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PARADISE LOST - The Plague Within (2015)
Par DARK BEAGLE le 5 Septembre 2016          Consultée 2265 fois

Longtemps, PARADISE LOST n’aura été qu’évolution. En effet, la musique du groupe franchissait un nouveau palier d’album en album. Difficile de croire que seulement trois ans séparent "Lost Paradise", premier méfait du quintet d’Halifax, de "Icon", sa pierre angulaire, le disque à travers lequel le succès commercial est arrivé. Et de voir que quatre petites années seulement séparent ce fameux "Icon" et "One Second" montre bien à quel point la bande à Greg Mackintosh ne voulait pas, ne pouvait pas (?) se contenter de vivre sur ses acquis. Jusqu’à "Host", en 1999, qui fera grincer de nombreuses dents chez les fans. PARADISE LOST, à ce moment-là, n’avait plus rien à voir avec les débuts Doom, mâtinés de relents Death Metal de bon aloi. Par la suite, les Anglais sont revenus progressivement à des choses plus en adéquation avec leur style de départ, comme si "Host" avait été le sommet de leur créativité et qu’une réaction inverse s’amorçait.

On ne peut pas parler de déclin non plus. PARADISE LOST n’a plus rien à prouver ou presque. La formation continue de soigner ses productions, même si l’on revient toujours vers quelque chose de connu, de déjà entendu ou initié par le passé. Mais les musiciens ont la maîtrise en plus, à défaut de se révolutionner d’opus en opus. Les Anglais semblent vivre une cure de jouvence et on pourrait presque avancer qu’ils ont le syndrome de Benjamin Button. Après une série d’albums qui se rapprochaient de "One Second" dans l’idée ("Believe In Nothing" et "Symbol Of Life"), PARADISE LOST est revenu à un style plus plombé, plus lourd, plus Doom. Et si l’on sent parfois quelques hésitations, quelques morceaux quelconques, nos Britanniques restent encore aujourd'hui l’une des références majeures du genre. C’est simple, PARADISE LOST, quand on y a goûté, on y revient forcément.

En 2014, Nick Holmes a rejoint la joyeuse bande de garçons bouchers qu’est BLOODBATH et cette expérience a dû réveiller en lui de vieilles passions, d’antiques aptitudes qu’il n’a pas oubliées, mais juste mises en sommeil. En effet, pour ce "Plague Within" à la pochette magnifique, un nid de détails macabres, il revient aux growls de façon bien plus insistante. Ils ne forment pas l’essentiel du chant, le but n’était pas de faire un "Gothic" bis. La comparaison, en revanche, est relativement pertinente. Sur la courbe descendante du style PARADISE LOST, "Gothic" se rapprocherait plutôt bien dans l’idée de ce qu’est "The Plague Within". Avec plus de subtilité toutefois.

Holmes ne sacrifie pas le chant clair pour autant. Il est toujours présent, important même puisque ces interventions se font systématiquement remarquer. C’est là qu’il va apporter un surcroît d’émotion, pour contraster le gris que constitue cet album. Des nuances de gris qui valent bien mieux que les cinquante de l’autre. Il se dégage un spleen séduisant de "The Plague Within", une désolation mesurée, à l’image de "Return To The Sun", qui n’a rien de joyeuse. Ici, les growls et la voix claire se disputent l’espace alloué au chant, on navigue entre la colère et une froide résignation. Un autre bon exemple réside en "Victim Of The Past", agrémenté de cordes qui viennent magnifier les lignes de guitare remarquables. Aaron Aedy et Greg Mackintosh livrent un très bon travail sur les mélodies, pas forcément évidentes, mais estampillées PARADISE LOST et ce dès le premier morceau, classique de chez classique. Il contient déjà les ingrédients qui font le charme de ce disque et la schizophrénie vocale de Nick Holmes.

On retrouve également un groupe qui se veut conquérant, sachant se montrer plus brutal quand les situations l’exigent, comme sur le radical "Terminal" ou le plus nuancé "Flesh From Bone" sur laquelle Adrian Erlandsson martèle ses fûts comme ils furent rarement aussi martelés au sein de PARADISE LOST ! Cela peut paraître étonnant, cela renforce cette impression que le groupe cherche à se rapprocher de ce que "Gothic" représentait à l’époque de sa sortie. Et à contrario, il y a ces morceaux plus posés, où le groupe construit habilement, où il se montre orfèvre. Les cordes, utilisées avec parcimonie, n’allègent en rien les ambiances, elles ne font que les confirmer, les pousser vers plus de désolation. Elles peuvent se montrer doucereuses, comme en introduction de "An Eternity Of Lies", où elles conduisent à un riff bien senti. Le chant féminin est toujours aussi bien utilisé et vient apporter un contraste bienvenu avec celui, plus rude, de Holmes. Ici, c’est Heather de TAPPING THE VEIN qui se charge de ces interventions, sa voix est fragile et l’effet obtenu est satisfaisant, même si on a connu mieux en termes d’amplitude dans le style, même chez PARADISE LOST ("Gothic" reste une des références absolues).

"The Plague Within" a de quoi surprendre, à différents niveaux. Les vieux fans sauront l’apprécier pour ce qu'il est : un très bon disque de Doom, qui renoue avec quelques-unes des racines les plus profondes du groupe. Ceux qui auront connu PARADISE LOST avec "One Second" ou "Symbol Of Life" risquent de se heurter à un mur d’incompréhension au début, mais finiront par apprécier l’édifice, le chant clair étant assez présent pour que les growls ne soient pas un facteur rédhibitoire. "The Plague Within" se montre assez exigeant, il demandera plusieurs écoutes pour être pleinement assimilé, et il n’attend que les longs après-midis d’hiver pour vous plomber encore plus le moral.

PARADISE LOST semble imaginer sa musique comme un Ouroboros ; le début et la fin de toute chose. Un éternel recommencement. On peut se demander quel sera la prochaine étape dans la carrière du groupe. Il est bien sûr plaisant de voir que le groupe peut toujours en découdre et proposer une lenteur bien plus Doom que ce qu’il pouvait faire quelques années plus tôt, qu’il sait encore varier son propos et surtout, qu’il parvient encore à produire un album de cette trempe. "The Plague Within", malgré son ambiance écrasante, est une véritable renaissance. L’acte que l’on attendait d'un groupe qui jouait bien, mais qui n’avait plus d’audace dans sa musique. Ici, embrasser son passé à pleine bouche aura été l’idée géniale, celle qui fait la différence. Demain attendra. Hier et aujourd'hui se suffisent à eux-mêmes.

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   (2 chroniques)



- Nick Holmes (chant)
- Greg Mackintosh (guitare, claviers)
- Aaron Aedy (guitare)
- Steven Edmondson (basse)
- Adrian Erlandsson (batterie)


1. No Hope In Sight
2. Terminal
3. An Eternity Of Lies
4. Punishment Through Time
5. Beneath Broken Earth
6. Sacrifice The Flame
7. Victim Of The Past
8. Flesh From Bone
9. Cry Out
10. Return To The Sun



             



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