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KILLERS - Cités Interdites (1992)
Par CITIZEN le 9 Mai 2012          Consultée 3962 fois

Le tournant des années 80 est une hécatombe pour la scène Heavy en France, qui perd la plupart de ses groupes emblématiques, dont beaucoup ne reviendront jamais. Pas mal de carrières prometteuses sont ainsi interrompues seulement parce qu’un son particulier est passé de style trop vite, au sein d’un genre musical qui pourtant proclame se foutre des tendances et de tout ça… Les KILLERS, comme leurs collègues, déjà démodés ?
C’est à cette époque que Bruno Dolhéguy s’empare du navire KILLERS et va le faire naviguer dans les ruines du Metal local, avec succès puisque la ténacité du bonhomme a su faire de KILLERS le seul groupe de Heavy en France à n’avoir jamais splitté depuis sa création. Le guitariste était effectivement déjà le manager de KILLERS mais n’incarnait pas encore l’identité du groupe, qui valsait avec ses deux premiers chanteurs, dont l’emblématique Patrice Le Calvèz aux accents agressifs et sincères qui avaient servi à lancer le groupe et à l’asseoir comme une valeur sûre du hard. Bien que le line up du groupe ne soit en fait jamais resté stable (que ce soit dû au départ d’une partie du groupe ou qu’au contraire un seul membre prenne l’initiative de se débarrasser de ses musiciens), c’est sur cet album que KILLERS entame le reste de sa carrière avec son chanteur définitif.

Que s’est-il donc passé pendant "Cités Interdites" qui a permis à Bruno de faire de KILLERS sa chose ? Eh bien faute de trouver un remplaçant à son chanteur Serge Pujos, celui-ci va prendre le micro. Et au vu du résultat on ne peut que se demander pourquoi il lui a fallu quatre albums pour s’y mettre !
Si Bruno a en effet un timbre moins terre-à-terre et adolescent que Patrice Le Calvez, la musique de KILLERS a évolué et cette nouvelle voix qui vient se poser est la bienvenue, porteuse d’une rage continue moins directement agressive mais tout aussi menaçante et hargneuse, et affirme un nouveau pan de la personnalité du combo. La transition est parfaitement réussie donc entre les excellents mais titubants débuts du groupe et son rythme de croisière axé autour de son frontman et chanteur qui aura tenu le rôle le plus longtemps.
"Cités Interdites" succède à un album presque tranquille, sur lequel les basques s’étaient enfin débarrassés du son affreux de leurs premiers albums, au prix d’un Speed qui paraissait plus sage qu’il ne l’était vraiment. La deuxième transformation de KILLERS sur cet album c’est d’avoir trouvé le son, un équilibre entre puissance, agression et authenticité, avec ce côté « vrai gros son » qui ne fait pas les choses à moitié. Et cette amélioration de côté-là est la bienvenue puisque une autre originalité de l’album réside dans la configuration inédite du line up, seule fois que le groupe se retrouve à trois guitares, dont l’une tenue par François Merle (futur MANIGANCE) ; ce qui est un gros plus puisque KILLERS dévoile une créativité encore intacte (voire insoupçonnée) après quatre albums et tresse des plans vraiment époustouflants.

On a donc droit à un album aux compos prenantes et variées, entre intrusions de guitares acoustiques et solos magiques, pleins de montées en puissance fulgurantes et de décélérations posées, le bonheur à la guitar-hero quoi. Les trois grattes sont jouées avec une classe magistrale, sans surcharger les morceaux de descentes de manches inutiles et se répondent comme il faut. KILLERS reste bien sûr fidèle à son Speed et avec la batterie lancée comme une bête folle derrière on ne peut pas écouter "Cités Interdites" sans trépigner. Difficile de commencer à évoquer les compos sans révéler toutes les surprises et les émerveillements sur lesquels on tombe au fil de l’album.

En plus de ça les thèmes du groupe gagnent en sagesse et introspection depuis l’album précédent, avec des textes toujours aussi parlant mais moins axés sur la picole et perpétuant une attitude de défiance un peu désespérée, une sorte de rébellion lucide ; ils peuvent aussi retranscrire l’expérience du combo sous les feux de la critique "No Man’s Land", et une rage contre les critiques trop prêts à descendre en flèche qui bon leur semble, faisant fi des efforts et de la passion mis dans un album.
Malgré ça ce titre est le seul à sonner vraiment enjoué, les autres, qu’ils soient solennels ou mélancoliques, sont de toute façon plus graves. Malgré cette pochette annonçant des thèmes mythologiques ou mystiques, le groupe reste à fond dans son identité consciente-libertaire, voir ce passage déclamatif de "l’Armée De La Mort", titre exhumé de la démo de 84 et très étoffé depuis les débuts du groupe- la plupart des morceaux de cette première release s’étaient retrouvé sur "Fils de la Haine". Ce côté plus dramatique ressort dans la reprise de Barbara, introduite par un long bend suraigu qui se transforme en un solo super rapide… plus très barbaresque, mais les paroles originales sonnent juste et ne déparent pas du reste de l’album. Reprendre un tel morceau sans le dévoyer et sans se dévoyer relève de l’exploit, et montre à quel point le groupe s’appartient.

"Cités Interdites" est peut-être l’apogée de KILLERS et le tournant d’une époque pour le groupe, qui n’inventera pas plus par la suite mais continuera à jouer en conservant la même fureur. Un album complet, où tout se tient et qui laisse sur le cul tant il fait traverser des registres larges d’émotion, il met à genoux puis relève en un rien de temps, plusieurs fois par compos. En d’autres termes, un album indispensable aux fans de Heavy, et aux fans de Metal français… J’espère que ça n’exclut personne, et dans tous les cas n’hésitez pas à donner leur chance aux "Cités Interdites" !

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- Pascal Soria (guitare)
- Bruno Dolheguy (chant & guitare)
- François Merle (guitare)
- David Pepiot (basse)
- Patrick Soria (batterie)


1. Intro
2. L'armée De La Mort
3. Sous Le Regard Des Hommes
4. L'aigle Noir (barbara)
5. Le Pouvoir Sans La Gloire
6. No Man's Land
7. Les Cités Interdites
8. Questions De Conscience
9. Travelling Flash
10. Au-delà De La Fin



             



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