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METAL SYMPHONIQUE  |  OEUVRE

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EPICA - Omega Alive (2021)
Par JEFF KANJI le 7 Février 2022          Consultée 2306 fois

Assurer sa subsistance dans une période où on vous prive de vos sources de revenus est le pire cauchemar des musiciens professionnels depuis bientôt deux ans. Alors que le monde occidental désertait les rues, les cinémas et les salles de concert, les services de VOD ont connu une nette expansion. Si les concerts en live depuis des plateformes comme Discord, Twitch ou YouTube existaient déjà bien avant le Covid-19, des évènements réguliers de la part de groupes établis n'avaient pas encore connu de percée commerciale, hormis via le système de mécénat de type Patreon qu'ils sont de plus en plus nombreux à utiliser.

Ainsi en 2021, nous avons vu fleurir dans nos newsletters, nos recommandations et nos agendas, les sorties de Lives, presque rendues nécessaires pour revivre par procuration cette rencontre entre un artiste que l'on aime et son public. Et si certaines étaient bienvenues pour combler une discographie live assez chiche (c'est le cas d'EVERGREY) ou plus documentée depuis longtemps (GAMMA RAY), la plupart de ces sorties se sont heurtées à l'absence partielle ou totale de public ; en effet, peu ont réussi à passer outre cette connexion indispensable entre les deux parties, et n'ont de fait proposé à peu de choses près que des prestations bien filmées, même si elles ont leurs qualités. L'un des rares à avoir tenté d'en profiter pour travailler davantage son ambiance est EMPEROR, dont la fin de concert retranscrivait le glacial de la Norvège Black Metal des nineties (non sans avoir accueilli Mortiis et Faust pour l'occasion).

Mais ce qui me fait porter "Omega Alive" en très haute estime, c'est la force de travail, l'intelligence et la vision des Hollandais d'EPICA. Le sextette mené par Mark Jansen a parfaitement compris à quel point il était vain d'essayer de reproduire l'expérience du concert. Et il est également le seul qui a su faire de ce contexte une véritable opportunité. Puis-je parler d'un album live ? De la même manière que l'antique "We Will Take You With Us" n'en était pas un, tout en proposant un espace où tous les musiciens jouent ensemble, "Omega Alive" propose pour la première fois à mon sens quelque chose de réellement novateur : il transforme la performance de titres Metal Symphonique en évènement visuel et sonore, comme un clip live géant d'une heure quarante !

Sachant que les contraintes habituelles d'un concert n'existaient pas, EPICA a décidé de mettre sur pied un set de titres récents (seuls trois sont antérieurs à 2014) scénarisés de manière à présenter les différents chapitres d'une expérience visuelle et sonore dont j'ai du mal à me remettre, empreint d'un sentiment d'admiration dont j'ai du mal à me défaire, devant le travail titanesque que la production et la réalisation de "Omega Alive" représentent. Débarrassé des inconvénients du live, et jouissant des avantages de la vidéo (la réalisation de Jens De Vos est superbe), EPICA a choisi d'utiliser les artefacts de la scène de manière baroque et démesurée.

Mais le résultat est là ! Les pieds de micro changent, les avancées scéniques aussi, le design de la scène est modifié plusieurs fois, la mobilité des musiciens optimisée (hormis pour Ariën Van Weesenbeek, qui sera juste mis en avant pour donner le coup de gong final de "Kingdom Of Heaven"), y compris pour Coen Janssen, qui entre piano à queue, clavier pivotant monté sur rail qui peut ainsi se déplacer à son gré de cour à jardin, sans compter les flammes pendant qu'il joue du piano droit sur l'interlude de "Kingdom Of Heaven Part 3" (procédé que l'on avait déjà observé chez RAMMSTEIN par le passé), il est le claviériste le plus mobile qu'on ait vu sur scène (à l'exception des adeptes du keytar bien sûr). Simone change plusieurs fois de tenue, passe par les fusées éclairantes, un micro typé années 50 qui descend du plafond, ou interprète brillamment "Rivers" avec un chœur a cappella.

Du côté de la mise en scène, chaque tableau a ses propres décors, ses propres dynamiques, et les deux guitaristes sont particulièrement mis en valeur, avec un Mark tout sourire, et conquérant derrière le micro (le choix de lui faire prendre une position centrale pour le moment où c'est véritablement lui qui mène les débats est encore une fois excellente), et Isaac Delahaye est absolument remarquable (lui aussi a son moment en centre de scène sur "Kingdom Of Heaven" où il montre son brio à la guitare acoustique), et montre quel soliste il fait. Même s'il a un rôle a priori moins destiné aux avant-postes, Rob Van Der Loo affiche sa classe avec son ample chevelure au diapason de sa très belle basse Gibson. Je ne peux m'empêcher de remarquer encore un certain manque de souplesse dans le jeu de scène de Simone (même si c'est pas dans les mêmes extrêmes que Tarja), mais honnêtement c'est secondaire.

Il ne serait pas rendu justice non plus de ne pas révérer "Omega Alive" pour son esthétique ultra soignée qu'il associe autant que possible avec les autres arts du spectacle vivant. Danseuses derrière la batterie, acrobates autour du symbole infini suspendu en avant-scène, bolas, chœur d'adultes et chorale d'enfants, arrangements musicaux ("Once Upon A Nightmare"), il y a vraiment tout pour faire de cette sortie un spectacle visuel saisissant. Quand ils sont presque tous en scène au moment de conclure sur "Ωmega – Sovereign Of The Sun Spheres" l'ambiance est clairement à la fête, après le tube "Beyond The Matrix" nouveau classique indiscutable des Hollandais.

"Omega Alive" se pose en successeur et complément parfait du gargantuesque "Retrospect" qui avait déjà mis la barre très haut, en adoptant une approche radicalement différente (qui guide aussi les choix de setlist, tournés vers le répertoire le plus récent, et guidé par l'impossibilité de défendre "Ωmega" sur les routes). Qu'on le rappelle à qui veut l'entendre, les EPICA font partie de cette caste de travailleurs acharnés (il suffit de consulter les crédits pour constater dans combien de domaines différents les membres du groupe, et notamment Coen Janssen, sont partie prenante), et "Omega Alive" en est une démonstration éclatante, supplantant largement le très différent "Nightwish In A Virtual World" qui sonnait plus chaleureux mais était beaucoup plus cheap également. Ici, peu importe les titres, l'expérience visuelle est totale, immersive et addictive. EPICA a compris que rien ne remplace un concert, mais vient aussi sans doute de se faire le précurseur d'un tout nouveau type d'expérience dans lequel il a mis tout son engagement.

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   JEFF KANJI

 
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- Simone Simons (chant)
- Mark Jansen (guitare, grunts)
- Isaac Delahaye (guitare, grunts)
- Coen Janssen (claviers)
- Rob Van Der Loo (basse)
- Ariën Van Weesenbeek (batterie)
- -
- Danseurs Ballet
- Acrobates
- Chœur D'enfants
- Feu Et Bolas
- Acteurs Masqués
- Pa'dam Chamber Choir
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