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- Membre : Sully Erna

GODSMACK - The Oracle (2010)
Par CANARD WC le 7 Juin 2010          Consultée 7595 fois

A partir de quel moment un groupe devient « solide » ? Quand ? Un seul album génial suffit-il à asseoir une discographie ou faut-il enchaîner deux ou trois ou quatre skeuds pour être considéré de la sorte ? Pourquoi ? Hein hein ? Moi je dis on s’en fout de tous ces critères. Un groupe n’est solide que lorsqu’il se permet de prendre des libertés avec son créneau, sans se vautrer. Dès qu’un groupe commence à jouer avec ses gimmicks, ses codes, use de son petit tour de main pour s’éclater, en général il transpire de toussa une certaine aisance qui confine à la maturité artistique.

Donc GODSMACK a maturé 4 ans ce "Oracle" après un "IV" fort réussi et du coup, on a envie de faire le bilan : 4 putains d’albums forts et suffisamment « stylés », 4 réussites, 4 confirmations et ce nouvel album en forme de synthèse de tout ce bordel. Pour creuser un peu plus à chaque fois leur sillon grungy, pour cogner à chaque fois un peu plus fort à la porte des charts (1).

On commence donc par deux petits tubes impeccables comme GODSMACK sait faire : juste costauds comme il faut. Ca ronronne au diesel, tranquillou. Du Post-Grunge un peu méchant avec du riff de bûcheron et le refrain qui va bien. Le groupe a déjà fait bien plus catchy dans le passé que ce "Saints And Sinners" (2) et mieux foutu que "Crying Like A Bitch" (1) mais ça fonctionne. GODSMACK maîtrise son sujet. Ca roule à 110 km/h en 4e sur la Nationale, on pourrait aller beaucoup plus vite mais ça sert à rien vu qu’on est déjà en avance et qu’on va arriver avant tout le monde. Bref, deux titres livrés en pâture comme pour endormir votre vigilance et faire la preuve par A+B que le groupe a les moyens de la jouer tranquille. On s’attend légitimement à du super ordinaire, on pensait que GODSMACK allait dérouler son truc comme une pâte brisée HERTA tout prête et c’est précisément à ce moment là que l’album commence. Pour de vrai.

Alors les titres tombent comme des quilles dans un jeu de chien, s’enchaînent et se ressemblent si peu. Comme ce "What If" orageux, intriguant, qui se love comme un serpent autour de vos oreilles et se contorsionnent au rythme des percussions africaines, laissant libre court à toute la violence de Sully Erna. Un chant entre le mystique et la révolte pour un titre d’une puissance éthérée, cinglante, sauvage. Sur "The Oracle" GODSMACK s’amuse, se livre à un tour de piste de son propre talent et revisite ses références. Toujours à l’aise même à l’occasion d’un "Love Hate Sex Pain" haché, un rien Néo. On aime ou on déteste, dans tous les cas on est surpris. Mieux, ce "Devil Swing" sorti de nulle part : chant presque rap sur riffs arrêtés pour redémarrer en trombe sur un refrain d’enfer presque Stoner. La prise de risque est en réalité minime pour la simple et bonne raison qu’à partir du moment où vous avez un refrain et un riff qui tiennent la route, il est difficile de se planter. Philosophiquement – ai-je envie de le dire (alors je le dis) – cette envie de bien faire des choses différentes transforme forcément toutes les tentatives de GODSMACK en mandale dans l’oreille (ça fait très mal).

Du coup, l’étiquette « Post-Grunge » n’a jamais aussi mal collé sur GODSMACK qu’à l’occasion de ce "Oracle" que je prédis (ah ah) que beaucoup auront du mal à cerner. D’un calibre bien plus puissant que tous les STAIND, 3DOORS, SEETHER et consorts réunis, nappé toujours de ce « son » épais et de ces grattes vrombissantes, GODSMACK en devient presque exclusivement Heavy US. L’album creuse un peu plus l’écart, épuré de tous les aspects MTV-esques que certains avaient relevés lors des méfaits précédents.

Et même quand GODSMACK revient à du plus classique (comme l’enchaînement "Good Day" - "Forever" - "Shadow"), que votre attention commence à décliner, jusqu’à la dernière minute – avec le dernier morceau - le groupe joue avec vos nerfs. Une instrumentale en guise de conclusion : un accord intriguant accompagné de quelques effets et ce riff mammouth qui gronde au loin, vous fonce dessus et semble vous exploser à travers le crâne. Avec même quelques violonades discrètes en sus, comme un symbole, celui d’un groupe libéré, décomplexé. Nouvelle tentative, nouvelle réussite. Seule un bout de phrase intelligible émerge du chaos :

« The deepest level of truth, it’s the truth of unity »

Un charabia énigmatique, certainement issu de la WICCA (3). On retiendra plus simplement que GODSMACK a trouvé sa vérité. Une vérité qui lui permet de recoller tous les morceaux dans l’ordre qui l’amuse.


Note : 4/5


Morceau préféré : "What If"
La curiosité : "The Oracle"
Du tube sans histoire : "Cryin’ Like A Bitch", "Saints And Sinners"
C’est étonnant : l’enchaînement "Love-Hate" – "What If – "Devil"



(1) Oui, aux States, GODSMACK est un mini phénomène à part entière.
(2) Je citerais en guise de comparaison "Releasing The Daemons" et "Speak To Me". Deux titres qui mettent bien à l’amende les deux petits nouveaux.
(3) « Le degré le plus profond de la vérité est celui de l’unité » (traduction canardienne). A noter que Sully Erna est un adepte du mouvement WICCA qui est en gros une secte mi paienne / mi New Age autour de Dame Nature.

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Par ALANKAZAME




 
   CANARD WC

 
   JEFF KANJI

 
   (2 chroniques)



- Sully Erna (chant, guitare)
- Tony Rombola (guitare)
- Robbie Merrill (basse)
- Shannon Larkin (batterie)


1. Cryin' Like A Bitch
2. Saints And Sinners
3. War And Peace
4. Love-hate-sex-pain
5. What If?
6. Devil's Swing
7. Good Day To Die
8. Forever Shamed
9. Shadow Of A Soul
10. The Oracle (instrumental)



             



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