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FILM - Pop Redemption (2013)
Par DARK MORUE le 10 Juin 2013          Consultée 8276 fois

Eh ouais, vous ne rêvez pas, c'est bien un film à l'affiche en ce moment même qui est chroniqué en ces pages au jour d'aujourd'hui. Parce que chez NIME on fait les choses bien, et qu'on a toujours besoin de sang frais. Surtout que c'est pas n'importe quel film en plus, c'est "Pop Redemption" quoi, merde ! Un truc avec Julien Doré et Alexandre Astier, qui parle de Black Metal et qui a en partie été tourné au Hellfest 2012 ! Le niveau de True est tellement fort qu'on se dit que de toute façon, on ne peut qu'être déçu. Parce que c'est une comédie française, que ce sera donc gentillet, que ça va s’emmêler les pinceaux dans la bien trop importante culture Metal, et qu'au final on sera dépité de voir cette déferlante de clichés dirigés tout droit vers les metalleux.
Vous aussi vous l'avez pensé, au moins à un moment. J'en n'attendais plus rien malgré une bande annonce sympa. Du coup, j'ai été agréablement surpris, parce que, sans être le film du siècle, ce "Pop Redemption" est un spectacle divertissant, bon enfant, et tapant toujours avec justesse.

L'histoire, c'est qu'on va suivre un groupe de Black Metal, les DEAD MAKABES, qui se sont fait inviter en dernière minute à jouer au Hellfest en remplacement. Ces bras cassés vont donc partir dans un périple épique qui va totalement tomber à l'eau lorsqu'il y aura mort d'homme accidentelle... Et à partir de là, c'est la galère. Et je dévoile rien à l'avance, si vous voulez déjà connaître l'histoire y a un million de sites qui le font bien mieux.
Enfin bref, préjugé, les comédies françaises, c'est plus ce que c'était. Le cinéma français dans son ensemble d'ailleurs ne fait plus bander grand monde malgré de très bonnes surprises de temps en temps (ruez vous sur "Le Grand Soir", géniale pépite déjantée avec Poolevorde et Dupontel en punks à chiens), et donc, là où on pensait dans le meilleur des cas trouver un ramassis de conneries mettant Hard Rock et Brutal Death dans le même panier, on a une jolie déclaration d'amour tendre au Metal, mais également aux Beatles. On y reviendra. En attendant, voir Julien Doré faire du chant Black avec du Corpse Paint et tout un attirail à pointes, ça a son charme il faut le reconnaître.

Parce que oui, là c'est du Black Metal, et du vrai. Nos quatre gaillards sont des Trues, et vu qu'ils portent tout le film sur leurs épaules, il valait mieux avoir une interprétation à la hauteur, et à ce niveau là c'est une totale réussite tellement on s'attache à ces bougres, chacun ayant son propre fort caractère, entre le guitariste totalement à la ramasse, le gros bassiste bougon et un batteur râleur aux piques ravageuses. Mais la palme revient à notre Julien, étrangement ultra crédible dans son rôle de True Blackeux intégriste jusqu'au bout des ongles vomissant sur la commercialisation et prêt à tout pour son groupe. Le voir hurler au micro des paroles meurtrières sur fond de gros blast et de riffs evil, ça vaut franchement le coup d’œil et c'est totalement crédible en plus. Après, si vous attendez du gros Metal extrême en continu en Bande Son, on repassera, le bourrinage étant réservé à la poignée de prestations que notre combo effectuera, le reste étant ancré dans un registre plus Hard Rock, et Rock 60's. Pour ce qui est des rôles secondaires, pas grande monde qui se détache, à part Alexandre Astier qui nous refait très exactement son personnage du Roi Arthur de Kaamelot (les fans seront aux anges).

Le récit quant à lui est clairement divisé. La première partie présentant le groupe est absolument jouissive, les voir en répet, en train de faire des conneries maquillés, tout respire un minimum de passion et d'affection envers le milieu du Metal Underground, les clichés sont bien là mais sans nous prendre pour des cons immatures, on est vraiment face à une sous-culture codifiée tournée en dérision, mais pas de moquerie bête et méchante qui tire sur les ambulances et rabaisse le Metal à un truc de gamins dont il faut sortir à tout prix. L'humour est léger, rarement hilarant, mais fait toujours mouche et arrache le sourire régulièrement. Toutefois, la partie centrale s'affaiblit quand on voit les membres s'éloigner, le groupe se dissoudre pour mieux se reformer, les enquêtes et tout un beau bordel qui fait un peu trop partir le récit dans des directions étranges et pas forcément pertinentes ; mais toute la partie "All You Need Is Love" à la fraise ne pourra que vous envoyer aux anges tellement les situations deviennent aussi improbables que crédibles car traitées et interprétées avec justesse. Le tout est réalisé de manière scolaire, très classique pour une comédie, mais n'oublions pas que c'est le tout premier long-métrage de Martin Le Gall, alors l'indulgence est permise.
On regrette juste la sous-exploitation du Hellfest, même si quelques moments d'anthologie nous sont tout de même réservés...

"Pop Redemption" est un film sans prétention, se voulant simplement touchant et humble, respectueux de la communauté metalleuse qui seront de toute façon la plus grande majorité de l'audience. On peux râler sur quelques inexactitudes, les descriptions de genres faites totalement à l'arrache, mais on constate vite qu'en fait, si on se place dans la tête de non-metalleux, y a de quoi être bien perdu sans les références. Quelqu'un qui découvre le monde du Black Metal ici risque d'être assez consterné devant tout ce folklore élitiste et laissé sur le carreau, ne pigeant pas la moitié des gags s'y reportant, et c'est d'ailleurs probablement pour ceux-là qu'un virage Pop s'opère. Quant à nous autres, gros blasés, on va suivre les gentilles histoires de ce groupe en galère, souriant au début devant le portage Grand Écran des vannes qu'on arrête pas de faire nous-mêmes au sujet de nos confrères Pandas. On rit rarement aux éclats, on regarde le tout d'un œil distrait et amusé, puis on se dit que c'était bien sympa et on repart satisfait, ayant vu ce qu'on espérait y voir.
"Pop Redemption", métrage cool et léger réalisé simplement avec amour et motivation, obéissant à un cahier des charges qui rend le tout gentillet mais tout de même appréciable. Rien de plus, rien de moins. Si vous adulez c'est que vous débarquez et que vous avez jamais vu "The Pick Of Destiny". Si vous haïssez c'est que vous êtes un connard de hipster qui attaque par principe et parce qu'il a vu Canal + écrit en gros au début de la projection.
En attendant, si vous voulez du vrai Film Ultra Kvlt Trve Black, guettez plutôt la sortie de "Lords Of Chaos", film traitant du gros bordel de la scène Black Norvégienne des années 90, dirigé par le plus grand cinéaste Japonais de tous les temps, j'ai nommé Sion Sono...

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- Martin Le Gall (réalisateur)
- Julien Doré (alex, chanteur)
- Jonathan Cohen (pascal, batteur)
- Grégory Gadebois (jp, bassiste)
- Yacine Belhousse (erik, guitariste)
- Audrey Fleurot (martine georges)
- Alexandre Astier (le chef de la sr, co-scénariste)


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