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METAL SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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THERION - Lemuria (2004)
Par JULIEN le 22 Septembre 2004          Consultée 11578 fois

Ah, la Lémurie... ce continent mythique, bercé par l’imagination d’un zoologue anglais du XIXème siècle (un nommé Slater... non, pas l’acteur, mildiou) ; une terre qui se serait abîmée dans les eaux indiennes il y a des milliers d’année, et qui doit son nom à la découverte d’ossements de primates, les lémuriens (qui existent toujours), qui jonchaient les terres de Malaisie et de Madagascar. De fait, la théorie d’un continent ayant jadis relié ces deux pays se profila dans le sillage de cette découverte zoologique, fascinant historiens et archéologues, ainsi que les anglais de BAL SAGOTH (leur premier album « A Black Moon Broods Over Lemuria »)... et le génie suédois Christopher Johnsson, grand maître à bord de l’arche THERION !

Celle-ci, toujours aussi fièrement précédée de sa proue atypique, s’en va donc voguer à travers les flots hantés de mythes et légendes. Et ce recueil intitulé « Lemuria » nous propose, parallèlement à son frère « Sirius B », de découvrir un ouvrage d’une rare qualité, proposant dix chapitres (neuf en réalité, "Three Ships Of Berik" se découpant en deux épisodes) diversifiés et sans lien autre que celui d’une magie égale dans l’évocation quasi cinématographique des textes ciselés par le fidèle Thomas Karlsson. Dix chapitres pour dix morceaux qui, s’adossant au titre sélectionné pour se faire l’ambassadeur du présent recueil, semblent établir un lien entre diverses époques de la saga THERION : La vigueur retrouvée d’une coloration Metal (structures classiques, puissance des rythmiques...) nous renvoie aux premières créations véritablement « visuelles » de THERION (« Lepaca Kliffoth » et « Theli », bien que l’hostilité soit bien moindre ici), tandis que les orchestrations somptueuses et l’omniprésence des chœurs évoquent plutôt « Secrets Of The Runes », la dynamique majestueuse et saisissante d’un « Vovin » de toute beauté conférant à la chose son incontestable caractère accrocheur. A noter enfin le retour de solistes (un ou plusieurs) à chaque fois différents, et qui assurent le chant sur tous les morceaux, là où seuls les chœurs détenaient les lignes vocales sur les derniers enregistrements du groupe.

On l’aura compris, avec le double album « Lemuria »/« Sirius B », THERION parvenait à faire coexister toutes les qualités entrevues au fil des années, et à les mêler de sorte à faire chavirer nos petits cœurs avides de dépaysement, nostalgiques des heures magiques passées en compagnie de moult ouvrages de mythologie. Car s’il est bien une qualité rare chez THERION, c’est cette propension chatoyante à nous dépeindre en notes une véritable symphonie d’images, pourvoyeuses d’un délicieux voyage des sens. Mais là où « Sirius B » démontrait la capacité du groupe à faire s’entrechoquer avec brio un Metal virant souvent au Speed et un travail d’orchestration moins écrasant mais toujours aussi somptueux et d’une ampleur exemplaire, « Lemuria » sélectionnait autrement ses couleurs, sculptant sa propre personnalité et évitant le doublon.

A la différence donc d’un « Sirius B » plus vigoureux, parfois typé Speed ("The Blood Of Kingu", "Kali Yuga Part 2", "Voyage Of Gurdjieff", le carton et très noir "The Khlysti Evangelist"), « Lemuria » s’épanche dans un travail de composition excluant cette facette là (sauf une accélération sur "Uthark Runa" et "Abraxas"), laissant choir sur le papier des partitions une pluie de notes dénotant d’un soin plus progressif. Le morceau titre, mélancolique et partiellement acoustique autant qu’exotique (le merveilleux petit passage à la flûte), est une immersion totale dans la légende, tandis que les très travaillés "An Arrow From The Sun" (quel refrain, et quelle pertinence des claviers sur cette composition apaisante) et le bien Metal "Abraxas" (riffs altiers et intro inédite) sont autant de manifestes d’un Metal orchestral proprement unique : Le « The City Of Prague Philharmonic Orchestra » nimbe d’authenticité les compositions et les chœurs s’avèrent toujours aussi impressionnants, ce disque se voyant généreusement choyé de mélodies guitaristiques singulières et typiquement THERION, relecture des traits chantants de riffs « death mélodique suédois » avec cette chaude touche « Johnsson », qui en fait les vecteurs de mille images oniriques.

Mais que l’on se rassure, THERION ne s’adonne pas à l’emphase baveuse, et le génie de ce « Lemuria » est de faire coexister cette profondeur orchestrale et une base qui reste Metal, même si moins prégnante que sur « Sirius B » : "Uthark Runa" et "Abraxas" ne sont pas avares d’électricité, "The Dreams Of Swedenborg" évoque « Secret Of The Runes » de par sa puissance cuivrée, et "Typhon" s’ouvre par exemple sur un riff Thrash/Power qui progresse à son rythme vers un travail instrumental remarquable par sa domestication mélodique capiteuse, à mon sens gâtée par un refrain mâchonné par une voix Death (celle de Christopher Johnsson) peu convaincante et assez laide. On finit par s’y faire cependant, et la beauté instrumentale de la chose ne peut dès lors qu’inviter à la plus haute clémence.

Fort de ces qualités, la singularité de « Lemuria » s’édifie aussi sur sa fraîcheur : La pièce orchestrale "Three Ships Of Berik", aux accents très BO (avec un final pompeux et joyeux bien dans le ton) assied son approche à la limite du récit sur une alternance batterie/orchestrations limpides et guitares en fer de lance enthousiaste, démontrant que THERION n’a pas oublié le sens du mot « surprise ». Comme le rappellent l’irrésistible "Quetzacoatl" et sa brève mais succulente intervention de mandoline (dépaysement garanti, on se croirait chez les Aztèques), ou le titre de conclusion, "Feuer Overtüre/Prometheus Entfesselt", qui jouit de la cohabitation d’une rythmique martiale à la RAMMSTEIN (avec chant en allemand aux frontières du clin d’œil) et chorus de guitare 100 % THERION, c’est-à-dire aussi chantant qu’ouvert sur toutes les promesses de l’imaginaire.

Avec ce double album magique, THERION frappe ainsi un grand coup en cette année 2004, et hisse le Metal orchestral à un niveau encore supérieur. Je vous laisse apprécier la chronique du génial « Sirius B », rédigée par le camarade Dark Bouffon ; quant à « Lemuria », même si plus court que son frère doré, il n’en demeure pas moins un ouvrage se suffisant à lui-même, habité d’une vraie personnalité, et frappé en mille instants du sceau d’un talent insolent, celui de Christopher Johnsson : des chœurs masculins et féminins grandioses qui lui apportent toute sa majesté à l’utilisation savoureuse des guitares, avec tout ce qu’il faut d’ingrédients Metal pour assurer à la chose un socle solide, tout est excellent dans ce recueil, certes moins évident que « Sirius B », mais pas moins doté d’immenses qualités. Je ne saurais donc lui refuser la note maximum... même si je lui préfère encore l’« album brun » (6/5) ! Et pour conclure, je souligne que cet album, comme son frère, s’expose dans un artwork d’une rare qualité, chaque titre s’arrogeant une illustration favorisant encore l’immersion dans ce paysage se tenant à l’écart des tracas du quotidien.

« Lemuria » est de ces albums qui se bonifient au fur et à mesure que l’on en saisit les petits secrets, et c’est avec un plaisir renouvelé que je l’invite fréquemment à visiter les tréfonds de mes pourvoyeurs de son. THERION est grand. Très grand.

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   JULIEN

 
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- Christopher Johnsson (guitare électrique, chant deat)
- Kristian Niemann (guitare électrique et acoustiq)
- Johann Niemann (basse)
- Richard Evensand (batterie)
- Moult Invités !!!


1. Typhon
2. Uthark Runa
3. Three Ships Of Berik Part 1
4. Three Ships Of Berik Part 2
5. Lemuria
6. Quetzacoatl
7. The Dreams Of Swedenborg
8. An Arrow From The Sun
9. Abraxas
10. Feuer Overtüre/prometheus Entfesselt



             



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