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HEAVY METAL  |  LIVE

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DIO - At Donington Uk: Live 1983 & 1987 (2010)
Par ALANKAZAME le 15 Novembre 2010          Consultée 8276 fois

Ronnie James Dio est mort... Je n’arrive toujours pas à m’y faire. Le chanteur le plus doué, le plus humain et le plus généreux du monde du Metal a rendu l’âme et a embarqué avec lui une bonne partie d’un héritage qui peine à se réincarner dans une nouvelle génération. Son décès particulièrement tragique, qui a suscité une vive émotion au sein de l’ensemble de la communauté artistique, aura été l’occasion pour nous autres fans de prendre conscience d’une chose : nos idoles ne sont pas éternelles, et la plupart d’entre elles sont vieillissantes. Personne ne peut en effet nier le fait que des artistes aussi illustres et respectés que DEEP PURPLE, ALICE COOPER, Ozzy OSBOURNE, KISS, WHITESNAKE et autres AC/DC sont dans leur dernière ligne droite et qu’ils vont bientôt devoir tirer leur révérence en laissant un grand vide derrière eux. Après leur départ, quelques étoiles plus récentes comme METALLICA, IRON MAIDEN ou MÖTLEY CRÜE pourront assurer l’intérim. Mais pour combien de temps encore ? Qui, honnêtement, sera capable de reprendre le flambeau, aucun groupe de cette envergure n’ayant percé depuis les années 90 ? Nous sommes clairement dans une impasse, car lorsque les pères fondateurs auront fini d’entretenir la légende, il ne restera plus grand monde pour maintenir la flamme allumée contre vents et marées.

Mais nous pleurerons la mort de Ronnie et le danger qui pèse sur la pérennisation du Hard et du Heavy une autre fois. Avant de mordre la poussière, « l’elfe maléfique de BLACK SABBATH », pour reprendre l’expression du journal Le Monde, avait lancé sur les rails un projet auquel il tenait beaucoup, prenant la forme d’un live constitué d’enregistrements datant des années 80 remis au gout du jour. C’est quelque chose qu’il n’aura pas emporté dans la tombe, sa veuve et manageuse Wendy prenant la décision de mener l’expérience à son terme à titre posthume. Ainsi est né "Dio At Donnington UK : Live 1983 & 1987".

Ce packaging très spécial, enfermé dans un sobre et élégant digipack, comprend deux CD sur chacun desquels on retrouve un concert différent, interprété au même endroit avec plusieurs années d’intervalles. Et en parlant de l’endroit on ne parle de n’importe quelle salle de concert, mais du "Monsters of Rock", un festival britannique de Hard Rock parmi les plus mythiques, aujourd’hui disparu, qui a vu passer tous les grands noms du genre sans la moindre exception. D’ailleurs l’affiche de l’édition de 87 qui orne le support du second CD fait clairement saliver à grosses goutes : BON JOVI, DIO, WASP, METALLICA, ANTHRAX, CINDERELLA. Oui oui j’en vois déjà qui laissent échapper un « oh putaiiinnn » comme dire « mais merde pourquoi j’ai raté ça ». Personnellement je n’étais même pas né alors j’ai encore plus les boules.

Wendy Dio a présenté la chose de la manière suivante : le premier disque met en scène un groupe tout jeune et plein d’enthousiasme pour son baptême du feu, le second un groupe expérimenté à la notoriété grandissante entré de plein pied dans la légende. Avant d’entamer sa carrière solo, Ronnie avait déjà rencontré le succès avec RAINBOW puis BLACK SABBATH, groupe dont il a fait plus qu’assurer la survie après le limogeage d’Ozzy OSBOURNE. On retrouve donc assez logiquement plusieurs reprises des titres phares de ces deux groupes, pour deux set-listes particulièrement hautes en couleur (une heure et quarante minutes de musique au total).

Et y’a pas à chier, c’est tout simplement fabuleux. On connaissait déjà les bootlegs tirés de ces deux dates. C’était sans compter les bienfaits du travail de restauration. Car la production a réellement fait un travail d’orfèvre au niveau du mixage. Aucun arrangement, aucune fioriture, et pourtant le son est excellent, surtout pour des enregistrements aussi vieux. Les archives de la BBC ont été toilettées, restaurées pour sonner aussi naturellement que possible. A part un petit raté sur "Dream Evil" (la guitare est trop en retrait au cours de la première minute), c’est impeccable du début à la fin. Mention spéciale à une version dantesquement incisive de "Neon Knights" qui donne méchamment envie de se jeter contre les murs et à deux magnifiques interprétations de "Naked In The Rain" et "All The Fools Sailed Away", titres peu répandus sur les setlists plus tardives de DIO. Dommage que "Don’t Talk To Strangers" et deux ou trois autres classiques comme "Sacred Heart" et "Hungry For Heaven" manquent à l’appel, mais les autres titres en présence se suffisent amplement à eux-mêmes.

Ronnie, au sommet de son art, chante admirablement bien. Imparable sur ses titres de prédilection, il surprend à plusieurs reprises, notamment en interrompant "Man On The Sliver Mountain" pour entonner le premier couplet de l’explosif "Starstruck" sur le premier CD. Poing d’orgue, toujours sur le concert de 83, avec une magnifique interprétation d’"Heaven And Hell" de plus de onze minutes, comme au bon vieux temps ! Ronnie savait en outre bien s’entourer, toujours avec de jeunes musiciens talentueux : on retrouve ainsi derrière les fûts son plus fidèle ami, le furibond Vinny Appice, avec lequel il avait déjà sévit au sein de BLACK SABBATH et deux monstres de la guitare : en 83 Vivian CAMPBELL, la future guitare de DEF LEPPARD et en 87 Craig GOLDY, qui accompagnera DIO jusqu’à la fin de sa carrière. Un sacré pédigrée pas vrai ? Inutile de vous dire que les mélodies fusent dans tous les sens et que ça pétarade comme jamais. Pas étonnant qu’en 83 DIO était perçu comme un groupe moderne, il avait tout bonnement précédé la NWOBHM.

Et il y en a un autre qui est au top : le public. Il y avait des fans dans la fosse les deux années, beaucoup de fans, et qui n’ont pas manqué de se faire entendre. Ils font clairement sentir leur présence sur le premier CD, notamment lorsque Ronnie annonce très sereinement qu’il va chanter "Children Of The Sea" puis "Man On The Sliver Mountain", provoquant instantanément une bruyante acclamation d’approbation unanime. Alors que sur la plupart des albums live, les interventions de la foule lors des moments forts des titres sont étouffées par le bruit des instruments, ici la production a magnifiquement rendu hommage au public, que ce soit pour gueuler "Heaven And Hell" à l’invitation de Ronnie ou pour gueuler tout court lors de l’envolée finale de "Stand Up And Shout". On en pleurerait presque tellement c’est beau, tant il est facile de s’identifier à tout cela…

Si je ne peux que féliciter la production d’avoir conservé les deux concerts dans leur intégralité (*) et leur authenticité, y compris la grosse voix off kitsch à souhait du second CD, je ferai en revanche un reproche, au niveau du découpage des titres. En effet si vous regardez attentivement les deux setlists, vous aurez l’impression d’avoir affaire à plusieurs doublons. En fait il n’y a que deux, "Rainbow In The Dark" et "Man On The Silver Mountain". Les autres ne sont que des versions partielles faisant partie de medleys, pratique dont raffolait Ronnie et qui avait rendu ses concerts célèbres pour leur côté imprévisible. Ainsi sur le premier CD, "Stargazer" forme un seul et même titre avec les soli de guitare et de batterie, et on n’a à la fin que 40 secondes de "Starstruck" au milieu de "Man On The Silver Mountain", soit dans les deux cas un seul titre découpé en trois pistes.

Même topo pour le second CD avec l’écartellement du medley "Last In Line/Children Of The Sea/Holy Diver/Heaven and Hell" (**). Idem avec “Rock And Roll Children” qui est interrompue aux deux tiers par "Long Live Rock'N Roll" pour ensuite recommencer. Curieux choix aussi que celui d’avoir découpé la petite minute de reprise de "Last In Line" en fin de concert alors qu’elle est accolée à "All The Fools Sailed Away". Bon je ne vais pas m’étendre, mais on voit bien ici que la prod’ a cherché à gonfler la setlist logiquement assez restreinte puisque les deux enregistrements proviennent chacun d’un festival au cours duquel DIO n’était pas tête d’affiche. Et j’aouterai même que vu la façon avec laquelle les crédits sont présentés dans le livret il est aussi possible que le fric ait mis son gros nez là dedans, tout le monde voulant avoir sa part au niveau des bénéfices… Qui a parlé de commerce de la mort ? Bref, tant pis.

Il est temps de conclure. Vous l’aurez compris au travers de cette modeste chronique, ce live est un vrai bijou, un enregistrement d’une authenticité et d’une sincérité défiant toute concurrence. Vous êtes fan de Dio ? Jetez vous dessus ! Vous ne connaissez pas Dio, mais vous aimez le Heavy ? Jetez vous dessus ! C’est simple non ? Il y a tout ce qu’il faut : une setlist haute en couleurs, des tubes en pagaille, un son parfait, des zikos au top et surtout un chanteur culte en plein état de grâce. Que demandez de plus ? Ronnie a laissé pour la postérité une œuvre immense. "Live 1983 & 1987" contribue encore à l’enrichir. Un hommage posthume absolument magnifique à la voix du Metal. C’est déjà culte…


(*) "We Rock" est néanmoins passé à la trappe pour des raisons obscures.
(**) A noter également quelques secondes de "Temple Of The King" juste avant le riff de "Last In Line", et que "Children of The Sea" est en fait une impro sur laquelle Ronnie a repris les paroles du titre de SABBATH.

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- Ronnie James Dio (chant)
- Vinny Appice (batterie)
- Jimmy Bain (basse)
- Vivian Campbell (guitare en 83)
- Craig Goldy (guitare en 87)


- disc 1: 1983
1. Stand Up And Shout
2. Straight Through The Heart
3. Children Of The Sea
4. Rainbow In The Dark
5. Holy Diver
6. Drum Solo
7. Stargazer
8. Guitar Solo
9. Heaven & Hell
10. Man On The Silver Mountain
11. Starstruck
12. Man On The Silver Mountain (reprise)

- disc 2: 1987
1. Dream Evil
2. Neon Knights
3. Naked In The Rain
4. Rock 'n' Roll Children
5. Long Live Rock 'n' Roll
6. The Last In Line
7. Children Of The Sea
8. Holy Diver
9. Heaven & Hell
10. Man On The Silver Mountain
11. All The Fools Sailed Away
12. The Last In Line (reprise)
13. Rainbow In The Dark



             



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