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1998 3 Soulfly
2000 1 Primitive
2002 3
2004 Prophecy
2005 Dark Ages
2008 Conquer
2010 Omen
2012 Enslaved
2013 Savages
2015 Archangel
 

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SOULFLY - Dark Ages (2005)
Par BAAZBAAZ le 6 Novembre 2005          Consultée 7395 fois

Qu'est-ce que l'on attend exactement de Soulfly ?
La question mérite d'être posée, car sa réponse est déterminante dans la façon d'aborder cet album. Le groupe, ou plutôt le projet à géométrie variable de Max Cavalera, a souvent suscité des débats passionnés.
Certains ne se sont jamais remis de la mort artistique de Sepultura, qui a largement coïncidé avec le départ de son chanteur. Et tout ce qu'il a sorti depuis s'est révélé bien plus intéressant que la plupart des disques de ses anciens camarades de jeu.
L'affaire était entendue. A lui les expérimentations, l'héritage de Roots. A lui le statut de parrain bienveillant de la scène néo-métal pendant que Sepultura tentait vainement de rassurer les fans d'autrefois à coup de disques très inégaux et parfois poussifs.
Depuis lors, Max Cavalera a le beau rôle. Peu importe que Soulfly ait été accusé de n'être qu'un foutoir sonore, un ramassis des dernières tendances à la mode dans le métal américain. Sa musique, extrême et ethnique, ainsi que l'imagerie tribale – la grande communauté – qui l'accompagne, ont permis au groupe de s'imposer comme une référence, à la frontière floue entre l'avant-gardisme audacieux et du suivisme le plus cynique.
Pour les détracteurs, le prétexte latino ne servait qu'à masquer une inspiration en dents de scie, tandis qu'une multitude d'invités roublards transformaient les albums de Soulfly en mauvaise compilation « nü ».
D'autres – la plupart – ont accepté l'évolution et les choix de Cavalera.
Ceux-là ont aimé Primitive, un disque violent et plein à craquer de superbes morceaux d'anthologie ; ils ont oublié Sepultura, le thrash, l'intégrité old-school, et lui ont préféré la musique syncrétique, métissée et fière, d'un groupe qui a patiemment affiné son style au fil du temps.
Et nombreux étaient sans doute, parmi ces nouveaux fans, ceux qui n'avaient jamais entendu parler d'un groupe brésilien ayant connu son heure de gloire une décennie auparavant.
Soulfly, c'était le présent. Et l'on guettait avidement chaque nouveau disque en espérant voir arriver enfin celui qui trouverait le juste équilibre entre le groove radical du néo-métal et la créativité ethnique.
Mais voici Dark Ages, et soudain, tout n'est plus si simple.

Cavalera, en effet, vient de répondre aux attentes des nostalgiques. C'est-à-dire de ceux qui n'attendaient en fait plus rien, qui ont décroché depuis longtemps ; ceux pour lesquels seul le premier disque de Soulfly est sans doute à peu près supportable.
Eux qui ont guetté longtemps le retour au thrash, avant de passer à autre chose : le groupe leur offre par surprise ce qu'ils n'espéraient plus, un nouveau Chaos A.D, un bond en arrière dans le temps.
C'est évident, l'enchaînement au début de l'album de « I and I » et de « Carved Inside » risque de laisser sur place les fans du rap-métal pratiqué dans Primitive… les rythmiques à l'ancienne, les tempos enfiévrés et variés, les solos de guitare mélodiques… la torture des casquettes, l'enfer du baggy.
Et le pire pour eux est à venir : « Arise Again » est un triomphe, peut-être l'une des toutes meilleures chansons de Sepultura jamais écrite par Soulfly…
Comme si Cavalera puisait dans ce retour aux sources non pas une créativité nouvelle – il n'y a dans ce disque aucune surprise une fois que l'on a intégré l'évolution du style – mais une spontanéité, une hargne que des perles de sauvagerie speed et exaspérées comme « Fuel the Hate » expriment à la perfection.
D'où vient alors l'impression mitigée qui gagne au fur et à mesure des écoutes ?
Peut-être d'un « Molotov » un peu caricatural. Ou alors d'un « Staystrong » dont le long passage instrumental final n'était sans doute pas indispensable. Sans compter que le dernier morceau du disque, qui explore des terres musicales éloignées du métal, n'est pas non plus décisif. Agréable, sans plus.
En prouvant sa capacité à écrire des chansons thrash convaincantes – aucune n'est ratée sur l'album –, Cavalera rappelle à tous ce qu'il a toujours su faire : la musique que Sepultura essaye désespérément de reproduire depuis des années sans jamais y parvenir.
Mais du coup, il perd en même temps un peu de son identité et de son originalité.
On ne retrouve pas dans Dark Ages l'équilibre qui caractérisait Soulfly jusqu'à présent, entre puissance tribale et acceptation de la modernité.
Du coup, on renoue simplement – dans une certaine mesure – avec le thrash efficace mais impersonnel qui était la marque de fabrique de Sepultura avant l'apogée ethnique que fut Roots.

Et l'on se demande alors : où veut-il en venir ?
Satisfaire les anciens fans de Sepultura n'est sans doute pas l'objectif premier de Cavalera, dont tout le monde sait qu'il vient de traverser une période sombre. Le disque, à ce titre, est un d'abord cri de rage et de désespoir. Une œuvre personnelle qui n'entre pas dans une stratégie commerciale.
Non. Il est juste le fruit du besoin de revenir à cet univers de fureur, de retourner dans ce lieu archaïque, hors de tout influence, à l'abri de la modernité et de tout ce qui se veut « néo » ou « post » : cet endroit préservé de la mode et des tendances du moment, ce bastion intègre qu'est le thrash d'un temps révolu.
Mieux vaut aborder ainsi ce disque.
Car sinon, on pourrait penser que le groupe se trouve dans une impasse.
Parce que franchement, ce virage artistique n'a pas grand-chose à voir avec Soulfly, avec son ouverture, avec son refus de s'enfermer dans un style unique ou de contenter les nostalgiques rétrogrades.
Pour ceux qui considèrent ce groupe comme l'expression typique d'une scène musicale américaine où tout n'est que mélange, mépris des frontières et des chapelles artistiques, fusion des genres et confrontation des cultures, l'évolution perceptible dans cet album rend songeur ou sceptique.
Faut-il toujours faire des concessions à cette poignée de fans réactionnaires qui attendent d'un groupe qu'il reste ancré à jamais dans un style unique ? Or là, ce n'est pas une évolution, mais un recul.
Deux possibilités : ou bien Cavalera a tout dit, et Dark Ages marque alors les atermoiements d'une musique sur le point de tourner en rond, de s'égarer dans ses propres hésitations sonores, ou bien il a simplement jeté toute sa colère dans un album unique avant poursuivre sa marche en avant.
Une chanson comme « Bleak », notamment, avec ses couplets scandés façon rapcore et son refrain alourdi par une pesanteur très old-school, annonce peut-être un compromis possible : cessant d'être un simple réceptacle pour le pire et le meilleur de l'air du temps, mais renonçant aussi à toute rigidité passéiste, le groupe pourrait enfin réaliser son potentiel et toucher au génie, ce qui n'est pas encore le cas.
Ce n'est donc pas le meilleur disque de Soulfly. C'est le meilleur disque de Sepultura depuis Roots. C'est donc en quelque sorte un accident de parcours, aussi talentueux et puissant qu'éphémère.
Du moins c'est ce que l'on espère.
Parce que sinon, Soulfly, ça va vite devenir chiant.

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- Max Cavalera (chant, guitare)
- Marc Rizzo (guitare)
- Bobby Burns (basse)
- Joe Nunez (batterie)


1. The Dark Ages
2. Babylon
3. I And I
4. Carved Inside
5. Arise Again
6. Molotov
7. Frontlines
8. Innerspirit
9. Corrosion Creeps
10. Riotstarter
11. Bleak
12. (the) March
13. Fuel The Hate
14. Staystrong
15. Soulfly V



             



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