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BLACK DOOM ÉSOTÉRIQUE  |  E.P

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ROTTING CHRIST - Passage To Arcturo (1991)
Par PERE FRANSOUA le 20 Février 2021          Consultée 296 fois

L’adolescence est taquine et porte à la rébellion. L’on pourrait supputer qu’à la fin des années 80 en Grèce, pays où les prêtres sont fonctionnaires, où le catéchisme est enseigné dans les écoles et où les prestations de serment s’effectuent sur la Bible, il serait idéal pour une bande de jeunes gars amateurs de Metal de prendre comme nom de groupe ROTTING CHRIST.

ROTTING CHRIST, un nom qui choquera plus les conservateurs américains que des compatriotes grecs finalement assez libéraux pour un peuple dont l’identité s’est maintenue grâce à la religion chrétienne à travers les occupations étrangères.
ROTTING CHRIST un nom parfait pour se faire une place dans l’underground du tape-trading mais qui sera souvent difficile à assumer et repoussera même des gentils fans potentiels (à partir de "Theogonia").
ROTTING CHRIST le quasi one-man-band de Sakis Tolis est né trio, une trinité de fraternité et d’amitié liée dans l’enfance et le même quartier très populaire d’Athènes, soudé par la confiance et un même rêve de musique qui trouva son aboutissement sur un premier enregistrement officiel dans un vrai studio professionnel et édité en vinyle par un vrai label (même s’il était aussi modeste que confidentiel) en la qualité du mini-album "Passage To Arcturo". Un vrai exploit pour ces petits gars sans le sou dans un pays encore très isolé.

"Passage To Acturo" n’est pas "Thy Mighty Contract", il en est même encore très loin, néanmoins il représente un double passage, passage à l’acte et rite de passage, pour ce jeune groupe passionné qui réalise son premier rêve de gosse. Avant l’impact international de "Thy Mighty Contract", manifeste et maitre étalon du Black grec, le vent en poupe grâce à Osmose Productions et la tournée "Fuck Christ", ce petit EP venu de nulle part et tiré à peu d’exemplaires a pourtant frappé fort dans l’international de l’échange de cassettes, suffisamment pour éblouir les Norvégiens. On parle de 1991.
Mais nos chers jeunes Grecs s’étaient déjà faits un nom grâce à leur démo totalement géniale "Satanas Tedeum" d’octobre 1989, condensé diabolique et barbare du Black des 80s et présentant quelques similitudes avec un certain "Deathcrush" de vous-savez-qui.

Ainsi donc, et dès son plus jeune âge, ROTTING CHRIST a bougé, entre le vieux Black malsain et très rapide de la démo "Satanas Tedeum", et la cristallisation de ce qui sera l’acte de naissance du style Black grec avec "Thy Mighty Contract" et son amuse-bouche "Apokathelosis", la musique délivrée sur "Passage To Arcturo" étonne et surprend.

Ce premier EP s’ébroue majoritairement dans les tempi moyens, voire lents, et n’accélère pour ainsi dire jamais (le début de "Old Coffin Spirit", et encore, ça plafonne niveau bpm,) nous voilà souvent à la limite du Doom. Le son est également très différent de ce qu’ils feront ensuite, pour sûr car l’enregistrement eut lieu dans un vrai studio professionnel pas du tout habitué au Metal, et non au futur Storm studio qui façonnera la scène grecque. La guitare bénéficie d’un son crade et grésillant sans être baveux, tout est bien précis et distinct. La basse ronde et naturelle est très présente, on l’entend aussi bien que la guitare ("Inside The Eye Of Algond") ce qui pour moi ce n’est jamais un souci. La seule étrangeté est la batterie. Il m’est difficile de dire exactement pourquoi, serait-ce cette production trop organique, un mix qui fait passer la caisse claire derrière une grosse caisse qui sonne comme des toms, ou bien serait-ce la manière d’en jouer ? En tout cas elle sonne de façon bizarre et tranche bien évidemment avec le passé primitif et la future "boîte à rythme" sèche comme un coup de trique.

Et puis c’est ici que les claviers firent leur apparition.
Simples et efficaces, ils sont composés et joués par un nouveau membre, le trio devenant quartette, qui n’est autre que Morbid, dit Magus Wampyr Daoloth, dit The Magus (NECROMANTIA), protagoniste déjà central de la mini scène athénienne. Avec ces nappes froides et minimalistes (parfois deux notes suffisent pour avoir la chair de poule) Morbid/Magus offre un supplément de mystère au jeune groupe et permettent au nerd obsessionnel, euh je veux dire, à l’archéologue de la musique, de rappeler que c’est à peu près sans précédent à l’époque et que franchement je trouve que ça préfigure et annonce EMPEROR, ouais carrément.
Écoutez donc "Forest Of N’Gai". Ce contraste entre ces chœurs artificiels et la disto sale, leur utilisation en ponctuation (on sent l’idée reprise sur "The Burning Shadows Of Silence"), ces montées de notes de faux chœurs froids et fantomatiques. Même sensation avec "The Mystical Meeting" et cet air de guitare en seconde moitié qui semble avoir été digéré sur "Beyond The Great Vast Forest".

Pour moi l’influence est évidente et parfaitement plausible. On sait que "Passage To Arcturo", enregistré et sorti en 1991, a énormément circulé et plu en Norvège. Euronymous voulait d’ailleurs les signer. Grutle Kjellson (ENSLAVED) a déclaré depuis son depuis amour pour ce disque. Bref un an au moins avant que Ihsahn et Samoth commencent à mettre des claviers dans EMPEROR. Je n’ai pas plus d’éléments pour appuyer mon hypothèse, mais je trouve qu’elle complète bien l’autre source d’inspiration avérée des utilisateurs norvégiens de claviers : MASTER’S HAMMER.

La présence de Magus/Morbid permet aussi à nos jeunes amis de tâtonner dans l’originalité avec un "Gloria De Domino Interni", court titre entre un piano froid et la disto de la guitare avec des paroles narrées en latin (et pourquoi pas en grec !?!?!)

"Passage To Arcturo" devrait être un passage obligé pour les fans de ROTTING CHRIST mais il est souvent oublié, comme s’ils avaient débuté avec "Thy Mighty Contract". Pourtant le groupe n’a pas boudé ce petit EP, "Forest Of N’Gai" fait toujours partie des setlists du groupe. On peut d’ailleurs saluer la cohérence de ROTTING CHRIST qui interprète en concert des morceaux de tout son répertoire contrairement à ses compatriotes de SEPTICFLESH. Rite de passage et passage à l’acte donc pour les tous jeunes Sakis, Tolis et Jim, un grand retentissement et un bon coup de pied à l’étrier pour nos Grecs surmotivés. Pour eux le meilleur est à venir avec "Thy Mighty Contract", l’icône du Black grec.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Themis 'necrosavron' (batterie)
- Morbid (piano, claviers)
- Salis 'necromayhem' (guitares, vocaux)
- Jim 'mutilator' (basse, paroles)


1. The Old Coffin Spirit
2. The Forest Of N'gai
3. The Mystical Meeting (sevlesmeth Esoth Spleh Dog)
4. Gloria De Domino Inferni
5. Inside The Eye Of Algond



             



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