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EUROPE - Last Look At Eden (2009)
Par ALANKAZAME le 19 Juillet 2010          Consultée 10720 fois

« C’est dans les vieux pots qu’on cuisine les meilleurs plats ». Tout le monde connaît par cœur ce proverbe vieux comme le monde, tant de fois détourné à des fins métaphoriques. Mais franchement, qui aurait cru qu’il puisse s’appliquer aussi bien à EUROPE et à son huitième album ?

La reformation en 2003 du groupe porté, souvent à bouts de bras, par le charismatique chanteur Joey Tempest n’avait pas fait grand cas. Obnubilés par l’insatiable besoin de « moderniser » leur musique, complexés par la peur de passer pour des ringards tout entiers dans l’ombre de leur poussiéreux hit "The Final Countdown", Tempest et ses comparses ont gaspillé leur énergie à composer deux nouveaux albums, "Start From The Dark" et "Secret Society", assez corrects, au son léché et conforme aux standards contemporains mais qui n’ont pas laissé, c’est rien de le dire, de souvenirs impérissables.

En 2009 la donne a changé. Les retours triomphaux de KISS et d’AC/DC aux studios avec des albums aux sonorités radicalement 70’s ont marqué un spectaculaire retour en force des légendes d’autrefois. Alors les gars d’EUROPE se sont dit que ça ne servait plus à rien de s’emmerder à essayer d’être ce qu’ils ne sont pas, et se sont donc attelés à l’écriture d’un album qui leur ressemble vraiment. Cet album, c’est "Last Look At Eden". Ça faisait bien longtemps qu’on attendait plus grand-chose de la part des Suédois, et à mon sens on n’a jamais eu aussi tort… Parce que ce huitième opus est peut-être l’un de leur meilleur album, pour ne pas dire le meilleur. C'est d'ailleurs probablement pour ça qu'il m'a fallu plusieurs semaines d'écoutes pour me retrouver en capacité de rédiger cette chronique.

Le "Prelude" qui ouvre cet opus annonce la couleur : l’album aura des colorations symphoniques. Première impression confirmée avec l’excellent single éponyme, qui jette d’emblée le décor avec un riff endiablé auréolé d’une pléthore de violons. Le son, très particulier, est à la fois âpre, avec des guitares rugueuses, et monumental comme une production moderne de Heavy Metal. Puis s’immisce la voix de Tempest, plus en forme que jamais, qui chante de tout son cœur et nous offre le meilleur de lui-même, trop heureux d’être enfin en phase avec ses véritables orientations artistiques. Ce premier titre, aux mélodies magnifiques relevées par un excellent travail technique jette un premier pavé dans la marre des détracteurs d’EUROPE, en dévoilant tout le potentiel du combo scandinave. Mais ce premier titre, le plus évident, n'est pas l’arbre qui cache la forêt, loin s’en faut !

"Last Look At Eden" est un véritable travail d’orfèvre. Le producteur Tobias Lindell a fait un boulot formidable en offrant à cet album un son unique, mêlant une interprétation musicale très traditionnelle à un mixage radicalement moderne qui donne beaucoup de caractère aux compositions de Tempest. L’orchestre symphonique national tchèque relève le tout avec une classe inaltérable, qui rappelle à bien des égards la légendaire tournée opéra-rock de DEEP PURPLE. Il en résulte un album de Hard Rock mélodique presque proto-symphonique, voir même épique, classieux et racé, dont émane une finesse certaine.

Tout en nuances, "Last Look At Eden" mêle avec beaucoup d’adresse un titre éponyme aux consonances Heavy Metal à des morceaux d’anthologie Hard Rock dignes de la grande époque du genre (tendance PURPLE, justement) comme l’exceptionnel "Catch That Plane" ou l’improbable "Mojito Girl", pour plus de trois quarts d’heure de grande musique. Les onze pistes, toutes signées Tempest (comme d’hab) avec une participation occasionnelle du producteur Andreas Carlsson (qui s’est déjà occupé de Britney Spears !) et plus épisodique du reste du groupe, sont toutes chiadées, blindées d’émotion et d’influences diverses dans le plus pur esprit Rock’N’Roll. A la première écoute, le skeud et d’abord déroutant puis finalement enthousiasmant. Et ce qu’il y a de magnifique dans tout ça c’est qu’on ne s’en lasse pas !

Très équilibré et qualitativement homogène, ce sixième opus fait alterner des brulots pêchus sur lesquels l’orchestre s’efface pour céder la place à des guitares qui envahissent tout l’espace, comme "The Beast", et des power-ballades mélodiques comme la magnifique "New Love In Town", le tout dans la plus grande cohérence qui puisse être. Avec des condensés d’émotion sympho-rock comme "No Stone Unturned", Tempest s’aventure sur les plates-bandes du Prog avant de retourner à du pur Hard Rock mélancolique avec "Run With The Angels". La conclusion, une ballade intitulée "In My Time", fait la part belle au talent d’interprétation d’un John Norum presque Blackmorien, et conclut tout en beauté une œuvre qui surprend par son indubitable qualité intrinsèque.

Que dire de plus ? Peut-être que Tempest loupe la note maxi lorsqu’il s’égare l’espace d’un instant avec les pistes neuf et dix, trop semblables à la huitième et qui font un peu perdre le fil. Mais elles ne plombent même pas l’ambiance générale… Et en dehors de ça ? Franchement, je ne vois pas. Si seulement on voyait atterrir plus souvent des albums de la trempe de "Last Look At Eden" dans les bacs ! Tout en nuances et en finesse, bourré de mélodies et d’émotions, servi par une production irréprochable qui le taille dans le diamant le plus pur, ce sixième opus des quadras venus du froid remplit toutes ses promesses, et montre enfin EUROPE sous son meilleur jour, sans complexe et sans visée mercantile. Tempest et Haugland diront que les deux albums précédents n’étaient qu’une mise en bouche, que celui-ci correspond plus à ce qu’ils ont envie d’être. Comment ne pas leur donner raison ? "Last Look At Eden" est un formidable album de Hard Rock traditionnel, et plus généralement un excellent disque de Rock’N’Roll. Il n’y a pas à hésiter, jetez-vous dessus ! EUROPE n’a décidément pas dit son dernier mot. Pourvu que ça dure !

4,5/5.

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- Joey Tempest (chant)
- John Norum (guitare)
- John Levén (basse)
- Mic Michaeli (claviers)
- Ian Haugland (batterie)


1. Prelude
2. Last Look At Eden
3. Gonna Get Ready
4. Catch That Plane
5. New Love In Town
6. The Beast
7. Mojito Girl
8. No Stone Unturned
9. Only Young Twice
10. U Devil U
11. Run With The Angels
12. In My Time



             



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