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DIMMU BORGIR - Forces Of The Northern Night (2017)
Par PERE FRANSOUA le 18 Septembre 2017          Consultée 508 fois

Même quand on aime le cinéma d'auteur, exigeant, riche, alternatif, avant-gardiste ou expérimental, on a le droit de kiffer comme un gros simplet en se mattant un bon gros blockbuster.
DIMMU BORGIR est le blockbuster du Black Metal. Un Blackbuster. Les Norvégiens ont travaillé dur pour en arriver là et faire de leur musique, à l'origine confidentielle, une énorme machine à succès.
On ne reviendra pas sur l'éternel débat stérile entre Trves et vendus, comme quoi le Black Metal n'aurait pas dû quitter la nuit des garages où il a été forgé ("comme un obus artisanal..", vous connaissez la suite). Peu importe ce qu'on en pense, la réalité est là : DIMMU BORGIR existe, et il faut faire avec. Reconnaissons d'emblée que ces mecs-là savent en mettre plein les mirettes et que personne dans le milieu du Metal extrême, pas même les géants de BEHEMOTH, n'ont les reins assez solides ni la prétention suffisante pour mettre sur pied des concerts de la dimension de ceux proposés sur ce double Live.
DIMMU BORGIR est une entreprise archi pro qui s'est permise de monter un show impliquant d'immenses orchestres de renommée mondiale, foultitude de choristes et pléthore de techniciens. Comme si cela n'était pas assez périlleux, le show d'Oslo a été filmé et retransmit en direct à la TV norvégienne et celui du Wacken fut un pari fou de transposer un spectacle de cette ampleur dans le cadre tumultueux d'un festival.

Reconnaissons également que DIMMU BORGIR sait combler ses fans avec des sorties luxueuses et bien garnies. Dans la lignée du coffret triple DVD "The Invaluable Darkness" cette nouvelle offrande, qui se décline dans tout un tas de versions, peut s'acquérir dans une bien belle édition digibook (celle en ma possession) composée de deux Blu-Ray, deux DVD, quatre CD et moult photos, tout cela permettant de savourer au mieux les deux concerts.
Ça fait beaucoup de matière à chroniquer et malgré une vraie envie d'être concis je m'excuse par avance de la longueur de la chro. Lecteur, prend des pauses et ressers-toi du Coca Zero. Avec caféine. Mais pas de sucre. Jamais de sucre.

Ces deux concerts ne sont clairement pas logés à la même enseigne. Tandis que le concert d'Oslo, intitulé "Forces Of The Northern Night", reçoit tous les égards, production dantesque, documentaire (intéressant mais trop court), grosses photos (certes pas très bonnes) et crédits complets dans le digibook, celui du Wacken, intitulé "Northern Forces Over Wacken", semble cantonné au rôle de bonus. On s'attend donc à une différence d'importance et de qualité considérable. La suite nous prouvera que non ("Gare au gorille...")
Le concert donné le 28 mai 2011 à l'Oslo Spektrum met les petits plats dans les grands avec une immense scène toute en longueur divisée en trois, le groupe au centre, à droite la chorale du Schola Cantorum composée de 30 chanteurs et chanteuses encapuchonnés et à gauche les cinquante-trois musiciens du célébrissime Norwegian Radio Orchestra, Kringkastingsorkestret (KORK) de son vrai nom, qui fait la fierté de la Norvège et que le monde s'arrache. Ce soir-là on l'impression que ce sont eux les stars.
Mais le poids énorme de l'événement, jouer avec le KORK avec une retransmission en direct sur la NRK, a certainement contribué à rendre ce show trop propre et trop coincé. Peur de la fausse note, complexité logistique, défaut lié à une première, peu importe, le résultat final est nickel, trop nickel, et manque de vie, stérilisé par une volonté de trop bien faire. Cela nous saute aux yeux dès que l'on insère le second Blu-Ray.
Le concert donné au Wacken avec l'orchestre national de République Tchèque, toujours accompagné du Schola Cantorum, est d'une autre trempe. Même setlist, même changements de costumes inutiles, mais une vraie envie d'envoyer du lourd. DIMMU BORGIR sort un peu plus les dents et joue enfin comme un vrai groupe. Même les musiciens de l'orchestre semblent prendre leur pied (on en voit certains qui headbanguent le sourire aux lèvres, d'autres se sont même barbouillés la tronche façon corpse paint). Et si petits défauts il y a, ce sera peu cher payé pour entendre enfin de la vraie musique vivante. Ajoutons à cela le cadre exceptionnel du Wacken avec son immense parterre de fans et la tombée progressive de la nuit (le show commence en pleine lumière du jour pour finir dans la nuit) qui donne une dimension sublime qu'aucun lightshow de salle fermée ne pourra avoir.

Plus vivant et plus percutant, le show du Wacken éclate donc celui d'Oslo. Cela est d'autant plus criant lorsque l'on passe aux versions purement audio. Le son sur les Blu-Ray est plutôt impressionnant et bien équilibré mais sur CD la différence de mixage est considérable. Le show d'Oslo met clairement en avant la partie symphonique et la voix de Shagrath. Les guitares sont souvent trop en retrait, seuls certains leads se font plus audibles, les rythmiques se noyant dans la purée de pois que la batterie brasse en pataugeant dedans. Ai-je exagéré dans cette dernière phrase ? À peine. Au contraire la batterie fait sa loi dans le mix sonore du Wacken et préserve un équilibre qu'on sait précaire mais qui tient la route entre les tonnes de pistes. La prestation de l'orchestre prend une place moins énorme et du coup s'intègre mieux à l'ensemble.

L'intérêt d'avoir de vrais orchestres et chœurs en concert n'a pas besoin de se justifier. Les riches orchestrations de Mustis prennent évidemment une ampleur indiscutable ("The Serpentine Offering" devient encore plus impressionnant, folie de cuivres emphatiques et mer de cordes cinématographiques). Autrement dit ça en jette un max. On sent moins la différence sur les nombreux titres issus de "Abrahadabra" qui occupent toute la première moitié des deux concerts, l'album ayant été enregistré avec le KORK, le passage au live leur donnant simplement un peu plus d'envergure. En comparaison c'est la partie Metal qui ne tient pas toujours la route. La partition est jouée bien comme il faut, sans folie ni surprise. Elle sera simplement jouée avec plus de patate et de feeling au Wacken.
Contrairement à SATYRICON qui avait eu l'audace d'apporter quelque chose de nouveau en incluant le Den Norske Opera & Ballett Operakoret à son concert, offrant des versions transfigurées de ces titres, l'apport des orchestres et chœurs chez DIMMU BORGIR servira principalement à jouer en vrai leurs morceaux en restant le plus fidèle possible aux disques. Seul "Mourning Palace", qui conclut les concerts, se voit offrir un lifting mérité, ses claviers kitsch mais cultes se voyant enfin sublimés par le truchement de l'orchestre.
Afin d'exploiter au maximum la chance d'avoir des orchestres de cette trempe sur scène on nous offrira plusieurs morceaux purement orchestraux (ceux qui ouvrent les albums), offrant des respirations au show et prouvant qu'on peut faire jouer de la musique classique en plein festoche de gros Metal. Par contre je trouve redondant de faire jouer la version uniquement orchestrale de "Dimmu Borgir" avant sa version normale.

La setlist met d'ailleurs clairement "Abrahadabra" à l'honneur. Ses titres occupent toute la première moitié des shows. C'est cohérent et ça passe bien, les titres sont solides et ont bien passé l'épreuve du temps (variés et catchy, ils ne m'ont jamais filé la nausée). Contre l'avis général j'affirme bien haut que décidément j'aime bien cet album. "Ritualist" ou "A Jewel Traced Through Coal" font bien plaisir et ne font pas tâche à côté du tubesque "Gateways", enrichi des prestations par deux fois parfaites de Agnete Kjølsrud (DJERV).
Le groupe enchaîne ensuite ses plus grands hits. Seul le choix de "Vredesbyrd" m'a surpris. Ce titre correct mais inégal aurait dû être remplacé par un extrait de "Spiritual Black Dimensions" (au hasard "Reptile" ou "The Insight And The Catharsis"), album essentiel injustement absent du set-list.

Visuellement parlant, y a-t-il un grand intérêt à voir DIMMU performer en vie ? On le sait, dans le genre ils ne sont pas les plus ébouriffants. Ils n'ont jamais su faire peur, convertir la scène en messe possédée ou éclater son public façon RAMMSTEIN ou KISS. Ils ont jadis fait preuve d'une belle énergie mais ce temps est révolu. En notables fatigués ils jouent tranquilou sans se tordre le coup. Shagrath fait reposer son jeu de scène sur ses restes de charisme tranquille, ses gestes sont lents et posés tel un empereur rouillé, il a passé l'âge de secouer trop la tête. Sa performance vocale est correcte mais n'a plus l'âpreté d'avant. Là encore la prestation du Wacken est meilleure, plus énergique et investie. Silenoz, son éternel complice, est encore plus statique, appliqué qu'il est à jouer au mieux ses parties de guitares basiques. Seul Galder est sympa à regarder, jouant avec entrain et énergie (en plus c'est lui qui s'occupe des meilleures parties, tremoli, lead, soli, etc.).
La mise en scène n'est pas spécialement spectaculaire non plus. Le show d'Oslo se dote de grands rideaux translucides et imprimés qui cachent tantôt l'orchestre tantôt le groupe. Non vraiment le seul intérêt est de voir œuvrer ensemble Metal Extrême et musique symphonique, tatoués grimés et concertistes haut de gamme.
Filmé avec moult caméras HD le show d'Oslo est un produit de qualité. On n'adhérera pas forcément au choix des images qui bloque trop sur le frontman mais il y a suffisamment de choses à voir pour ne pas s'ennuyer. Là encore je trouve le spectacle au Wacken plus appréciable, les images plus variées avec ce côté un peu brut des captations sur le vif en festival (qui des fois filme n'imp.)

Je finirai avec deux mots : Simen Hestnæs. Dit ICS Vortex, ou le grand absent de ce double Live. Je ne suis pas fan de tout ce qu'il a fait mais ses passages vocaux ont toujours été pour moi un des principaux intérêts de DIMMU BORGIR. Et je ne vous parle même pas de sa présence scénique et son jeu au doigts sur sa basse BC Rich Warlock. Si on y pense pas durant la première partie uniquement composée de titres écrits après son éviction houleuse, son absence se fait cruellement sentir lorsque le groupe enchaîne ses hits et crée un vide si grand que même tout un chœur ne peut combler. On y peut rien.

Des années d'attente entre l'annonce de la réalisation de ces Lives et la sortie effective auront fait grossir les attentes et banaliser les versions en ligne sur YouTube depuis longtemps. Le résultat final est à l'image de ce qu'est DIMMU BORGIR : professionnel et pompeux, nickel mais sans surprise. Le Blackbuster nous divertit agréablement sans nous scotcher, le spectaculaire restant finalement très sobre. Un produit idéal pour se faire un petit plaisir du dimanche, accompagné de bière et de chips. Je le regarde assez souvent avec plaisir, c'est vrai j'avoue, de la même façon que je peux me mettre un gros film de super héros, par exemple "Batman vs Superman - Dawn Of Justice", régulièrement, en fond, tout en me roulant par terre avec mes enfants.

L'écrin dans lequel l’œuvre consistante est offerte est luxueux et un peu bling-bling, DIMMU ayant toujours aimé les artworks bien chargés à base d'images fondues sur Photoshop.
On en a pour son argent, c'est sûr, c'est déjà ça. Pour le grand frisson on sait de toute façon que ça se passe ailleurs.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Shagrath (vocaux)
- Silenoz (guitare rythmique)
- Galder (guitare lead)
- Daray (batterie)
- Cyrus (basse)
- Gerlioz (claviers)
- Norwegian Radio Orchestra & Schola Canto ('forces of the northern night')
- Czech National Orchestra & Schola Cantor (northern forces over wacken)



1. Xibir (orchestra)
2. Born Treacherous
3. Gateways
4. Dimmu Borgir (orchestra)
5. Dimmu Borgir
6. Chess With The Abyss
7. Ritualist
8. A Jewel Traced Through Coal
9. Eradication Instincts Defined (orchestra)

1. Vredesbyrd
2. Progenies Of The Great Apocalypse
3. The Serpentine Offering
4. Fear And Wonder (orchestra)
5. Kings Of The Carnival Creation
6. Puritania
7. Mourning Palace
8. Perfection Or Vanity (orchestra)



             



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