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NEO METAL  |  STUDIO

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KORN - See You On The Other Side (2005)
Par JULIEN le 18 Janvier 2006          Consultée 7657 fois
Nombreux sont les groupes n’ayant pas résisté à l’ascension insolente du Neo Metal, genre pourtant rapidement défiguré par l’abondance maladive des épigones et les carences créatives de tant de suiveurs. Heureusement les leaders furent, et sont encore à l’abri pour l’instant. Précisément parce que ce sont des leaders. Le spectre de l’auto-parodie ? Voilà un danger qu’ils connaissent ! Et savent généralement éviter. Ce qui explique certainement que KORN, plus de dix ans après son décisif album éponyme, respire encore au milieu des cendres d’un genre qui a probablement déjà vécu son âge d’or, carbonisé par une opulence trop gourmande et assassine : Etouffement du genre faute de renouvellement, surpopulation, matraquage publicitaire avide de drainer toute substance de la poule au Baggy d’or...

KORN, lui, est toujours là. Même après son premier chamboulement interne d’importance, le guitariste Head s’étant laissé happer par la passion religieuse. Réduit à l’état de quatuor, et brisé dans son architecture humaine, KORN affronterait-il cette conjoncture doublement défavorable à l’expression de son Neo Metal ? Encore une fois, l’on constatera que le groupe, fidèle à la tradition décrétée dès la sortie de son « Follow The Leader » (« Life Is Peachy » restant assez proche de « Korn »), n’a pas choisi d’emprunter le sentier confortable d’une bête consolidation d’acquis. Il sait que pour survivre, et ne pas verser dans le précipice meurtrier qui avala les suiveurs, il lui faut progresser. Evoluer. Redéfinir les frontières du genre qu’il a créé, et les repousser toujours plus loin. C’est à cela que s’applique ce « See You On The Other Side » périlleux.

Les fans du gros son KORN risqueront en effet de trouver la nouvelle livraison kornienne un peu rosse : Connu pour un son de guitare aussi épais que la ceinture abdominale de mon Tonton Gaston (tant apprécié par les publicitaires de produits diététiques) et son groove monstrueux basse-batterie (mais non, pas celui de tonton Gaston, allons !), et au sortir d’un album corsé et agressif, KORN prend une nouvelle fois son auditoire à contre-pieds. Et à cette occasion, il nous a concocté un disque où les samples organisent un véritable pugilat avec les cordes, au point de stranguler les vedettes habituelles du son kornien. Diantre ! Voilà qui en agacera certains ! D’autant que Jonathan Davis, retrouvant le chemin d'« Untouchables », fait à nouveau de son étrange chant clair, tantôt planant tantôt plaintif, et un peu acide sur les bords, le favori d’une gorge d’où furent chassés les invités gutturaux et extrêmes qui colonisaient « Take A Look In The Mirror ». Et comme la basse égotiste de Fieldy cède également un peu de sa prépondérance, cela donne une véritable reconfiguration sonore.

Alors bien sûr, KORN reste immédiatement identifiable, et place stratégiquement le tube haletant "Twisted Transistor" et les directs "Politics" et "Hypocrites" en début d’album, histoire de familiariser les fans avec ce mélange de groove coutumier et de samples très nombreux qui accompagnent la rythmique, voire la commandent, accouchant d’un monde fantasmagorique où la douleur d’antan - toujours là - s’éprend d’angoisse plutôt que d’une rage incontrôlée. Et il faut attendre la fin de l’album pour accueillir des riffs de guitare qui se distinguent et en imposent vraiment : "Coming Undone" (limite Heavy), "Getting Off" (à la "Kashmir"), "Liar" (tout en syncopes) et "For No One" (riff bien Power) secouent un album dont le développement nous trimbale dans un dédale touffu et copieusement envahi de samples, d’arrangements vocaux, et de mélodies popisantes… toutefois suffisamment malsains ou tordus pour dérouter les visiteurs distraitement aguichés (le trompeur "Seen It All" par exemple). Mais nonobstant ces guitares s’ébrouant un peu, l’album se pare de trop de mélodies, négocie trop de breaks abrupts débouchant sur le refrain accrocheur ou le sample torpilleur de méchanceté ("Throw Me Away", l'étonnant et très beau "Open Up", "Liar", "For No One", le final tout en douceur sur l'apaisant "Tearjerker"), pour laisser s’installer une concrète hostilité.

Il aura alors fallu une heure à KORN – c’est trop selon moi, comme très souvent avec le groupe – pour nous exposer ce que nous savions déjà : Mu par une réelle profondeur artistique, KORN se fait un devoir d‘évoluer et de surprendre dans un genre qui n’est pourtant pas le plus accommodant à ce titre. Et il y parvient en se logeant dans une niche creusée entre l’ascendant mélodique et vocal de « Untouchables » et la complexité assez rebutante de prime abord qui caractérisait « Issues ». Toutefois, si quelques morceaux captent rapidement l’oreille ("Twisted Transistor", "Politics", "Hypocrites", "Coming Undone" et son rythme hâché martelé, "Liar", les vocaux aériens de "For No One"), l’écoute de l’ensemble demande efforts et patience. Et même à ce prix, il n’est pas certain que ce « See You On The Other Side » ambitieux, riche, torturé et superbement produit parvienne à vous emballer. Mais à défaut de pouvoir lutter contre le désintérêt médiatique, au moins toute déliquescence artistique du groupe se voit-elle enrayée, laissant aux suiveurs le soin de nourrir les molosses d’une critique galopant sur les talons de chaque genre musical. KORN lui, pour l'instant, se tient toujours à l’avant du peloton…




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   JULIEN

 
   CHAPOUK

 
   (2 chroniques)



- Jonathan Davis (chant)
- Munky (guitare)
- Fieldy (basse)
- David Silveria (batterie)


1. Twisted Transistor
2. Politics
3. Hypocrites
4. Souvenir
5. 10 Or A 2-way
6. Throw Me Away
7. Love Song
8. Open Up
9. Coming Undone
10. Getting Off
11. Liar
12. For No One
13. Seen It All
14. Tearjerker



             



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