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THRASH/DEATH EXPÉRIMENTAL  |  STUDIO

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THERION - Symphony Masses: Ho Drakon Ho Megas (1993)
Par DARK MORUE le 15 Septembre 2013          Consultée 2334 fois

Et voilà, pour la dernière fois, on se replonge dans les débuts discographiques de THERION. Avec l'album du changement, le vrai. Pratiquement le début du THERION tel qu'on le connaît maintenant, mais pas encore vraiment... "Symphony Masses: Ho Drakon Ho Megas" a donc un titre particulièrement évocateur. On va avoir du Symphonique, et on va aussi avoir des Dragons. Et même des dragons rouges, y'en a d'ailleurs un gros sur la pochette, allez-y interprétez ce que vous voulez, moi je vais rien avancer de peur d'être dénoncé par les Francs-Maçons. Tremblez mortels. D'ailleurs l'album est tellement occulte qu'il base tout son concept sur l'invocation du Grand Dragon et il y a pas mal de passages chantés dans des langues plutôt exotiques (hébreu ou égyptien). De vrais apprenti-sorciers.
Je ne pense pas trop m'avancer en balançant que c'est ici l'album le plus méconnu des Suédois. Mais cependant, quoi qu'on dise, ce brouillon assumé de "Lepaca Kliffoth" est certes bancal mais dispose néanmoins de grandes qualités propres... Ainsi que de beaucoup de bourdes, il est vrai.

Bon par contre, si vous attendez de grandes orchestrations épiques, vous allez un peu être déçus. Faut pas trop en attendre du premier mot du titre. Cependant, le line-up autour de Johnsson ayant fait un reset intégral, nombre de mercenaires ayant ici été recrutés (le plus notable étant Piotr, le batteur, et uniquement parce qu'il a accompagné le groupe jusqu'à "Theli"), un changement de cap musical assez prononcé s'est bien opéré. Alors non, ne va pas encore véritablement parler de Metal Symphonique, ce serait presque insultant, les énormes POUET POUET au Bomtempi de "Symphoni Draconis Inferni" étant tout simplement à hurler de rire, encore plus lorsqu'on sait ce que le groupe nous réservera à l'avenir...
Bien que nombre de passages restent encore foncièrement Death Metal, l'influence majeure a quelque peu changé, et est ici évidente lorsqu'on connaît un peu le futur du groupe. Genre un morceau d'un album quelque peu culte. Ouais voilà. "To Mega Therion". Hum, ça rappelle quelque chose non ? ... CELTIC FROST. Ben oui. C'est pas tant que ça un hasard. Uuuh !

Revirement bien plus Thrash que Death, riffs boulets de canon dans ta face, chant qui se fait pluriel, moins guttural, arraché et souvent clair... Johnsson est assez impressionnant au micro, pas techniquement mais davantage de part la variété de ses registres disons. L'influence tout juste citée est bien clarifiée lors de morceaux intenses et In-Your-Face tels "A Black Rose" ou "Powerdance", mais il est inutile de se cantonner à ça. Malgré de nombreux côtés ringards, des sonorités kitsch, plein de trucs foireux, "Symphony Masses" expérimente dans tous les sens et parfois on touche au but. Un énorme morceau de bravoure est situé en plein milieu d'ailleurs, qui vaut à lui seul l'achat de l'album tellement tout tue dessus, l'épique "Dawn Of Perishness". Cette pièce épique enchaîne, après une montée en puissance relativement brève, un nombre assez dingue de plans de malades, de riffs mélodiques bien accrocheurs, avec une vitesse effrénée dans une ambiance totalement ensorcelée, sorte de Heavy/Thrash occulte mêlant avec brio riffs brutaux, breaks de partout (cette basse!) et leads typiques de la NWOBHM. Si. Carrément.

THERION se cherche. Parfois il trouve quelque chose, et des fois il rentre également totalement bredouille. Il est étonnant que le troisième album d'un combo soit de loin le plus immature, on a souvent l'impression d'entendre un groupe débutant en quête d'identité. Là où les deux précédents albums arrivaient à merveille à canaliser la rage et intégraient parfaitement les quelques petites trouvailles, ici on tente des trucs, on veut proposer un truc totalement nouveau mais on sait pas quoi, sortir du gros Death qui tâche mais pas trop. Suffit d'écouter un "The Eye Of Eclipse" qui n'a pas la moindre idée d'où se caler, faisant intervenir des claviers de manière hésitante et aléatoire à plusieurs reprises, tournant en dérision un morceau bien Thrash pourtant efficace... Même constat pour une "Baal Reginon" qui ouvre l'album n'importe comment, commençant de manière limite narcoleptique, voulant instaurer une ambiance funèbre mais virant au patchwork sans queue ni tête où 3 notes se battent en duel. Mais parfois ça fonctionne, comme la seconde partie de "The Ritual Dance of Yezidis" qui dévoile de superbes sonorités orientales, bien que d'un kitsch absolu.

Donc certes, on est en présence d'un album hybride à moitié expérimental qui ne sait tellement pas quoi faire qu'il tente tout à la fois, mais les morceaux bruts de décoffrage ne manquent tout de même pas. Moins incisif qu'avant certes, mais tout de même pas tendres. En dehors de la piste 5 qui défonce absolument tout, ce sont surtout les trois derniers morceaux qu'il faut retenir, les plus épurés, mettant un peu de côté l'aspect "laboratoire de sonorités" pour retrouver la hargne Old School. "Powerdance" est de loin le morceau le plus violent de l'album mais ce n'est pas du tout un mal, "Procreation Of Eternity" retrouve une bonne veine Heavy et cale du riff mélodique sautillant qui poutre, et le dernier titre éponyme en deux parties (oui oui, un titre de 4min20 en deux parties, soyons fous) qui s'ouvre comme du Doom onirique et incantatoire pesant lourd sur ses fûts, avant qu'un ridicule synthé se prenant pour une trompette (digne d'un jouet pour enfants) ne vienne lancer une montée en puissance complètement aléatoire. On opte pour le tout-symphonique sans aucun instrument symphonique.
Un dernier morceau mémorable, car il aurait pu être jouissif avec de gros moyens. Seulement, quand on remplace tout l'orchestre et les chœurs par un Bontempi Pif Gadget dont même SUMMONING ne voudrait pas, ça nous fait une véritable perle de foirage à la place, qui fait sourire et donne chaud au cœur devant tant de bonnes intentions.

Et donc. Pour conclure. On a un album incomplet, mixant tout et n'importe quoi afin de servir de transition entre les périodes Death et Symphonique. Musique hybride rabaissant le niveau de violence (enfin bon, c'est relatif, on passe des débuts de GRAVE à ceux de CELTIC FROST, ça reste méchant) et foutant du clavier un peu partout et n'importe comment en espérant que ça passe. Résultat, on a un morceau absolument démentiel ridiculisant tout le reste de l'album, deux-trois autres pistes valant le détour, et un paquet de bonnes idées gâchées par manque de pertinence ou de moyens. Et par la suite, THERION quittèrent d'un commun accord leur label Megarock, afin de s'orienter chvers un Nuclear Blast ayant davantage de moyens, à la hauteur des ambitions de Johnsson, dont il serait dommage de brider la créativité.
La suite, vous la connaissez...

Babaal : Œuvre de transition pure et dure, capable à la fois des mélodies les plus enivrantes et des pouet-pouet les plus minables...

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- Christofer Johnsson (chant, guitare, claviers)
- Magnus Barthelson (guitare)
- Andreas Wahl (basse)
- Piotr Wawrzeniuk (batterie)


1. Baal Reginon
2. Dark Princess Naamah
3. A Black Rose
4. Symphoni Draconis Inferni
5. Dawn Of Perishness
6. The Eye Of Eclipse
7. The Ritualdance Of The Yezidis
8. Powerdance
9. Procreation Of Eternity
10. Ho Drakon Ho Megas



             



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