Recherche avancée       Liste groupes



      
TECHNO-THRASH  |  STUDIO

Commentaires (2)
Lexique thrash metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Membre : Headhunter, Luca Turilli's Rhapsody , 21 Octayne

MEKONG DELTA - Lurking Fear (2007)
Par CANARD WC le 27 Octobre 2007          Consultée 4398 fois

On lit un peu partout que c’est le grand retour de MEKONG DELTA. Cette assertion est partiellement vraie dans la mesure où il n’y a que Ralph Hubert (le bassiste) qui remet les couverts. Vous allez me dire que je suis un rabat-joie, que ça reste une bonne nouvelle et que de toute façon Ralph Hubert a toujours été la tête pensante du groupe et blabla et blabla.

Après 10 ans d’absence, l’ami Ralph – seul aux commandes - a recruté une petite équipe sympathique et suffisamment doué pour suivre techniquement ses délires symphonico-thrash. Globalement, la nouvelle « team » tient la route. Deux bémols : Uli Kusch n’est pas Jorg Michael et le choix du chanteur est à mon sens catastrophique. Pourtant, il était difficile de faire pire que Keil et Doug. Mais bon, il doit être écrit quelque part dans un grand livre cosmique que jamais MEKONG DELTA et un bon chanteur rimeront. C’était l’occasion de recruter un vrai chanteur, tenter un nouveau registre ... Le recruté qui sévit – Leo Spitzeil – opère dans un registre Heavy option « petits cris dans les aigus ». Il fait ce qu’il peut – c’est-à-dire pas grand-chose - avec des lignes de chant qui sont loin d’être une partie de plaisir. A ce tarif-là, autant prendre un bon braillard. Je dis ça, je dis rien.

Bref, ce nouveau line-up a le double défaut de trimballer les carences de l’ancienne formation, tout en apparaissant en déça sur certains points.

Pourtant, ce side-project de l’ami Ralph est conforme à l’idée qu’on peut se faire de MEKONG DELTA. Ce qui constitue en soi un certain tour de force. Lurking Fear reprend le sillon creusé par le groupe fin des années 80. Soit un Thrash technique, alambiqué, incisif, crépitant et d’une précision chirurgicale. La musique du groupe est à ce titre toujours sur la corde raide entre envolées lyriques grandioses et mauvais Thrash à tendance progueuse. Le dosage de ce Metal est à la fois délicat et explosif, risqué mais unique.

Puisqu’on évoque l’immobilisme artistique du groupe … En terme d’influences, ça ne bouge pas trop non plus. L’amour de Ralph pour la musique classique russe du XIXème siècle ne s’est pas tari. Au programme, 3 adaptations de pièces classiques de Schostakowitsch (un compositeur russe pote à Prokofiev). Ces influences restent toutefois secondaires sur ce nouvel album. Lurking Fear se veut plus Thrash que Symphonique pour un résultat « hors du temps », fou, intense et déroutant. Histoire de brouiller un peu plus les pistes, MEKONG DELTA continue son partenariat avec Lovecraft*, donnant à l’ensemble des allures de concept-album à la noix.

Comme de bien entendu avec MEKONG DELTA, ça fourmille d’idées, c’est passionnant, c’est différent. L’album est à l’image de ce « Moderato » complètement dingue : on part d’une trame classique avec orchestre et tout le saint-frusquin, pour bâtir un Thrash furieux qui finit par s’articuler sur l’air de (attention tenez-vous bien) : La Marche Impériale ! Oui, le même air que dans STAR WARS. Oui, de John WILLIAMS.

Tintintin tintin nin tintintin tin ninnin



Malgré le foisonnement affiché et l’improbabilité du résultat, les amateurs du groupe ne retrouveront dans ce Lurking Fear qu’un album assez convenu. MEKONG DELTA avance sur un terrain connu, sans briller. Il est donc un peu tôt pour placarder cet opus de « grand » retour de MEKONG DELTA. C’est même assez décevant. En effet, on ne peut pas dire qu’entre-temps le groupe ait vraiment progressé : beaucoup de déchets, des titres bancals, un Metal naturellement indigeste et toujours cet effort d’attention demandé pour la moindre parcelle de microseconde. On est très loin du niveau affiché sur des albums comme The Music Of Eric Zann ou Dances Of Death.

MEKONG DELTA s’est raccroché aux branches pour nous pondre un album attendu et n’a pas hésité à réutiliser le même type d’influences pour un résultat toujours aussi unique, terrifiant mais perfectible. Même la production faiblarde est de la partie. C’est dire.

Forcément avec ce « package », certains titres se hissent vers le haut, quelques riffs fous et une poignée d’envolées technico-artistiques s’avèrent inoubliables (Cf. « Defenders Of The Faith »). Face à la concurrence actuelle (sachant qu’on est davantage dans le concours du « moins médiocres » que dans le tournoi des virtuoses), Lurking Fear arrive évidemment à tirer son épingle du jeu. D’où le paradoxe suivant : MEKONG DELTA brille avec un album moyen.

Quand on meurt de faim, je suppose que même un Big Mac est délicieux, non ?

Note : un indulgent 3/5

Morceau préféré : « Defenders Of The Faith, « Allegro »
Beurk : « Rules Of Corruption, « Ratters »

(* The Lurking Fear : en français « La peur qui rôde » est une nouvelle de HP LOVECRAFT datant de 1922. Vous pourrez la trouver dans le mini recueil (100 pages quoi) du même nom en version Folio (2€) contenant 3 nouvelles : « La peur qui rôde », « La maison maudite » et « La tourbière hantée »).

A lire aussi en THRASH METAL par CANARD WC :


OVERKILL
Wrecking Your Neck Live (1995)
Zéro défaut, overkill maouss kosto !!!




LICH KING
The Omniclasm (2017)
Super Thrash hxc déboulatoire et jouissif.


Marquez et partagez




 
   CANARD WC

 
  N/A



- Leo Szpigiel (vocals)
- Peter Lake (guitars)
- Ralph Hubert (bass)
- Uli Kusch (drums)


1. Society In Dissolution
2. Purification
3. Immortal Hate(accepting Prayers Of Supremacy)
4. Allegro Furioso
5. Rules Of Corruption
6. Ratters (among The Dead)
7. Moderato
8. Defenders Of The Faith
9. Symphony Of Agony
10. Allegro



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod