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1970 Zz Top's First Album
1972 Rio Grande Mud
1973 Tres Hombres
1975 Fandango
1976 Tejas
1979 Degüello
1981 El Loco
1983 Eliminator
1985 Afterburner
1990 Recycler
1993 Antenna
1994 One Foot In The Blues
1996 Rhythmeen
1999 Xxx
2003 Mescalero
2012 Texicali
  La Futura
2016 Tonight At Midnight
 

- Style + Membre : Billy Gibbons And The Bfg’s

ZZ TOP - El Loco (1981)
Par DARK BEAGLE le 14 Octobre 2021          Consultée 1102 fois

ZZ TOP vient de passer les années 80 sur un bien bel album, "Degüello", qui montrait la capacité du groupe à écrire de bonnes chansons dans son style de prédilection tout en sachant y inclure des sonorités plus modernes (pour 1979, hein). Son successeur, "El Loco", paraît en 1981 et là, il faut s’attendre à quelques changements. Et pas des petits. Pour résumer les faits, "El Loco" est le brouillon foireux de "Eliminator" et montre un groupe en roue libre, qui n’hésite pas à franchir plusieurs pas sans la moindre pudeur. Le disque mérite bien son nom (le Fou, dans la langue de Molière), mais si parfois la folie confine au génie, ici, elle nous conduit directement à l’asile, sans espoir d’en sortir.

La pochette est tellement kitsch qu’elle en devient drôle, avec nos trois Texans en combi, en train d’acheminer des sacs d’herbe à travers le désert et mis en joue par une espèce de cowboy qui aurait trop regardé de westerns. Mais globalement, non, elle n’est pas terrible et sert du coup d’écrin à la musique proposée ici, qui n’avance pas à grand-chose. Faut-il voir un clin d'œil à celle du "Ace Of Spades" de MOTÖRHEAD ? Certains diront que la signature chez Warner était de toute manière un pacte avec le Diable et que voilà le résultat. Là. "El Loco". Un disque qui se traîne une sale réputation depuis sa sortie quasiment et que je ne vais pas tenter de réhabiliter, loin de moi cette idée.

Soyons francs deux minutes. Cet album, je ne l’ai plus écouté depuis près de vingt ans. Je l’ai ressorti rien que pour vous les loulous. Ben finalement, je vous aime bien pour me le farcir encore et encore pour trouver des trucs à dire dessus. À peu près sympa, parce que là, je me transforme lentement en Gérard Languedepute. "El Loco", c’est comme si ZZ TOP disait « merde » à sa discographie en cherchant par tous les moyens à coller aux rails du succès. Sa popularité, elle est établie au Texas principalement, et un peu aux States, mais qui ne rêve pas de conquérir le monde quand on est musicien ? Le tout, c’est de le faire avec le bon disque et ce n’est pas avec "El Loco" que nos barbus et moustachus y arriveront.

Ceux qui s’étaient déjà étouffés avec les cuivres employés sur "Degüello" vont vraiment choper mal au crâne avec "El Loco". Ici, le son se veut donc plus moderne et si l’on ne retrouvait pas de temps en temps la guitare de Gibbons il serait difficile de reconnaître tout de suite le groupe. Bon, ok, aujourd’hui si, mais en 1981, non. Ne commencez pas à pinailler, je suis assez énervé comme ça. Bref. Ici, ZZ TOP a transformé son Blues, il l’a rendu bien plus accessible aux profanes en lui conférant des atours Pop, que l’on pourrait facilement assimiler à ce que l’on appelle de la Variété par chez nous.

"El Loco", c’est du easy listening avec des paroles crades, parlant très ouvertement de sexe, mais sans la moindre finesse (ok, les Texans n’étaient pas réputés pour cela, mais "Pearl Necklace" se pose là au niveau élégance…). En fait, il est difficile de savoir où se situe la frontière entre le m’en-foutisme et l’humour gras sur ce disque. Les morceaux sont balancés comme ça, sans le moindre signe avant-coureur si ce n’est "Manic Mechanix" sur l’album précédent. Mais qui pensait que le trio allait emprunter cette voie et foncer tête baissée pour produire ce qui est peut-être le pire album de leur carrière ?

Ici, la batterie de Frank Beard manque de saveur, elle est simplifiée, il n’apporte plus qu’un rythme simple, très binaire, il accompagne plus qu’il n’apporte du bonus aux compositions (et ça, il faudra s’y habituer sur quelques albums à suivre). Et le TOP va se faire réellement sirupeux ("Leila", une ballade vaguement Texane et très portée radio), ou très synthétique ("Heaven, Hell Or Houston") et il devient très vite ennuyeux dans son ensemble. "El Loco" dure 37 minutes, mais qu’elles paraissent longues ! C’est un peu comme si chaque bonne idée devait être triturée et transformée jusqu’à obtenir une mixture pour le moins douteuse.

"Don’t Tease Me" résume plutôt bien les choses. Le riff est pourtant pas mal, nous retrouvons Gibbons tel que nous le connaissons, malin, avec un toucher sûr. Le solo est plutôt bien senti également. Puis il y a ce refrain qui vient tout casser, toutes les bonnes intentions annihilées par un putain de refrain à la con. C’est d’ailleurs un des grands points faibles de ce disque : cette absence de bons refrains, un des (nombreux) défauts qui seront corrigés sur "Eliminator" deux ans plus tard. Ils ne fonctionnent pas la plupart du temps quand ils auraient pu sauver bon nombre de morceaux du marasme dans lequel ils s’enfoncent inexorablement.

Bien entendu, je vous vois venir avec vos gros sabots « remets-toi dans le contexte, les temps changeaient, les sons évoluaient pas forcément pour le meilleur mais quand même ! » Alors oui, je l’entends bien. Faire avancer sa formule est quelque chose d’important pour ne pas disparaître. Le Punk, le Disco puis la New Wave ont pas mal redéfinis le paysage musical au début des années 80 et persévérer dans le Blues n’aurait peut-être pas été la bonne idée. Mais je pense que les fans de l’époque ont dû faire une drôle de tronche en découvrant "El Loco" et son approche pour le moins expérimentale. C’est clairement la fin d’une phase de la carrière du TOP et son public va se transformer, va changer.

Après, ne crachons pas dans la soupe. Bien que "Pearl Necklace" fasse montre d’un humour très douteux, il est plutôt sympa musicalement, plus musclé que le reste et "Party On The Patio", chanté par le regretté Dusty Hill apporte une touche Rock’N’Roll qui manquait cruellement à l’ensemble (et dans les faits, cela fait songer à ce que le groupe fera par la suite avec "Bad Girl" sur "Eliminator"). Mais cela correspond à des moments trop isolés pour que cela ne vienne réellement sauver le disque (à mes oreilles, parce que sur l’un des six albums précédents, ça ne l’aurait pas fait).

Je suis content, je peux enfin appuyer sur la touche « stop ». Hop, ça s’arrête et je me sens tout de même fort marri par la tournure qu’ont pris les événements. Personnellement, je reste fan de la première partie de la carrière de ZZ TOP et si je ne rejette pas en bloc celle qui a commencé dans les années 80, elle me laisse bien plus froid. C’est au final un point de vue très personnel. Comme toutes les chroniques de ce site d’ailleurs. Mais sincèrement, "El Loco" n’est pas le trait d’union idéal entre le vieux et le nouveau ZZ TOP, celui qui sera habitué au succès commercial. Il sert de brouillon à "Eliminator", ne lui enlevons pas cela.

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- Billy Gibbons (chant, guitare)
- Dusty Hill (basse, chant)
- Frank Beard (batterie)


1. Tube Snake Boogie
2. I Wanna Drive You Home
3. Ten Foot Pole
4. Leila
5. Don't Tease Me
6. It's So Hard
7. Pearl Necklace
8. Groovy Little Hippy Pad
9. Heaven, Hell Or Houston
10. Party On The Patio



             



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