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THRASH METAL  |  STUDIO

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ANTHRAX - For All Kings (2016)
Par CANARD WC le 2 Mars 2016          Consultée 6451 fois

J’étais pressé, j’étais en train de me torcher le cul, alors je voulais aller vite rapport au fait que j’étais pressé. Pas pris assez de papier hygiénique. Résultat des courses : ma main a ripé au moment clé et je me suis retrouvé avec les doigts plein de merde, de la merde jusque sous les ongles. Une horreur. J’ai passé une demi-heure à me laver les mains dans les chiottes du boulot, à retirer ce que j’ai pu comme j’ai pu. Au bout d’un moment, il a bien fallu que je me résigne à sortir des gogues pour aller – à la bourre – en réunion. A chaque fois que je serrais les mains de quelqu’un, j’imaginais une armée de microbes qui courraient de ma main vers la sienne, j’ai repensé au mot « coprolithe » qui, s’il n’avait pas grand-chose à voir avec ce qui se passait, reste un joli mot pour désigner un truc dégueulasse. Ça m’apprendra, certaines choses méritent qu’on prenne le temps de les faire. S’essuyer le cul en fait partie car comme le disait mon maître à penser : « Même le pire être humain mérite de se torcher le cul » (*).

Ce nouvel ANTHRAX rentre dans cette dynamique des doigts qui sentent la merde, un album qui demande du temps à être bien nettoyé de fond en comble, qui demande un zest d’attention quand bien même ça ne sent pas la rose dès le début. Moi qui pensais torcher cette chronique en deux ou trois écoutes, il m’a fallu multiplier par dix mon effort et ronger mon frein pour vous pondre un papier juste, honnête et sain avec une introduction qui restera dans les annales du site (vous apprécierez l’effort). Tant il est vrai qu’il faut parfois laisser macérer un peu les choses, sous peine de se retrouver à dire des trucs débiles et insensés.

Bref, ce ANTHRAX – dès les premières effluves – j’en avais l’intime conviction – était moyen. Pas médiocre, non juste moyen, tiède comme un jeudi du mois de mars de saison. Pas de titres forts, pas de riffs géniaux, aucun éclair de génie en pays Thrash, peu de reliefs… non juste des compos corrects sans plus qui s’enchaînent sans mollir car telle est sa principale vertu. Mais l’objet est dense. Ce qui s’enchaîne se ressemble. Alors les repères sur ledit album sont difficiles à prendre, d’autant qu’aucun titre n’est vraiment merdique non plus. On finit donc d’abord par s’y perdre, sans déplaisir mais sans plaisir non plus. "For All Kings" ne s’écoute pas, il s’administre comme un médicament générique. Ça ressemble à du ANTHRAX, ça produit les mêmes effets mais on n’a pas tout à fait l’impression de se manger du ANTHRAX. Mais on s’en prend quand même une bonne « dose », onze gros titres dont on vient difficilement à bout. Sans génie donc, mais avec juste ce qu’il faut de savoir-faire pour qu’on hésite entre la deuxième ou troisième étoile « nimienne ». Le groupe ne s’est pourtant pas départi de sa charnière centrale, ce sens du tempo névralgique (le duo BELLO / BENANTE reste l’une des meilleures doublettes basse/batterie du genre) et ce style toujours aussi happy groovy thrashy. Une sorte de « Thrash Light » qui a fait de ANTHRAX le groupe du « Big Four » le plus inoffensif, le plus sympa des quatre. Rien n’a changé, sauf que c’est un peu plat.

"For All Kings" commençait pourtant avec de bonnes intentions, "You Gotta Believe" avec son intro sympho sur batterie martiale laisse sa place à un Speed Thrash de bon aloi. On sent un peu de colère, un fond d’indignation. ANTHRAX n’aime pas les idoles et les idolâtres, par les temps qui courent on les comprend (surtout venant d’un pays pas réputé pour se montrer raisonnable avec les bondieuseries). Mais passé le premier bon titre, l’album se prend un peu les pieds dans le tapis. "Monsters At The End" ralentit la cadence, percute moins, est sauvé des eaux par un BELLADONNA qui réussit à distiller le zest d’émotion qui va bien… mais déjà on commence un peu à s’emmerder. Façon Ricoré, l’éponyme arrive alors au bon moment avec ses pains et ses croissants, un bon titre, déjà entendu, convenu pour du ANTHRAX, dans la lignée de qui s’était pratiqué sur "WCFYA", mais un brin en-dessous. Il manque un « truc » pour que ça décolle. Comme ce "Breathing Lightning" presque réussi, comme ce "Suzerain" qui défonce un peu mais pas trop, comme ce "Evil Twin" poussif mais agressif, intéressant mais un peu raté. Bizarrement, c’est sur la longueur qu’ANTHRAX retrouve des couleurs, sur "Blood Eagle Wings" qui en s’étirant quelque peu laisse la place au bon break d’émerger (3’20) pour accoucher in fine du meilleur titre de l’album. La suite ressemble au reste, avec de bons moments, du bricolage plus ou moins heureux. Vous avez compris, pas besoin de les détailler tous. Chacun arrivera à faire sa petite liste de courses.

"For All Kings" n’est pas raté, ni réussi. Il s’agit d’un bon album de plus qu’on écoutera de temps à autre par désœuvrement plus qu’autre chose et pour préserver la durabilité des deux albums précédents, indéniablement plus réussis, plus inspirés aussi. Comme un symbole, ANTHRAX se plante dans les grandes largeurs en clôture avec un "Zero Tolerance", certes différent, hargneux, surgissant comme un beau diable à la toute fin alors que la messe est dite et qu’on a piqué du nez depuis longtemps. Une conclusion mal placée. Un titre qu’il fallait surtout ne pas mettre en dernière position. Tsss…

En conclusion de ma chronique du "Worship Music", je disais que grosso merdo des quatre Grands du Thrash, ANTHRAX était bien parti pour être le seul groupe à pouvoir s’enorgueillir de n’avoir aucune merde honteuse dans sa discographie, à avoir réussi à chaque décennie à placer un album « parfait » ("Among", "Sound", "WCFYA"). Il leur reste encore quelques années pour relever le défi des années 2010 tant il est vrai que "Worship Music" a déjà plus ou moins fait le boulot. Bref, je maintiens ce propos ici même Preuve que rien n’a changé, que "For All Kings" n’a en rien bouleversé cet équilibre, qu’au fil du temps on placera certainement cet album au niveau d’un "Persistence Of Time" ou d’un "Stomp 442". Pas top, pas nul non plus. Juste un album qu’on écoute de temps en temps, histoire de sortir un peu des sentiers battus (et rebattus) du groupe.

Note : 2,5/5.

Morceau préféré : "Blood Eagle Wings".

(*) Bukowski. Journal d’un vieux dégueulasse.

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   (2 chroniques)



- Joey Belladonna (chant)
- Scott Ian (guitare, chœurs)
- Charlie Benante (batterie)
- Frank Bello (basse, chœurs)
- Jon Donais (guitare)


1. You Gotta Believe
2. Monster At The End
3. For All Kings
4. Breathing Lightning
5. Suzerain
6. Evil Twin
7. Blood Eagle Wings
8. Defend Avenge
9. All Of Them Thieves
10. This Battle Chose Us
11. Zero Tolerance



             



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