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BLACK METAL  |  DVD

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FILM - Lords Of Chaos (2019)
Par VOLTHORD le 4 Mars 2019          Consultée 3023 fois

C’est l’histoire d'Øystein Aarseth (aka Euronymous), jeune norvégien sympa qui aime sa maman et sa petite sœur (même s’il n’aime pas qu’elle dérange quand il est evil dans sa chambre). Il organise des supers soirées où les gens cassent des choses, se filment en train de copuler et de headbanguer autour d’un feu. Øystein aime les choses simples : la destruction, le chaos, et le fait de ne pas être un poser. Il a cette satanée envie d’être leader et est déjà persuadé de détenir un des futurs genres essentiels du Metal. Ainsi, lorsqu’il arrive à mettre la main sur un chanteur à la hauteur de toutes ses espérances (suicidaire et assez taré pour cramer ses fringues ou tuer des chats) bien que quand même un poil chelou pour lui, son groupe décolle. Après le suicide dudit chanteur (aussi Dead que son nom), et bien aidé par la promotion que cela fera à son groupe, il s’installe à Oslo, ouvre sa maison de disques et sa boutique agrémentée d'un club privé, l’inner black circle, dans lequel il s’assure de rester l’incontestable leader.

Vient alors Kristian Vikernes, sorte de wannabe tyrannisé dans sa jeunesse (profil typique du lycéen rejeté à grosses bajoues qui finit par prendre la kalash pour tuer ses petits camarades... C’est presque marqué sur sa gueule). Tout d’abord gentil suiveur voulant à tout prix faire les courbettes à Øystein (mais un peu bizarre en société lorsqu’il évoque Hitler), il est vite reconnu comme musicien hors pair et rejoint MAYHEM. Il gagne assez vite la confiance et les groupies (???). Prenant les injonctions d'Øystein au mot, il commence à prendre des initiatives un peu trop "réelles" en brûlant des églises et en embarquant ses petits camarades dans sa folie.
Le film raconte comment Øystein Aarseth va rentrer dans un conflit d’ego pour rester le mâle alpha d’une bande de glands qui aiment hurler "Sataaan" pour faire peur aux petites vieilles dans la rue, où chaque nouveau pas est une petite perte de contrôle qui le mènera au score assez déraisonnable de vingt-trois coups de couteaux à zéro.

Cette histoire est familière, tout juste assez pour éveiller l’attention sur sa mise en image. "Lords Of Chaos" se présente dès le départ comme un film "ni vraiment vrai ni vraiment faux", positionnement intelligent comme les nombreuses sources et témoignages autour de ces évènements se contredisent. Produit "à l’américaine", en anglais dans le texte, le film fera à peu près tout pour évaporer l’aura mythique du Black Metal norvégien à son minimum, réduisant son essence à une polarité facilement compréhensible au tout-venant de "les posers" vs "les pas-posers". Dans ses aspects formels, tous les choix que fait Jonas Åkerlund visent à faire rentrer les personnages dans des archétypes de teen movie à l’américaine : Varg en sociopathe maladroit et idiot d’un côté mais déterminé et réellement maléfique (doublement extériorisé donc), Øystein en leader qui ne croit qu’à moitié en ce qu’il fait (voire pas du tout (*), détestable par sa manière de s’approprier les exploits et idées des autres, mais qui a quand même un petit cœur qui bat (**), quelques autres metalleux en suiveurs interchangeables et les femmes au pire en sac à foutre optionnels (***) et au mieux comme la gentille copine qui découvre dans le jeu du leader dur un gars quand même un peu humain dans le fond (allez, quand même un peu). Seul Dead, peu présent et pourtant iconique, semblera un peu à part, dans sa mélancolie et son rapport pathologique à la mort qui tire réellement son épingle du jeu, la scène de son suicide pouvant être interprétée à plusieurs niveaux.

Il suffit de ressortir les documentaires "Until The Lights Take Us" et "Once Upon A Time In Norway" pour comprendre que la plupart des témoignages sur qui était Øystein Aarseth confirment qu’il était une bien plus grosse pourriture que le portrait finalement flatteur d'idiot rebelle pris dans un engrenage qui le mènera à sa perte. Mais voilà, il fallait un film qui ne bouscule pas les masses : Jonas Åkerlund s’en est donc tenu à un récit minimisant quelque part la tyrannie et l'implication réelle d'Øystein dans les actes de violences de l’Inner Circle et du suicide de Dead. Qu’Euronymous ait été un mégalo égoïste et manipulateur est assez avéré, mais à aucun moment l'on ressent réellement le pouvoir d'attraction du type (jamais en tout cas pour le trouver crédible dans son rôle de leader). Il faut croire que ça aurait pu représenter une nuance de trop.

Il fallait un film qui ne donne à personne envie d’aller brûler l’église après tout : polarisation du conflit principal (le mégalo vs le fou), minimisation du discours sataniste et anticonformiste, réduction totale de la composante musicale. Si Åkerlund lui-même a joué le temps d’un pet de foufe dans BATHORY, il ne rendra pas ici hommage au Black Metal norvégien. Aucune mention de ce qui fait sa "formule", aucune présentation même minimale des différents acteurs qui gravitaient autour de la boutique Helvete et de l'Inner Circle (Faust est bien dans le film, mais uniquement comme le mec qui tue un homo, ce qui rend son acte absolument incompréhensible). Rien de bien pédagogique donc pour comprendre au moins les enjeux, si ce n’est les bases (vestimentaires, symboliques) qui construisent le sous-genre improprement décrit comme "trve norwegian black metal" (non, je ne peux absolument pas croire qu’au début des années 90 MAYHEM parlait de sa musique comme ça).

Tiraillé entre ses souvenirs de jeunesse et la nécessité de continuer sa carrière entre LADY GAGA et BEYONCE, il sauve les meubles comme tout bon Suédois le ferait : avec la notice pour emboîter les trucs bien comme il faut, sans accrocs et sans faux-bonds. D’un côté, les metalleux ne sont pas totalement pris pour des glands (ce qui est quand même le cas dans la majorité des représentations Hollywoodiennes de notre chère scène), la naïveté et l'idiotie des personnages étant davantage mise sur le dos de leur jeunesse. De l’autre, l’aspect globalement simpliste de l’ensemble ne fait qu’effleurer des sujets qui auraient pu être efficaces et réellement pertinents, et ce quel que soit le "degré" de véracité du film.

J’aurais pu cependant absolument TOUT pardonner au film s’il avait au moins su capturer l’essence de ce genre OU s’il avait été le véhicule d’une vision intelligente de ce qu'est une guerre d’ego, OU une vision d’auteur sur n’importe lequel des thèmes suivants : la reconnaissance d’un groupe et ses guerres intestines, l’adolescence dans son anticonformisme déraisonné, l'impact du climat norvégien sur sa jeunesse, le rapport à la mort…
Le film aurait pu faire de la non-fiabilité de ses protagonistes sa force, proposer plusieurs points de vue, nous faire réellement vivre (et non passivement regarder) la folie et l’engrenage malsain dans lequel sont piégés ses personnages.
"Lords Of Chaos" botte en touche : jeu d’acteur correct et réa pas totalement clinique mais loin d’être personnelle.... Ça aurait pu être largement pire, mais j'ai toujours la notion que cette histoire pourrait faire un grand film des fois que ça tomberait entre les mains d'un artiste - ce qu'Åkerlund n'est pas.













_____SPOIL ZONE_____

(*) Øystein, Coca-Cola à la main, affirme vers la fin du film à Varg qu’il voulait être "sélectif" pour créer le buzz (en gros). Je ne sais vraiment pas quoi penser de cette scène, je pense que c'est un non.

(**) On insiste que dans le fond Øystein était vraiment l'ami de Dead et que le gars lui manque (ou qu'il a des remords). Mais pourquoi diable ces scènes de série B d’horreur grotesques à base de corbeaux et de forêt sombre pour symboliser que Dead le "hante" ? C’est un non.

(***) Pourquoi diable vouloir à tout prix faire de Varg une sex-machine alors qu’absolument aucune source ne fait mention de ça ? À part cocher la checkbox "boobs", quelle fonction ça peut bien avoir ? Mystère et boules dégomment. Mais c’est un non.

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   (4 chroniques)



- Jonas Åkerlund (réalisateur)
- Rory Culkin (Øystein aarseth)
- Emory Cohen (varg vikernes)
- Jack Kilmer (dead)
- Sky Ferreira (meuf bonne)


1. Suicidal Winds - Celtic Frost
2. A Grey Sun, The Dark & The Spirits Of The Depths
3. Deathcrush - Mayhem
4. Funeral Fog - Mayhem
5. Pagan Fears - Mayhem
6. Freezing Moon - Mayhem
7. Pure Fucking Armageddon - Mayhem
8. Slapen, Vals - Jon Faukstad
9. Inri - Sarcófago
10. Fast As A Shark - Accept
11. Stand Up And Shout - Dio
12. Born For Burning - Bathory
13. Elizabeth Bathory - Tormentor
14. The Ancient Route - Karim Azedia
15. Ripped From The Cross - Grotesque
16. La Det Swinge - Bobbysocks
17. Seventh Day Of Doom - Tormentor
18. Outbreak Of Evil - Sodom
19. Damned Grave - Tormentor
20. Parleporten
21. Beyerdynamics - Matthias Eklund
22. Serpent Eve - Cathedral
23. The Return Of Darkness And Evil - Bathory
24. Submit To Death - Grotesque
25. Imprisoned - Nelvetur
26. Satanic Lust - Sarcófago
27. Lose Yourself I Can Think For Both Of Us
28. Flugufrelsarinn - Sigur Rós
29. Exhume To Consume - Carcass
30. Varúð - Sigur Rós
31. Ehwar - Wardruna
32. Trollabundin - Eivør Pálsdóttir
33. Sigur Rós - Sigur Rós
34. Do Unto Others - Holy Terror
35. Dauðalogn - Sigur Rós
36. All Alright - Sigur Rós
37. Alpha Omega - Holy Terror
38. Ég Anda - Sigur Rós
39. De Tre Piker - Myrkur
40. Locust - Malparidos
41. Claymore Mine Stalking - Tangerine Dream
42. The Host Of Seraphim - Dead Can Dance



             



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