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DARK METAL  |  STUDIO

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ROTTING CHRIST - Kata Ton Daimona Eaytoy (2013)
Par WËN le 8 Avril 2013          Consultée 5065 fois

Il fut un temps où le Metal en provenance de Grèce avait la côte en nos régions. Nous évoquons là les 90s, ces années marquées par notre Holy Records national et ses petites découvertes qui venaient régulièrement envahir les bacs de nos disquaires favoris. Ce label avait le don de nous dégoter des formations aux univers très personnels et marqués, qu'elles soient françaises (MISANTHROPE, S.U.P.) ou de contrées plus pittoresques, musicalement s'entend, comme le Japon (KADENZZA), Israël (ORPHANED LAND) ou, donc, de la péninsule hellénique avec NIGHTFALL, ON THORNS I LAY, CHAOSTAR ou enfin SEPTIC FLESH (en deux mots à l'époque). C'est de cette manière que, de fil d'Ariane en aiguille, nous en sommes venus à nous pencher sur le cas de ROTTING CHRIST, ce cousin aigri et miséreux, un peu cradingue de surcroît et qui aimait de temps à autre fricoter avec le reste de la bande (mais signé, lui, chez Osmose Productions, d'autres p'tits gars de chez nous).

De la tempête qui emporta tout ce beau monde au début du nouveau millénaire, ROTTING CHRIST fut, pourtant, le seul à résister. Bravant les intempéries chronologiques en sachant se renouveler, explorant tel l'Ulysse de ces mers noires et bouillonnantes les contrées Black Metal, flirtant avec les côtes gothiques, pour arrimer, plus récemment, sur des terres Death/Dark-metal, la formation à néanmoins toujours su préserver intactes cette pugnacité et cette approche mélodique et méthodique qui lui sont propres. Nous avions laissé le groupe avec "Aealo" (2010) où Sakis (chant, guitare) et sa bande, suppléés par une pléiade de naïades furibardes, y déclamaient leurs rancœurs en une dizaine d'hymnes guerriers et vindicatifs. Un disque s'inscrivant dans la droite lignée du très bon "Theogonia" (2007) et qui avait le mérite de vous coller un belle branlée sur le coup, mais qui laissait néanmoins transparaître quelques faiblesses sur le long terme, à commencer par des riffs relativement bateaux et des compositions péchant par mimétisme les unes envers les autres (à de rares exceptions près).

A trop vouloir charger la mule, celle-ci s'écroule et cela, les grecs l'ont bien compris, c'est pourquoi, le cru 2013 sera celui des retrouvailles. Des retrouvailles avec leur jeunesse Black Metal, mais sans pour autant faire l'impasse sur ces mélodies bien spécifiques. Alors bien sûr lorsque nous vous évoquons la facette Black Metal du groupe, ne vous figurez nullement avoir à faire à un raw Black tout droit sorti d'un anus de troll norvégien, ici l'agressivité est plus en retenue, surtout mise en valeur par des riffs dissonants ("Κατά τον δαίμονα του εαυτού", "Gilgameš", "Ahura Mazdā-Aŋra Mainiuu") et des atmosphères sombres et occultes renforcées par nombre de chœurs incantatoires (qui pourront évoquer le THERION de la belle époque), cette fois-ci essentiellement masculins (hormis sur "Cine iubeşte şi lasă" qui n'aurait d'ailleurs pas dépareillé sur l'album précédent).

Malgré cette agressivité recouvrée, la formation ou plutôt les frères Tolis puisque leurs acolytes s'en sont allés, heureusement, ne se contentent pas d'un aller simple dans les limbes de leur passé, mais s'appliquent à mixer cette griffe antique à celle de ses disques plus récents, souvent au sein même des morceaux. C'est d'ailleurs là que réside tout l'intérêt de la chose. Ainsi, la part mélodique est toujours bien présente et les twin-guitars ne sont jamais très loin, n'hésitant que rarement à se joindre à l'orgie sonore ("In Yumen - Xibalba","P'unchaw kachun - Tuta kachun"). A contrario, certaines compositions, tout en demeurant extrêmes, s'avèrent être furieusement Heavy, c'est à dire puissantes et accrocheuses telles que les jouissives "Iwa Voodoo" et "Grandis Spiritus Diavolos" ou encore cette explosion soliste sur "Русалка" (plus Death dans l'âme … avec un petit côté AMON AMARTH dans son riff principal) voir même, pour les heureux possesseurs d'un des versions limitées, l'inédit "Welcome To Hel". Sakis, égal à lui-même, par son timbre particulier toujours à la limite, parvient à insuffler l'essence ROTTING CHRIST à tous ces titres et malgré les mythologies d'horizons différents dont chacun traite, nous nous retrouvons néanmoins ici avec un tout extrêmement cohérent.

En prenant la sage décision de ne pas s'entêter à poursuivre dans une voie ou ils risquaient l'essoufflement, les Grecs optent pour un choix judicieux en mâtinant leur Dark Metal si spécifique d'ambiances plus sombres. La martialité et la barbarie respective des chants et des champs de bataille font place, quitte à ralentir un peu le tempo, aux incantations s'exhalant des noires et sordides cavernes enfumées des pythies, évanescentes et tissées de mystères. En cela ROTTING CHRIST a été clairvoyant car, mieux qu'un retour en arrière, c'est d'une véritable odyssée au sein même de son Histoire dont nous fait bénéficier ici le combo Athénien.

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   (2 chroniques)



- Sakis Tolis (chant, guitare, basse, clavier)
- Themis Tolis (batterie)
- George Emmanuel (guest - guitare sur #7)


1. In Yumen - Xibalba
2. P'unchaw Kachun - Tuta Kachun
3. Grandis Spiritus Diavolos
4. Κατά τον δ
5. Cine Iubeşte şi Lasă
6. Iwa Voodoo
7. Gilgameš
8. Русалка
9. Ahura Mazdā-aŋra Mainiuu
10. Χ ξ ς'
11. Welcome To Hel (bonustrack)



             



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