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AVENGED SEVENFOLD - The Stage (2016)
Par CANARD WC le 9 Janvier 2017          Consultée 6129 fois

Submergé par le nombre de sorties, de nouveautés et de groupes récents en tout genre ; il est de plus en plus difficile de suivre l’actualité Metal. Alors on zappe, on écoute vite fait et parfois, forcément, on passe à travers. Car certains groupes, certains albums demandent de l’attention, se gagnent avec le temps, le temps fort justement de permettre aux reliefs de se dessiner. Internet est le tout premier responsable de ce phénomène. « Tout, tout de suite », telle est la devise. Tout disponible de suite, piraté en un temps record, uploadable en deux clicks... sans parler de Youtube et consorts, des bandcamps et des groupes qui donnent souvent tout à écouter en streaming. C’est bien simple, de nos jours, vous pouvez à peu de frais balayer l’intégralité de l’actu Metal, juste en zappant et sans rien retenir. Ecouter vraiment, prendre le temps de s’arrêter sur un album, creuser et laisser (un peu) de temps au temps est devenu un luxe, au mieux un comportement contraire à « l’air du temps » qui nous incite à une consommation épileptique constante. Parce que "The Stage" joue justement cette carte, celle de l’album qui se révèle, qui gagne à être connu et parce qu’encore une fois AVENGED SEVENFOLD se retrouve à contre-courant de la tendance actuelle, le groupe risque de voir leur nouvel album mésestimé alors qu’il s’agit sans aucun doute du meilleur skeud de l’année 2016.

En tout cas, moi, j’ai failli me faire avoir. Troisième chronique que j’écris, que je me reprends, que j’hésite. En dix ans, c’est la première fois que ça m’arrive. D’ordinaire, je vous torche un papier en un quart d’heure top chrono, je me relis à peine puis je vous laisse jouer avec mes crottes de nez pendant que je retourne à mes célestes occupations, pauvres mortels. Mais pas là, ce "The Stage", je ne sais pas. Il est… déconcertant, j’en suis même tout chose de vous l’avouer. D’autant qu’on parle d’un groupe presque « honteux », tout du moins conspué par toute une partie de la frange Metal. Et le voilà qui arrive entre chien (2016) et loup (2017) sans (quasi) promo aucune, il passerait presque inaperçu (tapis dans l’ombre d’un nouveau Metallica), alors que - oui oui oui - il s'agit du meilleur album de l’année selon bibi (bibi, c’est moi, je précise). Inventif, audacieux, inspiré, presqu’un tour de force à lui tout seul.

Il y a définitivement quelque chose du côté de AVENGED SEVENFOLD, que vous le vouliez ou non.

Pourtant, après leur "Hail to the King" très moyen à tendance raté, je ne donnais pas cher de la peau du groupe. Mais le fait est qu’ils sont là, là où on ne les attendait pas (encore), ailleurs en fait et bien au-delà des sentiers balisés du Metal, très loin aussi des accusations de pompage honteux dont on pouvait les accuser il y a fort longtemps dans une galaxie pas si lointaine que ça.

Mon « flottement » premier tient précisément au choix opéré par le groupe sur "The Stage", un choix contre-nature pour bibi (bibi, c’est moi… ok j’arrête) soit tendre un pont vers une forme de Prog seventies, soit axer sur une recherche d’atmosphères avant tout. AVENGED m’a pris d’abord à rebrousse-plumes avec ses influences « pinkfloydiennes » (plus précisément proche d’un certain « Shine On You Crazy Diamond »). Il y a des incrustations de synthés, des envies de solennel, beaucoup de lyrisme et j’ai trouvé ça si casse-gueule de prime abord que je n’ai pas voulu coopter, j’ai refusé de voir les évidences. Tellement facile de se planter dans les grandes largeurs quand on part dans cette voie. Ou comment user de gimmicks éprouvés comme cache-misère artistique : le chantre du Prog seventies en est truffé. Eh bien, non, c’est réussi. Parfaitement maîtrisé même, « audacieux » étant l’adjectif qui m’est le plus souvent revenu à mesure que je prenais pleinement conscience du talent déployé sur ce "The Stage". Le rendu global est à la fois fort, inattendu, inédit avec parfois de faux airs à des groupes comme FAITH NO MORE ("Creating God") ou TOOL ("Angels"). Rien de ce que vous avez entendu ne ressemble vraiment à cet album. Tour de force donc, pari réussi alors on baisse le museau et on fait une courbette. Hop, la courbette.

Avec "The Stage", AVENGED SEVENFOLD est devenu « autre chose », est devenu actuellement le groupe de Metal le plus riche et le plus inaccessible à la fois. On peut bien évidemment arguer que tout n’est pas parfait, car certains titres plairont ou non, il reste dans tous les cas l’expérience vécue, à l’image de la doublette intro et conclusion ("The Stage" / "Exist") qui serpente durant près de vingt-cinq minutes, vous emmène ailleurs, dans l’espace (comme ce final astrophysique) ou dans le creux d’une vague noire surfant d’influences en références éparses. On pourra leur reprocher une certaine hétérogénéité et une difficile prise de repères (qui font paradoxalement selon moi l’une des richesses de l’album) entre les titres qui passent de tout à autre chose ; il suffira de se laisser bercer par M. Shadows (l’un des meilleurs chanteurs du moment, soit dit en passant) et de se plonger dans le jeu décomplexé de Synyster Gates pour oublier les maladresses et les histoires de goût. Car pendant qu’on cherche la petite bête, on finira par se perdre dans le luxe de détails, les arrangements, le placement des lignes de chants, des chœurs pour finir par hésiter à mettre la note maximale.

Ouais, le 5/5, carrément.

J’ai d’ailleurs hésité, davantage par honnêteté intellectuelle que pour faire chier une partie des lecteurs (je précise). AVENGED SEVENFOLD divise, attire le regard et la haine. Beaucoup d’entre nous ne les supportent pas. C’est là aussi le « signe » de quelque chose. Comme le disait mon pote Jonathan SWIFT : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ». Ne me faites pas croire que NIME est un repère de crétins qui hurlent avec les loups ? Non…

Note : 4,5/5.

Morceaux préférés : "The Stage" et "Exist".

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   (3 chroniques)



- M. Shadows (chant)
- Zacky Vengeance (guitares, choeurs)
- Synyster Gates (guitares)
- Johnny Christ (basse, choeurs)
- Brooks Wackerman (batterie)


1. The Stage
2. Paradigm
3. Sunny Disposition
4. God Damn
5. Creating God
6. Angels
7. Simulation
8. Higher
9. Roman Sky
10. Fermi Paradox
11. Exist



             



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