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METAL SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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EPICA - The Divine Conspiracy (2007)
Par BAST le 3 Septembre 2007          Consultée 11440 fois
Au-delà de leurs appétences pour les orchestrations tous azimuts, EPICA et KAMELOT ont ceci en commun que le premier a déroulé son patronyme depuis le nom de l’un des albums les plus brillants du second. En ce qui me concerne, KAMELOT et EPICA ont ceci en commun de me procurer un embarras identique en cette année 2007 à l’écoute de leur dernière production. Quelques effleurements de « The Divine Conspiracy », puis quelques autres moins pudibonds et le constat s’avère embarrassant. Il se serait agi de l’album d’un parfait inconnu, je lui aurais rapidement reconnu les qualités d’un produit émérite puis lui aurais consacré une chronique engageante. Par contre, parce que le nom accolé à ce texte n’est rien moins que celui d’une formation ayant accouché d’un petit bijou, « Phantom Agony », merveilleuse intromission dans l’univers du metal à chanteuse, puis d’un successeur presque aussi attrayant, « Consign To Oblivion », la conclusion en terme d’étoiles cristallise autant l’amertume que le contentement.

Il faut dire que « The Divine Conspiracy » ne débute pas de la meilleure des manières. Passons sur l’intro symphonique, en conformité avec ce que l’on peut attendre d’une intro symphonique, ni plus ni moins. Inutile de lui incriminer quoi que ce soit, donc. Par contre, « The Obsessive Devotion » puis « Menace of Vanity » dépitent immédiatement, comme l’illustration parfaite d’une formation qui a confondu « sonner plus heavy » et « sacrifier au heavy la bouchée de pomme fatale ». Oui, la grosse évolution annoncée par Mark et sa bande concernait bien cette aspect heavy raffermi. A l’instar de nombreuses formations symphoniques, EPICA a donc cédé puis entériné sa décision de conférer à la section metal une abrasivité ballonnée. C’est souvent ainsi, on finira bien par s’y faire : un groupe aux accointances orchestrales prononcées extériorisera un jour ou l’autre son désir de puiser à la source du heavy, pas le choix. Et pour EPICA, c’est tombé sur « The Divine Conspiracy ». Une façon de se doter de quelques rondeurs musculeuses pour mieux riposter aux allégations sur la virilité incertaines des formations à chanteuse ? Un constat sur le manque flagrant de moyens mis à disposition à ces dernières pour mettre en forme le renouveau imposé par le temps ? Ou alors plus simplement un moyen de faciliter le jeu de scène, évidemment davantage favorable aux instruments électriques qu’à l’orchestre philarmonique de Tombouctou ? Pour ma part, au regard du succès rencontré par EPICA sur les planches aux émanations sudorales, j’opte pour les deux premières assertions.

Mais revenons à nos compositions susnommés. Diluons même l’accusation puisqu’elles ne sont pas les seules à endurer le couperet, quoique les autres disposent d’une pincée de circonstances atténuantes. A vouloir se rapprocher des standards, EPICA accouche ici de chansonnettes. Il y a bien quelques éléments réussis (le refrain agréable de « The Obsessive Devotion » ou les chœurs tonitruants de « Menace Of Vanity »), mais leur isolement échoue à rectifier une dynamique grippée. Mélodies béguetant (le thème principal de « The Obssessive Devotion » s’avère rapidement nauséeux dans ses répétitions insistantes), structures épurées et calibrées, écriture proprette, on reconnait difficilement l’EPICA baroque ou complexe du premier jet. Ils ne sont pas les seuls, disais-je. Les complices rôdent d’ailleurs en bande organisée, sur la première moitié de l’opus. « Never Enough », composé par le bassiste Yves Huts, ne vaut que pour son refrain. Il a vraisemblablement été conçu dans cette optique, en sa position de single. On sollicitera donc l’indulgence, pourquoi pas. « Chasing the Dragon » repose quant à lui intégralement sur la douceur organique de Simone qui se voit épaulée par quelques cordes joliment larmoyantes. On y croit, régulièrement même, quoique l’on tique face à ce chagrin intentionnellement autant que gauchement appuyé. Enfin, « Death Of A Dream », résurgences filandreuses d’un mauvais rêve de THERION avec ces chœurs psalmodiés à l’intuition, ne reçoit pas une condamnation identique, car l’EPICA besogneux surgit par endroits (lignes de chant entrainantes, guitares bien en place) pour un résultat tout juste passable.

Avec un début aussi peu aguicheur, EPICA est longtemps resté sur le carreau. Les premiers titres sont si importants pour appréhender une œuvre. L’obstination offre pourtant une récompense salvatrice. Car à compter de « Living A lie », la tournure adopte une intention radicalement différente. Si la première partie de l’album sombre dans un sophisme musical nauséabond, la seconde remet EPICA à sa place. « Living a Lie » débute moyennement puis s’émancipe de ses prédécesseurs pour proposer une montée en puissance imposante et des idées alléchantes, au premier rang desquels des mélodies (enfin) libérées ou une ambiance aux inflexions baroques charriées par un reflux auquel on ne croyait plus. La suite renforcera ces prémices d’espoir avec une utilisation grandissante de thèmes orientaux. On touche au pinacle avec « Fools of Damnation », agencement de doom et de death commerçant avec l’arabisant où le pont sympho dynamique de toute beauté fait office de point d’orgue. « Beyonf Belief », seconde ballade de l’œuvre après « Chasing The Dragon » évite le piège du tout pleurnichard. Simone n’agace plus, elle émeut. « Sancta Terre » met une fois de plus l’orchestre dans une position idéale et délaye des mélodies magnifiques, les modulations médiévales apportant leur touche de fascination. Enfin, « The Divine Conspiracy » dévoile tous les atouts d’EPICA et parcourt son répertoire en 13 minutes fortifiantes, analeptiques. On y retrouve d’ailleurs l’influence Hans Zimmer qui imprégnait quelques compositions du premier ouvrage des néerlandais. Si l’album s’était avéré aussi convaincant que cette seconde moitié, EPICA aurait botté le cul de ses concurrents, y compris AFTER FOREVER auteur d’un dernier album pourtant détonnant. Ca ne sera donc pas le cas. La faute à cette envie, ce foutu serment, de conférer au heavy un temps d’expression plus conséquent et malheureusement trop peu assuré. Pourtant, sur « Beyond Belief », EPICA démontre qu’il a su dénicher les moyens de renforcer la rugosité de la section heavy sans sombrer dans la désinvolture.

Mis à part ce fameux aspect heavy maladroitement combiné, EPICA réserve trois évolutions. Extra-musicales, seulement. Simone démontre sur la pochette, Photoshop aidant, que son ramage se rapporte à son plumage. On n’en attendait pas tant. La nudité affichée timidement représenterait l’appareil primitif de la naissance. Et Simone n’est pas peu fière d’annoncer sa position de première chanteuse à opérer un tombé de vêtements sur une pochette. L’autre se rapporte au concept puisque les néerlandais brodent autour d’une thématique commune pour la toute première fois. Le choix s’est porté sur l’illustration de la lutte contre les inégalités. Une lutte aux dominances religieuses, avec dans le rôle convoité de Dieu : Dieu. Enfin, le troisième virement de cap se rapporte aux mélodies arabisantes, très en vogue sur « The Divine Conspiracy ». Et avec bonheur sur « Living A lie », par exemple. Un petit mot sur la production, histoire de compléter la quadrature de ce tour d’horizon. Les menottes de Sascha Paeth n’ont pas perdu leur agilité. Et les moyens mis sur la table de mixage par Nuclear Blast leur ont insufflé la frénésie des grands jours. Comme KAMELOT, tiens…

Sur « The Divine Conspiracy », englué dans une poignée de titres vides de sens, EPICA s’écarte de l’excellence. Mais il ne faut pas s’y tromper, car des morceaux comme « Beyond Belief » ou « The Divine Conspiracy » clouent nombre de concurrents sur place. EPICA s’est quand même moyennement planté. Parce que cette volonté de racler sa musique pour en faire ressortir des aspérités plus conformes et séduisantes est passée par une simplification honteuse, irréfléchie. La conclusion se doit donc d’écorner sensiblement un orchestre jusque là irréprochable. « The Divine Conspiracy », sous des intentions d’absolu ne récolte qu’un demi-bouquet de lauriers, concédé de justesse lors du sprint final. Trente minutes de contingences pesantes, vingt d’affermissement rassurant puis vingt autres de louanges exacerbés. L’enchaînement biscornu laisse place à une conclusion mesurée. Un album absolument pas évident. Et une note à l’avenant : chancelante, incertaine, déficiente... Mais bonne.




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   (4 chroniques)



- Simone Simons (chant)
- Mark Jansen (guitare, chant)
- Ad Sluijter (guitare)
- Coen Janssen (clavier)
- Yves Huts (basse)


1. Indigo (prologue)
2. The Obsessive Devotion
3. Menace Of Vanity
4. Chasing The Dragon
5. Never Enough
6. La‘petach Chatat Rovetz (the Final Embrace)
7. Death Of A Dream (the Embrace That Smothers Part V
8. Living A Lie (the Embrace That Smothers - Part Vii
9. Fools Of Damnation (the Embrace That Smothers - Pa
10. Beyond Belief
11. Safeguard To Paradise
12. Sancta Terra
13. The Divine Conspiracy



             



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