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NEO-TRASH METAL  |  STUDIO

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- Membre : Sully Erna

GODSMACK - Faceless (2003)
Par ALANKAZAME le 18 Août 2006          Consultée 4669 fois

Parmi les vétérans du neo metal, on compte Korn, Deftones, Limp Bizkit, Slipknot et donc Godsmack. Si le premier de ces 5 larrons a succombé depuis peu à la dimension commerciale que la Warner a su donner à sa musique, obtenant un succès grandissant avec des albums hélas de moins en moins bons, Limp Bizkit et Slipknot ont toujours contribué à détériorer l'image de ce mouvement musical récent à grand renfort de compos simplistes et de comportements pseudo rebelles plus que douteux. Fort heureusement, Deftones et Godsmack, qui sont de loin les plus talentueux et les plus originaux, ont toujours su conserver leur succès à un stade strictement underground, et n'ont jamais eu l'occasion de sombrer dans la banalité comme l'ont fait des groupes comme Korn ou POD...

Alors voilà, Godsmack, son neo metal riche en surprises et en rebondissements, son chanteur particulièrement talentueux, ses soli de guitare et sa carrière assez bordélique (notamment niveau line up et discographie) revient en cette année 2003 avec Faceless. Après tant d'années d'absence, nous étions en droit de nous attendre à une véritable bombe qui bouleverserait une fois de plus le petit monde du neo metal... Hélas, même si le résultat est fort convaincant, il faudra repasser pour cela...
Ce troisième album commence pourtant sur les chapeaux de roues avec l'excellent titre Straight Out Of Line, après une intro pseudo militariste à grands renforts d'hélicoptères et de coups de feu, on se retrouve rapidement en terrain connu : un son énorme, un jeu de batterie riche et coloré, une voix puissante et mélodique, douce sur les couplets, agressive sur les refrains (un chant proche de celui de Jonathan Davis, avec cette fois-ci un timbre nettement plus plaisant), et un petit soli qui contribue grandement à apporter un peu de variété à ce titre strictement neo à la construction pourtant assez simpliste (refrain/couplet/refrain/couplet etc...), et ça marche, encore et toujours ! Godsmack ne va pas s'arrêter après un si bon début : le second titre, Faceless, est presque plus intéressant d'un point de vue technique, avec sa guitare proche de celle du grand Tom Morello (RATM, Audioslave), et une assez grande variété des registres vocaux sur les couplets. Un refrain en béton et une musique âpre et assez crue qui ne s'arrêtent jamais renforcent l'atmosphère sombre et saturée de cette musique relativement torturée, pourtant encore une fois agrémentée d'un superbe solo et de refrains très aériens, qui ne tombent jamais dans la petite mélodie popisante à la Ill Niño... Changes joue plus la carte de la variété, avec des sonorités moins prévisibles, et des rythmiques moins saturées. Bien qu'un peu moins entraînant que ses deux prédécesseurs, ce titre maintient le rythme et garde son auditeur en haleine : refrains imparables et solo de gratte, comme d'hab', avec même une petite touche orientale de par la présence de guitare acoustique.

Ca semblait bien parti, mais hélas Godsmack chute sur les deux titres qui suivent ses trois tubes en puissance. Et oui, Make Me Believe et I Stand Alone, avec leurs compos bien trop simplistes, leur mélodies trop faciles, et leur absence totale de sonorités originales ne sont pas franchement convaincants... Ca se laisse écouter, mais on reste un peu froid après l'écoute de ces deux titres qui semblent un peu composés à l'arrache, sans pour autant, heureusement d'ailleurs, sombrer dans l'aseptisé.
Ne nous attardons donc pas plus longtemps sur ce petit moment d'égarement pour nous pencher sur la sixième piste de cet album, à savoir Realign. Outre ses riffs un peu basiques et ses couplets pas franchement variés, ce titre propose tout de même le meilleur refrain de cette galette après Straight Out Of Line et un très chouette petit passage instrumental (avec le solo le plus long de ce Faceless), et nous remet donc sur les rails et surtout en présence d'un Godsmack plus traditionnel, comme on l'aime. I Fucking Hate You, avec ses petites influences thrash sur les guitares, impose un rythme lourd et soutenu, sans pour autant devenir brutal. Deux refrains bien différents, un petit passage phrasé et quelques cris écorchés à la Linkin Park vers la fin permettent à ce titre un peu trop saturé de se créer une bonne petite identité... A mettre sur un best of par exemple.

La troisième et dernière partie de cet album est faite de 4 excellents titres (+ un instru) qui constituent presque à eux seuls tout l'intérêt de l'album. Releasing The Demons, avec ses couplets non saturés sur lesquels les registres vocaux atteignent leur paroxysme niveau variété, qui mettent en avant la basse et la batterie (pour une fois !) et sa construction nettement moins carrée qu'auparavant (encore des influences thrash ?), à grand renfort de ponts vocaux et de passages instru (bien que dénués de soli), expose un Godsmack au sommet de son art ! Dead And Broken suit le même chemin, avec cette fois-ci un rythme plus soutenu et un son à nouveau plus saturé, avec le retour du solo de gratte (interprété par ce même gratteux qui s'exprime sur ce titre nettement plus que d'habitude). Refrains en béton, et structure pas toujours prévisible : un régal ! I Am, avec une guitare encore une fois nettement moins mise en arrière, et un chant toujours aussi imprévisible aux teintes toujours aussi inattendues, met un terme au gros son de Godsmack en ce qui concerne Faceless. En effet, l'instru tribal (tam tam + chant apparemment africain) laisse bientôt la place au magnifique, au magistral, au monumental Serenithy, qui porte d'ailleurs très bien son nom : superbe chanson acoustique sur laquelle les mélodies atteignent leur apogée, qui renferme des sonorités mélancoliques inattendues et terriblement entraînantes... C'est aussi ça, du grand Godsmack.

Faceless est donc un album bien foutu, au son impeccable, aux mélodies entraînantes, et qui vous réservera peut-être même quelques petites surprises. Seulement voilà, l'ensemble est entaché par quelques titres ou passages un peu banals qui font parfois perdre le rythme d'un album pourtant fort bon. Du grand Godsmack, certes, mais maintenant que la surprise est passée, l'effet produit est nettement moins puissant. Le son de Godsmack n'est plus aussi original qu'avant, ses mélodies paraissent moins surprenantes (quoique toujours aussi prenantes), et son son saturé sent maintenant très fort le déjà-vu. Un groupe presque mythique (à l'échelle du neo metal, cela va de soi), qui a fait un petit pas en avant là où il aurait sûrement du en faire un grand. Cependant, les fans de la première heure comme les autres (pour peu qu'on aime le neo ou qu'on ne soit pas réfractaire à ce genre) ne peuvent qu'être séduits par ce troisième opus, qui ne souffre tout de même d'aucune grande faiblesse. Un disque long, un peu épique, pas forcément très varié... A mi-chemin entre les mélodies de Deftones et les riffs rageurs de Korn, avec quelques petites gouttes de Metallica, Faceless renforce l'oeuvre de Godsmack, devenu depuis longtemps une référence incontournable en matière de neo metal.

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   ALANKAZAME

 
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- Sully Erna (chant)
- Tony Rombola (guitare)
- Robbie Merrill (basse)
- Tommy Stewart (batterie)


1. Straight Out Of Line
2. Faceless
3. Changes
4. Make Me Believe
5. I Stand Alone
6. Re-align
7. I Fu**ing Hate You
8. Releasing The Demons
9. Dead And Broken
10. I Am
11. The Awakening
12. Serenity



             



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