa musique dans un son tranchant et bien thrashy depuis la fin des années 90's.

Le résultat, cette fois-ci, sonne un peu comme un mix entre "Mauvaises Graines" et "A l’Ombre des Vautours", peaufinant les subtilités du premier et lorgnant de temps à autre du côté des titres plus agressifs de l’opus de 2007. Alors que les groupes de Metal français cherchent de plus en plus à explorer des concepts tordus et abscons et franchement hors-sujet, ce "10:10" remet les pendules à l’heure en te prenant à partie, te coince dans une ruelle et te tabasse à grands coups de riffs. Et ça fait tellement plaisir un tel étalage de sincérité brute quand d’autres combos historiques mettent de l’eau dans leur vin, ou tout du moins font leur propre truc mais dans des territoires à chaque album un peu moins Metal.

De nouvelles chansons, autant de tribunes pour explorer les thèmes chers à KILLERS, avec la petite touche d’humour ici et là ("Tricheurs" qui fait anecdotique au premier abord, mais…), appuyées par le son assez énorme et servies par l’aisance générale des musiciens, y compris du nouveau batteur. L’album est beaucoup plus court et percutant que le précédent, qui faisait plus recueil qu’autre chose mais dont les rares temps morts étaient du coup excusables. Heureusement qu’ici tous les morceaux retombent sur leurs pieds, déboulant bien en administrant chacun leur dose à la fois de plans mélodiques et de défouloirs « in your face », s’articulant autour de quelques terribles imprécations de Bruno ("Tu ! Vas ! Mourir !") et des soli rafraichissants.

La musique a quand même évolué par rapport au précédent opus et prend assez souvent des accents plus dramatiques que rigolards. KILLERS a la maturité plutôt aigre qui fait de moins en moins de place à des morceaux en forme de parenthèse de répit ; mais le groupe continue du coup à tremper ses instruments dans la même hargne que celle qui l’animait à l’époque de "Fils de la Haine", ou du moins il fait bien semblant ! Effectivement, c’est ici pendant les passages où la révolte est la plus oppressante que KILLERS décoche ses envolées les plus mémorables. Je pense au final de "C’est Du Vent", "La Guerre"… avec pour sommet de la montagne de défiance l’incroyable "Insupportable", avec ses longs retours d’une guitare aigüe lancinante. C’est en parvenant à caser ces quelques véritables tire-larmes que le groupe est vraiment installé au sommet de son art. Pour le reste l’album est très homogène et s’ouvre sur deux morceaux redoutablement accrocheurs qui installent déjà bien le propos ; si l’intensité monte assez vite j’ai trouvé qu’elle culminait peut-être un peu en deçà du niveau montré sur "A l’Ombre…". Pourtant en arrivant à la fin du bouzin on a quand même une vague impression de mal à l’aise après toute cette rancœur déployée avec tant de conviction, et on quitte vraiment l’album en en tirant quelque chose.

Conclusion, si on parle du cap capital du 3ème album comme test de vérité pour tout groupe qui se respecte, KILLERS vient de franchir quatre fois ce cap sans se presser, en puisant dans son registre familier sans redite et en accomplissant le tour de force de rester pertinent et de garder l’énergie pour le montrer après une trentaine d’années d’existence plus ou moins dans l’ombre.

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- Patrick Oliver (basse)
- Thierry Andrieu (guitare, choeurs)
- Bruno Dolheguy (guitare, chant)
- Carlo Di Matteo (batterie)


1. Nom De Dieu
2. Au Nom Des Morts
3. Tricheurs
4. Manipulés
5. La Guerre
6. Vague Souvenir
7. Machine à Tuer
8. C'est Du Vent
9. Insupportable
10. Vivons Cachés



             



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