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METAL ATMOSPHERIQUE  |  STUDIO

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ANATHEMA - A Fine Day To Exit (2001)
Par DARK BEAGLE le 13 Septembre 2016          Consultée 1074 fois

ANATHEMA sortait d’une série de trois albums éprouvants, qui ont fait voyager les musiciens et les auditeurs dans divers lieux de tristesse, de spleen et de pulsions suicidaires. Durant cette période, la mère des frères Cavanagh mourut ; Vincent et Daniel lui rendirent un ultime hommage, touchant de beauté, avec "One Last Goodbye", l’un des plus beaux morceaux du répertoire d’ANATHEMA. Et une boucle semblait enfin bouclée. Nous avions laissé un groupe empreint de mélancolie mais serein aux dernières notes de "Judgement". Il restait à savoir dans quel état nous allions le récupérer.

Deux ans plus tard sort ce "A Fine Day To Exit" à la pochette qui tranche par rapport aux productions précédentes. Il n’y a rien de céleste ou d’angélique cette fois-ci, juste une scène qui a l’air banale et que l’on peut interpréter de bien des façons au premier abord. Puis, quand on feuillette le livret, nous découvrons qu’il y a une espèce de fil conducteur de créé à travers des illustrations et des textes qui apparaissent comme griffonnés vite fait dans un carnet. Et cela apporte une autre dimension à cette jaquette si innocente à première vue. Chacun se racontera l’histoire qu’il souhaite. La mienne n’est pas jouasse.

Et du coup, nous nous attendons à un nouveau grand huit émotionnel. Mais quand nous posons le disque sur sa platine, nous nous rendons compte qu’il y a quelque chose de différent. Le discours de ANATHEMA n’est plus tout à fait le même, il a évolué en même temps que les goûts des musiciens. Rien d’aussi surprenant que le mésestimé "Host" de PARADISE LOST sorti deux ans plus tôt, mais les nuances sont assez marquées pour ne pas passer inaperçues.

Le groupe tend à être plus Rock, à devenir Rock même, tournant quelque peu le dos au Metal. D’ailleurs, les musiciens à cette époque ne cachaient pas leurs ambitions aux journalistes et avouaient assez ouvertement que le nom d’ANATHEMA représentait un certain frein à leur carrière. Le même genre de propos qu’a pu tenir un Lars Ulrich à l’époque de "Load", quand METALLICA cherchait à se trouver un public plus large.

Il y a des relents de RADIOHEAD, de MUSE ou encore de JEFF BUCKLEY dans la musique d’ANATHEMA, mais le groupe parvient à conserver une certaine marque de fabrique, à travers la mélancolie qu’il distille habituellement savamment. Habituellement. Parce qu’ici, ce n’est pas tout à fait le cas.
Chez ANATHEMA, la mélancolie fonctionne souvent comme le cœur d’une chanson. Elle en est l’âme et il n’y a rien à redire. Là, cela ressemble plus à un artifice, elle fait plus artificielle sur de nombreux titres et pour le coup, ça ne fonctionne pas très bien (le Buckleien "Looking Outside Inside"). On a l’impression que le groupe veut changer son fusil d’épaule et que s’il y arrive sur la forme, il peine à briller sur le fond, ce qui était ironiquement une de ses grandes spécialité.

De ce fait, "A Fine Day To Exit" est un album en dents de scie, où les bons moments sont parfois occultés par les mauvais, d’où un certain ennui se faisant ressentir à l’écoute de cet opus qui aurait clairement mérité mieux. Heureusement, "Panic" est là pour nous tirer de la léthargie dans laquelle nous nous enfonçons, après un "Barriers" monotone au possible. La fin d’album, mieux maîtrisée, est plus séduisante et fait naître bon nombres de regrets.

Des regrets, oui, parce qu’ANATHEMA s’est montré fragile d’une façon différente que d’habitude, parce que ce que le groupe a bâti entre 1996 et 1999 semble s’effriter au profit d’une recherche mélodique et introspective moindre. Il y a quelque chose de pourri dans le royaume des gars de Liverpool, comme dirait Shakespeare s’il écrivait de nos jours. Quelque chose de différent en tout cas, qui peine à trouver un écho favorable après la déferlante que fut "Judgement" à son époque.

Et donc "A Fine Day To Exit" est ennuyeux. Il manque cruellement de profondeur et d’accroches pour l’auditeur. Pour tout dire, l’aspect ANATHEMA, à savoir cette mélancolie quasi palpable, semble forcée pour ne pas rebuter les vieux fans. Ceux-là même qui se seront précipités dessus dès sa sortie. Comme d’habitude. Comme un coup du sort. Mais cette fois-ci, la magie ne prend pas. Du moins, pas avec moi. La grande période du groupe aura donc prit fin avec "Judgement". Là, ANATHEMA se fond tout simplement dans la masse.

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   DARK BEAGLE

 
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- Vincent Cavanag (chant, guitare)
- Danny Cavanagh (guitare, chant, claviers)
- Les Smith (claviers)
- John Douglas (batterie)
- Dave Pybus (basse)
- Lee Douglas (chant)


1. Pressure
2. Release
3. Looking Outside Inside
4. Leave No Trace
5. Underworld
6. Barriers
7. Panic
8. A Fine Day To Exit
9. Temporary Peace



             



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