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KILLERS - Résistances (1989)
Par CITIZEN le 7 Octobre 2012          Consultée 3336 fois

1989, KILLERS rempile aussi intact que possible pour un groupe dont le line up a été, dans ses jeunes jours, pour le moins changeant. Ici, juste un petit switch de bassiste pour le deuxième effort post-Le Calvez. Serge Pujos au chant comme sur l’opus de 87, Dolhéguy aux compositions, tout le monde est là et c’est un KILLERS bien rôdé qui peut continuer à balancer LE Heavy made in Bardos et à troubler un peu le PAF (Paysage Audiometallique Français).

L’heure n’est plus aux riffs sonnant limite "Endless Pain", KILLERS est en net progrès niveau enregistrement et s’offre ici son tout premier son pro et clean, très Allemand et pour le coup typiquement speed - les instrus pourraient quasi être sur un "Walls Of Jericho". Et KILLERS se lance à corps perdu dans son côté Speed et va l'explorer à fond le temps d’un album assez enjoué et enlevé : le fait bien sûr du gros boost dans la production en quatre albums, mais aussi des compositions plus épiques et étoffées (ce rôle revenait à une ou deux chansons par album jusqu’alors, les très cultes ballades qui cassaient un peu la progression des deux premiers opus). L’arrivée de Serge sur le "Mise aux Poings" deux ans avant avait un peu lâché ça et entamé une régression très jouissive vers un Metal très agressif et sauvage et "Résistances" réconcilie un peu ces aspirations.

C’est surtout un album extrêmement accrocheur, introduit par un décollage d’avion et un long riff planant qui explose en une piste électrisante et furieuse, au propos clair et abrupt. Toutes les pistes démarrent en trombe en plein milieu d’un riff qui n’est en général pas repris après, ce qui est un coup de pouce autant qu’une malédiction puisqu’on est accroché directement par des attaques qui promettent presque trop ; les riffs et soli divers, quoique toujours inspirés, pâlissent et sont moins mémorables en comparaison, et on a beau prendre son pied d’un bout à l’autre on reste sur une impression un peu flottante que le mystère est dévoilé en entier dès les premières secondes à chaque fois. On se prend à commencer à entonner hargneusement le début des chansons avec Serge et puis à relâcher la pression un peu trop vite au fur et à mesure que la chanson progresse. La faute à une guitare un tout petit poil en arrière. Trop pour communiquer le gros travail mélodique effectué sur cet album ? Les compositions sont très aérées : mid-tempo mignonnet ("Prisonnier"), gros Speed vengeur sur pas mal de morceaux mais brutalement interrompu par un passage narré (avé l’aquecent s’il vous plaît) sur "Clandestinité", instrumental ("Soleil Noir", peu surprenant mais qui ferait une très bonne base pour un titre agrémenté de paroles ; et enfin ce passage étrange et atmosphérique à la fin de "Résistances" (ne pas confondre avec le titre bourrin "Résistance" sur "Contre-Courant"). Ce passage atmosphérique et coolos est pourtant parfaitement à sa place dans un album qui glisse par-ci par-là vers des titres d’inspiration très oniriques, "Rêves Secrets" et "Métamorphose" ne diront pas le contraire… Et le plus fort c’est que ça reste du Speed façon "en avant toute" ! Du niveau thématique ça défouraille toujours pas mal, KILLERS se politise peut-être un poil plus subtilement et tire moins dans tous les sens. "Clandestinité" fait un bon écho à "Résistances" et les titres rêvasseurs viennent finalement compléter le tout en faisant de cet album un gros appel à l’évasion, à la liberté, et tout ce genre de choses très Metal.

En parlant d’évasion, je cite aussi en témoin l’énormissime "Roi Du Speed", qui contrairement à la première impression ne cause même pas Metal mais bel et bien moto. Mais cette énergie et cette attitude féroce ne trompent personne. Même sans avoir à glisser ce mot dans les paroles, on trouve là un gros hymne pour tout le monde. Et enfin la dernière track "Longue Vie Au Metal" est en revanche plus lente et posée, assez grandiloquente (cf JUDAS PRIEST et "Defenders Of The Faith"), œcuménique et tout ce qui en fait l’hymne Metal de circonstance pour clôturer l’album.

Serge Pujos, pour son deuxième et hélas dernier album avec KILLERS, transforme carrément sa voix par rapport au croassement incontrôlé de "Mise aux Poings", chante juste et surtout sur une musique qui paraît taillée pour son registre. Ayant beau ne pas démériter et ne manquer ni de rage ni de personnalité, Pujos se retrouve coincé entre deux voix plus marquantes et plus identifiables au groupe et ses albums semblent un peu oubliés ou tout du moins un peu sous-estimés. On peut juste ici lui reprocher de faire sonner les refrains de manière un peu trop semblable par moments. Mais enfin cet album aux loups, assez atypique pour du KILLERS, est un de mes préférés parmi leur longue disco, une sorte de break entre des débuts furax et des inspirations plus Thrash dès les 90's. "Résistances" amène bien le chef-d’œuvre, aboutissement et tournant qu’est "Cités Interdites" sans avoir l’air d’être un vulgaire prototype. D’ailleurs, ce "Longue Vie Au Metal" a finalement été assez prémonitoire puisque contrairement à d’autres combos au sommet de leur talent à la fin des années 80's, KILLERS est resté à ce jour le seul groupe de Metal français de l’époque à ne pas avoir lâché le flambeau en plus de vingt ans.

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- Bruno Dolheguy (guitares)
- Philippe Borda (batterie)
- François Merle (guitare)
- Serge Pujos (chant)
- René Chavin (basse)


1. Vengeance
2. Prisonnier
3. Rêves Secrets
4. Résistances
5. Métamorphose
6. Soleil Noir
7. Clandestinité
8. Roi Du Speed
9. Longue Vie Au Metal



             



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