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DIMMU BORGIR - Abrahadabra (2010)
Par MEFISTO le 20 Octobre 2010          Consultée 10909 fois

Constats de départ : DIMMU BORGIR est en perte de vitesse sévère depuis 2003, date à laquelle il a offert un de ses albums les plus aboutis, "Death Cult Armageddon", celui-là même qui marquait le début d'une orientation très symphonique. Après ce bombardement, l'histoire nous a montré qu'il a été difficile pour les Norvégiens de se relever et de s'orienter ; un réenregistrement ("Stormblast") et un album très moyen ("In Sorte Diaboli"), encore axé sur le gros Black Sympho hollywoodien, mais sans grande inspiration.

2010. L'heure est venue de remettre les pendules à l'heure pour DIMMU, sinon, une large bande de fans va non seulement les tailler en pièces, mais les abandonner à leurs délires. Plusieurs, dont moi, ne reconnaissent plus depuis longtemps l'auteur d'albums percutants comme "Spiritual Black Dimensions" ou "Puritanical Euphoric Misanthropia", des briques qui bravent encore la tempête et qui demeureront des exemples du genre Black Sympho. Exit tout ça.

Dernier point important : deux instigateurs des succès du groupe, le bassiste Vortex et sa voix claire si extra, et le virtuose du synthé, Mustis, ont quitté le navire. Oh que si, Mustis est parti dans d'obscures circonstances, son talent n'étant pas reconnu officiellement par les autres membres du groupe. Le sieur a préféré partir plutôt que de se chamailler avec des couteaux avec Shagrath et Silenoz. Ainsi, les deux fondateurs du groupe, toujours accompagnés de Galder (OLD MAN'S CHILD) ont décidé d'enregistrer "Abrahadabra" (concept-album inspiré des écrits du magicien et auteur occulte Aleister Crowley – je vous laisse le soin de le « wikipédier » pour vous instruire un peu, je n'ai pas envie de m'étendre sur la trame de fond…) en trio, se payant les services de Daray (VADER, VESANIA) à la batterie (pas mal, après Nick Barker et Hellhammer !) et Snowy Shaw en lieu et place de Vortex.


Autant régler ces deux points tout de suite, car on attendait DIMMU au tournant. Remplacer la source première d'inspiration des meilleurs morceaux du groupe, soit le synthé, n'a pas dû être chose facile. Eh bien, c'est Shagrath qui s'en est chargé ! Mais bon, avec la quantité d'instruments qu'on retrouve sur "Abrahadabra", on se fout un peu du synthé. En effet, le Norwegian Radio Orchestra (l'Orchestre Philarmonique de Prague avait joué sur "In Sorte...") et le Chœur Schola, aussi de Norvège, ont été invités à la fête. Ce qui porte le compte des artistes à plus de 100 pour ce gros show sympho. Donc, le synthé, pour les rares fois qu'on le remarque, n'est plus une donnée essentielle chez DIMMU BORGIR.

Ce qui fait tâche par contre est la perte de Vortex au chant clair : le timbre de Snowy Shaw, qu'on peut entendre sur "Chess With The Abyss", "Ritualist", "Renewal" et "Perfect Strangers", ne cadre pas vraiment avec DIMMU. C'est peut-être qu'une question de goût, mais j'ai trouvé sa performance complètement inutile, à la limite du ridicule. À côté de ça, les parties de la chanteuse norvégienne Agnete Maria Forfang Kjølsrud sur le premier et excellent single "Gateways", sont phénoménales. Ce "Gateways", mes amis, est si accrocheur et racoleur, que la formation ne pouvait mieux choisir sa carte de visite. Le morceau fait partie de mon top 10 DIMMU, y a pas de doute, je me suis fait prendre au jeu.

Mais si vous avez aimé cette pièce, posez-vous la question : qu'est-ce qui a vous a marqué ? Si vous avez répondu les orchestrations, vous êtes comme moi et avez rapidement compris que les vraies vedettes de cet album sont le Norwegian Radio Orchestra et le Chœur Schola, pas les riffs quelconques automatiquement pilotés de Galder et Silenoz. Car si on fait un survol rapide des dix plages officielles – une flopée de bonus sont dispos – de ce "Abrahadabra", les moments les plus notables sont offerts par l'orchestre et le chœur.

L'intro, d'abord, aussi jolie que "Fear And Wonder" ("PEM"), les cuivres et cordes sur le refrain de la réussie "Born Treacherous", les chœurs sur "Chess With The Abyss" (dont les passages au synthé compensent un refrain pénible au max), les plaisants arrangements de "Dimmu Borgir" et son chœur à la DARK MOOR, le violon agressif et les cuivres dodus de "The Ritualist" (dont l'intro à la sèche est rafraîchissante), les orchestrations de "The Demiurge Molecule" et "Endings And Continuations" qui sauvent des morceaux délaissés par des guitares mielleuses… Seuls "Born Treacherous", "Gateways", "A Jewel Traced Through Coal" et "Renewal" (autre refrain affreux) ont le mérite d'attirer sérieusement l'attention grâce au duo de gratteux. Et encore, c'est pas toujours très riche comme inspiration. La grande place est cédée à l'orchestre et c'est de ça dont on se rappellera dans plusieurs années, quand la poussière aura retombé. Au moins pourra-t-on lui donner ça, alors qu'avec "In Sorte...", à part quelques trucs alléchants, c'était le désert.

Le reste ? Moyen. Le minimum syndical, les Norvégiens se font vieux. Ah, c'est mieux que "In Sorte...", plus délassant, mais ça empeste le surfait et le groupe vedette qui préfère le crémage à une bonne pâte croustillante. En utilisant un orchestre aux capacités aussi immenses, DIMMU se dépersonnalise et se cache derrière ; on ne voit plus la forêt derrière les branches. En dehors des arrangements, "Abrahadabra" contient des atmosphères superficielles, peu travaillées, le trio s'est assis sur ses lauriers et confirme la chute annoncée il y a quatre ans déjà. Avec une telle fosse commune creusée depuis 2003, je peux comprendre que Mustis soit parti. En tout cas, il a prouvé son point : DIMMU sans lui est petit. Une cruelle sensation de vide s'échappe maintenant du combo, un sentiment que rien ne sera plus passionnant, épique, impressionnant.

Et avec tout ça, on perd le fil, le concept de l'album (Crowley méritait mieux) et le curriculum des vétérans. On hoche la tête et on avale sa pilule en se concentrant sur l'orchestre, et sûrement pas sur Shagrath, qu'on n'écoute même plus.

Le verdict

Je douterais fort que DIMMU BORGIR fasse mieux à l'avenir, car avec les moyens pris par le groupe sur "Abrahadabra", et surtout le temps écoulé depuis son précédent opus, seulement un miracle pourra lui permettre de surpasser cette grosse partouze symphonique. Disons seulement que la « Roue du Temps » (merci BG) tourne au ralenti pour les métalleux norvégiens les plus « riches ». "Abrahadabra" est un « bon » album, divertissant, mais parfois, il faut passer outre le clinquant et analyser le noyau du fruit mûr, les tripes de la bête, pour savoir réellement ce qu'on tient entre les mains. Pour renâcler le cancer avant que la gangrène s'empare des membres morts.

Et qu'est-ce qu'on a du coup ? Un groupe Black, devenu Black Sympho, métamorphosé en une grosse machine Metal Symphonique à gros bras. DIMMU a avalé DIMMU. C'est pas plus compliqué que ça. Et non, ce n'est pas de l'évolution avec un grand « É », c'est du laisser-aller avec un grand « L ».

Et ce constat final bat n'importe quelle note ou « appréciation chiffrée » : DIMMU BORGIR a plafonné.

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Par BIONIC2802, MEFISTO, VOLTHORD




 
   MEFISTO

 
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- Shagrath (chant, synthé)
- Silenoz (guitare)
- Galder (guitare)
- Daray (batterie)
- Snowy Shaw (basse, chant)


1. Xibir
2. Born Treacherous
3. Gateways
4. Chess With The Abyss
5. Dimmu Borgir
6. Ritualist
7. The Demiurge Molecule
8. A Jewel Traced Through Coal
9. Renewal
10. Endings And Continuations
11. #différents Bonus Selon Les Versions#
12. Gateways (instrumentale)
13. The Demiurge Molecule (instrumentale)
14. Dimmu Borgir (instrumentale)
15. Perfect Strangers (cover De Deep Purple)
16. D.m.d.r. (dead Men Don't Rape)(cover De Ggfh)



             



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