Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  STUDIO

Commentaires (3)
Questions / Réponses (1 / 1)
Metalhit
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : H.e.a.t.
- Membre : Kee Marcello's K2 , Red Fun, John Norum , Glenn Hughes
- Style + Membre : Dokken

EUROPE - Walk The Earth (2017)
Par FREDOUILLE le 7 Juin 2020          Consultée 1265 fois

Viña del Mar est une ville du Chili se situant dans la région de Valparaíso à une centaine de kilomètres de Santiago du Chili. Et si je vous parle de cette commune c’est non seulement parce que Tom Araya (SLAYER) y est né et d’autre part parce que cette commune organise depuis 1960 un festival international de la chanson. Ce festival qui dure en tout et pour tout six jours, est un évènement musical, ayant lieu chaque année en février, et est le plus important de toute l’Amérique Latine. Le festival a lieu dans l’amphithéâtre de la Quinta Vergara lequel peut accueillir jusque 15000 personnes. Et si je vous parle de cet évènement musical, ce n’est bien évidemment pas un hasard puisque l’édition 2018 accueillait des artistes tels Luis FONSI (on s’en fout !), JAMIROQUAI (on s’en fout un peu aussi !), et surtout EUROPE dont il est question ici (et là on ne s’en fout pas !). Des suédois qui avaient d’ailleurs déjà participé à l’édition de 1990 !

Et l’autre jour, en me replongeant dans la discographie d’EUROPE, toutes périodes confondues, je tombais en regardant la chaîne YouTube, justement sur ces deux concerts donnés par les Suédois. Vingt huit ans séparent ces deux live, autant dire une éternité. Et que de chemin parcouru par les Scandinaves ! C’est toujours intéressant de regarder deux concerts de ce type et distants d’autant d’années. Parfois le contraste est saisissant. Ici aussi. D’un côté, le EUROPE juvénile et permanenté de 1990 et de l’autre le EUROPE « adulte » de 2018. Un même groupe, mais deux périodes, deux époques différentes. Des looks différents donc, la coupe de cheveux notamment (en 2018 la mode n’est plus vraiment celle des permanentes), l’énergie d’un Joey Tempest qui courait dans tous les sens en 1990 (le Joey de 2018 est plus sage, plus posé, même s’il garde la forme à 55 ans), et musicalement, si la set-list est forcément différente (on aura d’ailleurs droit sur le concert de 2018 à trois titres de "Walk The Earth" : "Walk The Earth", "The Siege", et "GTO"), il reste en commun tous les classiques du groupe, incontournables, indéboulonnables, à savoir les "Rock The Night", "Superstitious", "Cherokee", la ballade "Carrie" aussi et bien évidemment le hit planétaire, le chef d’œuvre d’EUROPE, j’ai nommé "The Final Countdown".

On ne va pas refaire l’histoire, mais depuis "The Final Countdown", titre qui a révélé le groupe au monde entier, tout n’a pas été aussi facile pour les Suédois. La vie n’étant pas un long fleuve tranquille, on le sait bien. On se souviendra notamment, lors de la tournée qui suivit la sortie de "The Final Countdown", du départ du guitariste norvégien John Norum, désireux de mener une carrière solo et qui n’en pouvait vraiment plus de l’image d’EUROPE (ce groupe ringard, ces titres mielleux avec ses synthés guimauve...). Et puis ce split aussi. Séparation du groupe survenue en 1992 après l’album "Prisonners In Paradise" et son coté très Hard US. Le groupe ne se reformera qu’en 2003 et viendra montrer à la face du monde un presque tout autre visage avec des albums se situant dans une veine plus Hard Rock, et rangeant par la même occasion les synthés au placard, tels que "Start From The Dark" (2004) ou bien encore le très bon "Secret Society" (2006). Une évolution voulue par le groupe mais nécessaire aussi histoire de se détacher encore un peu plus de l’époque "The Final Countdown", "Out Of This World" et de ce Hard gentillet FMisant qui lui colle à la peau. Avec recul et au vu de la qualité des albums sortis depuis 2003, on peut dire que nous avons assisté à la renaissance de l’institution suédoise.

Depuis 2003, EUROPE n’a donc pas vraiment chômé et a pas mal enchainé les disques. En effet, "Walk The Earth" n’est autre que le sixième album à voir le jour. Presque un album tous les deux ans. C’est dire si le groupe a encore des choses à dire. Il faut dire que les Suédois n’en finissent pas de faire évoluer, progresser leur musique (l’approche plus Hard Blues depuis "Bag Of Bones" fait partie de ces évolutions) jusque ce "Walk The Earth" 11ème album studio du groupe. On notera avant toute chose cet artwork particulièrement chouette et qui pourrait faire penser à une pochette de PINK FLOYD (qui a dit "Dark Side Of The Moon" ?). Il n’est au final qu’inspiré d’un logo d’un T-Shirt que portait leur producteur Dave Cobb (RIVAL SONS, HIGHWOMEN, Shooter JENNINGS, Chris STAPLETON) lors des sessions d’enregistrement de "Walk The Earth" aux célèbres Abbey Road studios à Londres. Pour information, Dave Cobb, au C.V. long comme le bras, musicien et crédité aussi sur quelques titres de l’album, avait déjà produit le disque précédent "War Of Kings" sorti en 2015. Et à l’instar de cette pochette justement, "Walk The Earth" présente un EUROPE tout à la fois vintage et contemporain, élégant aussi. S’il s’inscrit naturellement dans la lignée de son prédécesseur, le très bon "War Of Kings" (2015), "Walk The Earth" présente aussi quelques évolutions.

"Walk The Earth" possède déjà des tonalités un peu plus lourdes et sombres que celles de "War Of Kings". Il est un album plutôt riche, homogène et équilibré mais se veut tout de même, un tantinet plus vintage aussi que son prédécesseur. Je trouve déjà que la production de Dave Cobb, très soignée, assez dense mine de rien, et moins aérée que celle de "War Of Kings", ainsi que tout le travail réalisé sur les vocalises de Joey Tempest (sur "Pictures" notamment, mais aussi sur "Election Day") et sur les chœurs ("Kingdom United", "Wolves"), renforcent cet aspect. Et puis bien sûr il y a aussi ces compositions où les claviers/orgue de Mic Michaeli sont prédominants et amplifient aussi le phénomène. Alors, si des morceaux tels le classieux et un brin tristounet "Walk The Earth" et ses belles orchestrations (un futur classique ?), le très séduisant "The Siege" lequel passe d’ailleurs parfaitement l’épreuve de la scène et qui est crédité de superbes soli, ou bien encore (limite quand même) ce lancinant et accrocheur "Kingdom United" absolument superbe, possèdent des tonalités plutôt contemporaines, il y a pas mal d’autres titres sur le disque qui nous replongent directement dans le passé et plus particulièrement dans les années 70’s.

A commencer par cette superbe ballade Rock aux arrangement fins qu’est "Pictures", plutôt sombre mais ô combien vibrante avec ce feeling presque Floydien (et ces chœurs-là, c’est juste très beau !), voire même à la David Bowie puisque ce titre ne sera pas sans rappeler non plus le "Space Oddity" de l’Anglais. Très bon morceau au bout du compte marqué par la voix toujours aussi exceptionnelle de Joey Tempest mais aussi par cette atmosphère quelque peu mélancolique (piano à l’appui). Dommage néanmoins que le solo de fin de John Norum n’ait pas pu s’exprimer jusqu’à la fin, un malheureux fondu vient en effet gâcher un peu la magie je dois dire.

Puis il y a ces titres qui possèdent donc ces claviers/orgue Hammond, "Election Day" ou bien encore l’énergique "GTO", plutôt classiques je trouve (trop ?), et rappelleront même jusque dans les vocalises de Joey Tempest, le DEEP PURPLE de la première période. On retiendra également les grosses guitares à la RIVAL SONS sur "Wolves", morceau un brin planant et hypnotique (quelle atmosphère !), qui possède ce réel coté 70’s forcément et cette influence LED ZEPPELIN mais laquelle est parfaitement assimilée (on pourra aussi noter un petit côté ALICE IN CHAINS je trouve). On se délectera sur ce titre, du solo magistral et tout en feeling de l’ami John Norum qui, on ne le dit pas assez, tend toujours à magnifier chaque composition du groupe.

Si EUROPE se veut quand même un poil moins mélodieux que d’habitude (noter que sur "Walk The Earth" il y a moins de refrains forts et immédiats), il est toujours capable de nous délivrer des titres Hard Rock accessibles et accrocheurs à l’image de ce très énergique "Whenever Your Ready" et qui aurait très bien pu figurer sur "Secret Society". EUROPE sait aussi nous surprendre en alourdissant le propos comme rarement et notamment sur ce "Haze" qui possède réellement un très gros son de guitares (ce n’est pas BLACK SABBATH mais on s’en approche) et une sorte de mini solo de batterie qui dépote carrément. C’est le coté vindicatif d’EUROPE, millésime 2017, qui se situe bien évidemment à mille lieues de "The Final Countdown". Enfin, c’est l’aérien "Turn To Dust" et sa belle mélodie lancinante qui vient clôturer l’album. Du long de ces presque sept minutes, cette composition lente nous accroche irrémédiablement, avec une nouvelle fois des sonorités 70’s à la DEEP PURPLE et ce clavier omniprésent. Un titre qui se termine un peu de façon abrupte après une longue outro mais qui propose aussi quelques superbes phrasés bluesy de la part de John Norum.

"Walk The Earth" est comme je le disais plus haut un disque très élégant avec de très bonnes compositions, aux sonorités plus lourdes, plus sombres aussi, et qui pour la plupart font référence aux influences des années 70 (LED ZEPPELIN, THE BEATLES, DEEP PURPLE, David BOWIE). Une galette qui n’est cependant pas si facile d’accès je trouve, les compositions étant moins immédiates que ce à quoi EUROPE a pu nous proposer par le passé, et même par rapport à "War Of Kings" (rappelez-vous de l’excellent hit qu'est "Days Of Rock'n'roll"). Tant et si bien que "Walk The Earth" nécessite réellement plusieurs écoutes avant d’être apprivoisé. Ce disque montre en tout cas et à quel point la musique d’EUROPE fait preuve de plus en plus de maturité. Une maturité construite au fil des années et qui au final fait qu’on est musicalement très éloigné de la période des "The Final Countdown", "Cherokee", ou bien encore "Superstitious". EUROPE sans atteindre l’excellence toutefois, j’avoue toujours avoir un peu de mal avec leurs compositions PURPLE-iennes, vieillit quand même plutôt bien et avec une certaine élégance. Très bel album au final !

Note : 3,5/5 arrondi à 4/5.

Morceaux préférés : "The Siege", "Wolves", "Walk The Earth", "Kingdom United", "The Haze".

A lire aussi en HARD ROCK par FREDOUILLE :


HORISONT
About Time (2017)
Nostalgique des 70's ? HORISONT est fait pour vous




Vince NEIL
Carved In Stone (1995)
Excellent album solo de Vince Neil !


Marquez et partagez




 
   FREDOUILLE

 
  N/A



- Mathias 'mic' Michaeli (claviers)
- Ian Haugland (batterie)
- Joey Tempest (chant)
- John Leven (basse)
- John Norum (guitares)


1. Walk The Earth
2. The Siege
3. Kingdom United
4. Pictures
5. Election Day
6. Wolves
7. Gto
8. Haze
9. Whenever You're Ready
10. Turn To Dust



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod