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DOOM/GOTH METAL  |  STUDIO

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2015 The Plague Within
2017 Medusa
 

- Style : Anathema, Madrigal, Orphaned Land, Wintereve, Empire Drowns, Amorphis, On Thorns I Lay
- Membre : Bloodbath, At The Gates, Cradle Of Filth, Vallenfyre
- Style + Membre : Strigoi, My Dying Bride
 

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PARADISE LOST - Obsidian (2020)
Par DARK BEAGLE le 1er Juillet 2020          Consultée 1408 fois

Chaque nouvel album de PARADISE LOST est un petit événement attendu dans la communauté Metal. Le groupe, qui s’était forgé ses lettres de noblesse dans les années 90 en étant en constante évolution dans son approche du son et de la terminaison de sa musique, avant de connaître un petit passage à vide la décennie suivante. Difficile cependant de parler de traversée du désert, la bande à Mackintosh n’ayant jamais réellement touché le fond, synonyme d’impopularité et n’a jamais dû réellement ramer pour retrouver de sa superbe. Le groupe divisait, mais cela, il l’avait toujours fait. La formation n’inventait plus rien, mais que pouvait-il réellement amener de neuf après "Host" qui marquait une rupture nette et totale avec le reste ? Aujourd’hui, PARADISE LOST divise toujours autant, il suffit de faire un tour sur la toile et de comparer les divers avis autour de "Medusa", qui date tout de même de 2017.

Trois ans plus tard, nos joyeux compères (regardez les photos promos) remettent le couvert avec un "Obsidian" qui marque à nouveau une coupure. PARADISE LOST donnait l’impression d’être régressif sur ses derniers albums, à essayer de revenir à des sons qui avaient forgé leur réputation dans la première moitié des années 90. C’était fait intelligemment puisque jamais le groupe ne trahissait son ADN, on retrouvait sa personnalité sombre, désabusée et à défaut d’être entièrement brillant, le résultat s’avérait bien souvent très satisfaisant ("The Plague Within" a été l’opus qui a permis aux Anglais un sérieux regain de popularité). Mais si "Medusa" semblait venir du fond des âges, s’extraire d’un caveau putride et lourd en humidité, "Obsidian" retrouve quelque peu la lumière et dévie de la ligne directrice que semblait afficher les p’tits gars d’Halifax.

PARADISE LOST revient à une formule plus souple, propice à plus de variété dans son discours, et "Obsidian" ne lorgne donc pas vers les ambiances très Death de "Lost Paradise" ou de "Drown On Darkness". L’aspect Gothique de sa musique reprend des droits, alors qu’il semblait avoir été gommé des productions précédentes, ou alors il se trouvait très, très en retrait. À titre d’exemple, "Darker Thoughts" nous promène littéralement entre deux univers. Son introduction à la guitare acoustique va surprendre, la voix très posée de Nick Holmes également, avec ce violon qui devient rapidement entêtant. Holmes va livrer sur ce titre une prestation superbe, où il se donne la réplique, utilisant son growl pour asséner un refrain sombre, lourd. Et pour le coup, PARADISE LOST se montre lumineux, "Darker Thoughts" est une de ces compositions amenées à devenir des classiques immédiats et ce morceau ne fera pas tâche en concert à côté des "As I Die" ou autres "Hallowed Land".

La première partie de l’album va plutôt dans ce sens. Pour autant, le groupe n’embrasse pas à pleine bouche ce qui a été fait sur "One Second", l’aspect Doom demeure très marqué, l’ensemble est tout de même bien pesant. Mais ce retour des mélodies plus marquées, ce chant clair qui, mine de rien, était devenu une composante essentielle de PARADISE LOST, font que la formation va se montrer bien plus abordable, pour ne pas dire raffinée. Souvenez-vous de "Medusa" et son aspect très Heavy, caverneux à souhait. Ici, le discours est différent, les émotions sont plus variées. "Ghosts" devient un petit plaisir coupable, "The Devil Embraced" est déjà plus exigeant, mais s’avère toujours aussi savoureux, écoutes après écoutes.

En revanche, l’obscurité retrouve la seconde moitié de l’album. "Forsaken" renoue avec l’esprit qui animait le groupe à l’époque de "Draconian Times", on retrouve ce style immédiatement reconnaissable, ces lignes de guitare doucereuses, mélancoliques, et cette voix plus gutturale que manie toujours aussi bien Holmes malgré le poids des années. "Ending Days", avec son violon, viendra nous plonger à nouveau dans le spleen des Britanniques alors que, malheureusement, "Ravenghast" va s’avérer nettement plus quelconque et devenir, de ce fait, très oubliable. Dommage, l’album méritait un final plus enflammé. L’ensemble se veut toutefois plutôt équilibré et pertinent. Novateur ? Non, mais ce n’est plus ce que l’on demande à PARADISE LOST après tout, pas après trente ans au service d’une musique sombre. Le groupe, reste inspiré et continue à proposer des disques toujours différents des précédents et cela devient un luxe.

Il faut dire que l’album jouit d’une production qui permet à l’ensemble de respirer tout en mettant en évidence l’aspect dépressif et sombre de l’ensemble. C’est toujours Jaime Gomez Arellano qui est aux manettes, secondé par Holmes et Mackintosh. Mais Arellano effectue un véritable travail de production, il ne se contente pas de triturer les boutons pour donner un son monstrueux au groupe, il va l’habiller en fonction de la musique qui est proposée. En place depuis "The Plague Within", il va doter chaque opus qu’il a eu sous sa responsabilité d’une personnalité qui lui est propre, sans trahir l’esprit du groupe, ni sa volonté. "Obsidian" ne déroge pas à la règle et se veut donc unique dans son approche. Nul doute que son successeur, s’il est toujours chapeauté par Arellano, sera encore différent.

Et devons-nous voir l’escapade STRIGOI de Mackintosh comme l’explication la plus plausible quant à la direction prise sur "Obsidian" ? Sur son projet solo, le guitariste explorait les contrées sombres des origines du Death et de l’extrême, la musique qui le faisait vibrer plus jeune et dont il avait su restituer l’esprit. Avec PARADISE LOST, il semble avoir retrouvé une certaine sérénité, il ne semble plus y avoir ce besoin presque impérieux d’écraser le monde sous une chape de plomb, d’où cet aspect plus léger, plus mélodique. En revanche, il se lâche complètement sur les soli, il en a rarement joué autant, lui qui n’est pas amateur de l’exercice. Ici, il en place souvent, courts, ne débordant pas de technique superflue, donc efficaces.

Et PARADISE LOST réussit encore une fois son coup. Oh bien sûr, il y aura toujours des détracteurs, qui diront que c’était mieux avant, que le groupe n’apporte plus rien, qu’il tourne en rond. Ces mêmes détracteurs qui avaient craché sur "Host" parce que le groupe était sorti du Metal l’espace d’un album ? Peut-être. Finalement, l’essentiel réside certainement dans le fait que si des personnes sont conquises par cet "Obsidian", alors PARADISE LOST n’aura pas été vain dans son entreprise, qu’il a toujours les capacités de ravir son public, sans avoir à sortir continuellement le même album, inlassablement, sans se poser la moindre question. Merci messieurs.

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   DARK BEAGLE

 
   PERE FRANSOUA

 
   (2 chroniques)



- Nick Holmes (chant)
- Greg Mackintosh (guitare, claviers)
- Aaron Aedy (guitare)
- Steve Edmondson (basse)
- Waltteri Väyrynen (batterie)


1. Darkest Thoughts
2. Fall From Grace
3. Ghosts
4. The Devil Embraced
5. Forsaken
6. Serenity
7. Ending Days
8. Hope Dies Young
9. Ravenghast



             



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