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ELECTRO INDUS METAL  |  STUDIO

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1995 Herzeleid
1997 Sehnsucht
2001 Mutter
2004 Reise Reise
2005 Rosenrot
2009 Liebe Ist Fur Alle Da
 

- Style : Oomph!, Ham, Secret Discovery, Heldmaschine
- Style + Membre : Lindemann, Emigrate

RAMMSTEIN - Herzeleid (1995)
Par DARK BEAGLE le 12 Avril 2019          Consultée 258 fois

Le paysage Metal Allemand a longtemps été dominé par le Heavy, le Power Metal et le Thrash, comme des marques de fabrique bien définies. Les SCORPIONS avaient ouvert la voie, suivis par ACCEPT et bien d’autres, les HELLOWEEN, KREATOR et autres GRAVE DIGGER. Une scène bien marquée en somme, qui a ses codes et dont les groupes sont nombreux, très nombreux dans le genre (faites une petite recherche avancée sur le site pour vous en rendre compte). Au début des années 90, un nouveau genre allait cependant émerger, la Neue Deutsche Härte (traduisez par « nouvelle dureté allemande), qui tient ses racines dans la Neue Deutsche Welle, mouvement Indus dont DIE KRUPPS est l’un des plus célèbre représentants.

RAMMSTEIN est certainement le groupe le plus connu de la scène NDH, mais il n’en est pas l’initiateur. Ce privilège revient plus à des combos comme OOMPH!, qui posera les bases du style, à savoir un EBM très froid, qui sera couplé par la suite à des riffs à la limite du Thrash par moments. Dero et sa bande venaient de Wolfsburg, une ville très industrielle (fief de Volkswagen entre autres), mais RAMMSTEIN vient de l’ex Allemagne de l’Est, les musiciens auront connu les contrôles de la Stasi, auront su comment les détourner à travers leurs différents groupes d’origine, souvent affiliés au Punk et surtout, ont une toute autre science de l’Electro, les sons produits à Berlin Est étant très différents de ceux de l’Ouest.

Si RAMMSTEIN a donc une base commune avec OOMPH!, il possède des sonorités différentes, souvent plus dansantes. Là où les éléments Electro de OOMPH! peuvent évoquer la dureté d’une Rave Party épileptique, ceux de RAMMSTEIN ont quelque chose de plus « mélodique » dans leur conception, plus propice à faire trémousser les postérieurs, dans la mesure du raisonnable et sont intégrés de façon plus spontanée dans les trames musicales du groupe. Disons que là où OOMPH! va chercher dans un premier temps à nous brutaliser, RAMMSTEIN joue sur la souplesse sur certains titres, qui contrebalancent ceux qui sont refermés sur leur lourdeur au point d’en devenir étouffants.

Il n’est pas étonnant que la musique de RAMMSTEIN soit souvent appelée du Tanz Metal, un terme que les membres eux-mêmes aimaient utiliser en interview. En traduction, ça donnerait approximativement Metal Dansant. Et pourquoi pas ? Sauf que RAMMSTEIN, ce n’est pas que de la mélodie sautillante – surtout entraînante – il y a également une base Metal, à la rythmique très martiale. Le groupe ne se formalise pas plus que cela des soli. Ils ne sont d’ailleurs pas utiles aux compositions, une courte partie instrumentale est bien plus satisfaisante qu’un exercice qui n’est pas une obligation.

Avant d’aller plus loin, il faut quand même dire que la pochette est intelligente. Oh, bien sûr, elle développe une imagerie gay assez prononcée, avec six Allemands de l’Est plutôt baraques (à part Flake, mis en retrait sur la photo justement) torses nus, cheveux décolorés pour certains. Aux USA, ils ont été taxés de néonazis eugénistes. Mais cette jaquette, elle a fait parler d’elle. Comme le clip de "Du Hast", celui de "Pussy" ou encore le petit dernier, concernant "Deutschland". Le groupe a développé une imagerie qui provoque les discussions, parfois passionnées, autour de la sexualité, du fait si oui ou non ils ont des idées nazillardes en apparaissant en tenue de prisonnier des camps de concentration. Tout cela, c’est de la com’, et une com' bien menée, même si elle révolte la ménagère de moins de cinquante ans. Et les associations qui ne voient que ce qu’elles veulent voir – ou ce que RAMMSTEIN veut laisser voir.

L’entame est marquante. Les claviers de Flake ouvrent la marche, rejoints par des guitares abrasives. La rythmique est dure, martiale. "Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen?" tape dur. Puis il y a la voix de Till Lindemann. Till, pour le figurer grossièrement, c’est une nageuse de l’Allemagne de l’Est qui aurait pris trop d’hormones. C’est une masse. Et il n’y a pas de gras là-dedans. Il a une voix à l’avenant : grave, gutturale dans le sens où il roule avec exagération les « r », comme le voudrait la caricature que l’on se fait de la langue allemande. Frédéric Dard disait, par le biais de son personnage de San Antonio, que lorsqu’un Allemand vous engueule, c’est la BO d’un film de guerre. Et Lindemann, quand il chante, c’est exactement ça. Il est la personnification d’un Panzer qui vous écrase joyeusement. Il s’inspire quelque peu de ce que proposait Dero au sein de OOMPH! puisque cela est plutôt représentatif de la Neue Deutsche Härte.

Si "Der Meister" est une première intrusion plutôt réussie dans le RAMMSTEIN Heavy, "Weisses Fleisch" et "Asche Zu Asche" reviennent avec des intentions plus dansantes, même si chacun de ces morceaux les présentent d’une façon différente. "Weisses Fleisch" est sombre, menaçante. Elle mord et elle arrache la viande de ses crocs acérés. La seconde ne développe pas son agressivité de la même façon, elle se veut plus mélodique également, malgré un refrain solidement asséné. "Du Riechst So Gut" et "Herzeleid" sont également dans le haut du panier, avec leurs qualités bien mises en avant. En revanche, le reste oscille entre le moyen et le médiocre pour certains titres ("Das Alte Leid"). Dans sa forme la plus Heavy, RAMMSTEIN est un animal lent, sans contours, au relief indistinct. Il devient alors parfois pénible et la fin de l’album semble longue, très longue, elle perd petit à petit en intérêt. Mais là encore, c’est le cas d’un bon nombre de disques qui évoluent dans ce sous-genre particulier.

Par exemple, "Seemann" n’est pas formidable dans sa version studio. Cela fait un peu forcé, limite grandiloquent au final quand on la compare au reste. Dans le genre, "Klavier" sera plus intéressante sur "Sehnsucht" par exemple. En revanche, en live, c’est une autre histoire. Parce que sur scène, cette chanson jouit du spectacle, avec Flake qui traverse le public sur un bateau pneumatique (et ça se termine parfois un peu mal pour lui. Quelle idée d’être malingre au milieu de colosses !). D’ailleurs, RAMMSTEIN mettra les moyens pour ses concerts, abusant de la pyrotechnie comme rarement cela a été fait. C’est par ce biais que le groupe va devenir mémorable, allié à l’efficacité de bon nombre de refrains.

"Herzeleid" est une très belle carte de visite. Très imparfait malgré tout, il présente un groupe qui sait se faire dansant et de ce fait, très fédérateur. En effet, OOMPH!, pour poursuivre avec cette comparaison simple, est plus direct, plus abrupt. Plus sale. Aussi surprenant que cela puisse paraître, RAMMSTEIN laisse transparaître une certaine finesse dans son Metal Indus et sait se montrer accrocheur. Après, sans le coup de pouce de David Lynch, le groupe aurait-il eu la carrière qu’il a eu par la suite ? Peut-être pas à un tel niveau, mais il aurait certainement été marquant.

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- Till Lindemann (chant)
- Paul Landers (guitare)
- Richard Kruspe-bernstein (guitare)
- Christian Lorenz (clavier)
- Oliver Riedel (basse)
- Christoph Schneider (batterie)


1. Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen
2. Der Meister
3. Weisses Fleisch
4. Asche Zu Asche
5. Seemann
6. Du Riechst So Gut
7. Das Alte Leid
8. Heirate Mich
9. Herzeleid
10. Laichzeit
11. Rammstein



             



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