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WHITESNAKE - Live At Donington 1990 (2011)
Par ALANKAZAME le 13 Octobre 2011          Consultée 3695 fois

Le concert donné par WHITESNAKE le 18 août 1990 à Donington, dans le cadre du légendaire festival "Monster Of Rock", fait partie des moments mythiques du groupe britannique. Beaucoup de monde a toujours dit beaucoup de bien de ce concert, décrit comme une performance technique de malade, avec un David COVERDALE au top, soutenu par un line-up d’anthologie incluant Steve VAI à la guitare (oui, LE Steve VAI).

Alors forcément, quand j’ai appris que l’enregistrement de ce fameux concert culte allait être édité en CD et DVD plus de vingt ans plus tard, j’en ai eu l’eau à la bouche. Je n’avais jamais vu ledit concert auparavant, et n’avait même pas connaissance de son existence pour la simple et bonne raison qu’en août 1990, je sortais à peine du berceau… Comme WHITESNAKE fait partie de mes groupes fétiches, je me suis dis que ça ne pouvait être que super bien. Surtout si l’on tient compte du fait que le groupe au serpent blanc était au zénith de sa popularité en 1990 et qu’en plus, l’un des guitaristes parmi les plus célèbres de toute l’histoire du rock’n’roll était de la partie. Alors j’ai cassé ma tirelire sans me poser plus de questions. Après coup, je me suis sérieusement demandé si j'avais bien fait.

"Live At Donnington 1990" est proposé dans trois versions : CD, DVD et CD+DVD. Histoire de ne pas faire les choses à moitié, j’ai opté pour le troisième choix. Je commence logiquement par le CD. Attention suspense ! Une intro interminable et inutile à base de bruits de décollage d’avion introduit le concert, et, tournée promotionnelle de "Slip Of The Tongue" oblige, c’est le titre éponyme de cet album qui ouvre les hostilités. Première bonne surprise, le son est excellent, et beaucoup d’albums live ne peuvent pas se prévaloir d’une telle fidélité à la performance d’origine. Seconde bonne surprise : le concert est proposé tel quel, brut, sans retouches en studio. Pas besoin d’avoir à le prouver, ça s'entend. Après un énorme "Slide It In" et ses guitares rugissantes, le concert suit son cours dans un véritable déluge d’énergie. Si vous aimez les défis techniques, vous en aurez pour votre argent : ça part dans tous les sens. Steve VAI est en pleine forme, balançant sans retenue des soli de guitare hallucinants et ces fameuses sonorités bizarres qui ont fait sa renommée. Bien que tout entier dans l’ombre d’une légende pareille, Adrian Vandenberg n’est pas en reste pour autant, exécutant avec une aisance bluffante sa tâche sans faiblir du début jusqu’à la fin. Quant à Tommy Aldridge, il blaste à fond les manettes et sans temps morts avec une précision chirurgicale. Tout ce petit monde s’en donne à cœur joie au gré d’une set-liste ne faisant l’impasse sur aucun grand classique de WHITESNAKE.

Mais derrière ce tableau charmeur, on décèle vite plusieurs problèmes. Le premier d’entre eux, c’est David COVERDALE lui-même. Pas question pour moi de remettre en question le talent d’un des plus grands chanteurs de l’histoire du Hard Rock. Mais sur ce coup-là, il faut bien admettre que sa voix est littéralement à chier. Sans doute affaiblies par une tournée mondiale harassante, ses cordes vocales ne tiennent clairement pas le coup sur les aigus et les passages les plus mélodiques. Sévèrement enroué dès le troisième titre, le pauvre David s’égosille du mieux qu’il peut et sombre parfois dans des râles inélégants pas franchement dignes de sa réputation. On sent qu’il donne le meilleur de lui-même, mais la voix est un instrument capricieux et à l’évidence, ce soir-là, elle en faisait un gros, de caprice.

L’autre gros problème, c’est la dimension effroyablement indigeste de ce concert : 1h40 de soli de guitare, de soli de batterie, de défis techniques ahurissants… C’est marrant les deux premières fois, mais on se lasse rapidement de cette orgie instrumentale qui fait la part belle à la frime au détriment de l’efficacité directe. Alors oui, Steve VAI est un mec extrêmement talentueux, mais pour l’écouter d’une traite balancer ses plus grands délires pendant près de deux heures, il faut vraiment avoir l’estomac bien accroché. Le gaillard occupe une place absolument démesurée tout au long de la performance, s’autorisant quelques improvisations pas forcément pertinentes, à l’image de son insupportable montée dans les aigus sur le riff de "Judgement Day". Il a même droit à ses dix petites minutes de gloire personnelle vers la fin du concert avec deux morceaux issus de son registre, "For The Love Of God" et "The Audience Is Listening". Bref merde à la fin, c’est un concert de WHITESNAKE quand même… On est également vite épuisé par le jeu souvent trop brutal d’Aldridge, qui use et abuse de la double grosse caisse dans un registre peu adapté à ce type d’exercice.

Au milieu d’une débauche pareille, on a parfois un peu de mal à s’y retrouver, certaines longueurs nous faisant perdre le fil d’une chanson à une autre (et un solo de guitare par-ci, et un gros blast à la batterie par-là… Attends merde, ils jouent quel titre déjà là ?). Surtout qu'à force de tout donner, tout le monde finit par s’essouffler vers la fin, exécutant péniblement "Bad Boys" et "Still Of The Night" dans un registre lourdaud qui manque de pêche. Un peu moins d’orgasmes musicaux individuels aurait peut-être dégagé plus de temps pour d’autres morceaux et une performance globale un peu plus concrète et cohérente. D’ailleurs, les meilleurs moments du concert sont clairement ceux pendant lesquels le groupe se contente d’aller droit au but : "Cheap An' Nasty" est juste fabuleux avec son rythme haletant et ses chœurs hargneux (qu’on entend vraiment trop peu distinctement, ce qui est gênant quand COVERDALE oublie de chanter sur les refrains), et VAI trouve enfin sa place sur un "Fool For Your Loving" d’anthologie. Et on ne résiste évidemment pas au plaisir d’entendre le public reprendre à plein poumons les paroles de "Ain't No Love In The Heart Of The City"…

Comme précisé au début de cette chronique, "Live At Donnington 1990" est aussi disponible en DVD. Oubliez ce support : il est totalement inutile. Affligée d’une image plutôt cheap avec des couleurs dégueulasses et un gros problème de netteté, le visuel n’est clairement pas à la hauteur du sonore. Le concert a par ailleurs été très mal filmé, se résumant à une succession de gros plans qui donnent une impression d’étroitesse totalement contradictoire avec le gigantisme de la performance, et qui ne rendent pas hommage à l’immense scène du festival. J’ai d’ailleurs trouvé ça un peu scandaleux de proposer le DVD tout seul, sans le CD. Vraiment, si vous avez à faire un choix, n’hésitez pas une seule seconde : prenez le CD. Le DVD ne mérite pas qu’on dépense de l’argent pour lui.

C’est l’heure du bilan, et s’il est plutôt mitigé (vous l'aurez compris), il s'avère être finalement globalement positif. Ça reste quand-même du WHITESNAKE, faut pas déconner non plus… Mais ce "Live At Donnington 1990", au demeurant spectaculaire, est affligé de nombreux défauts. Interminable, indigeste et bordélique, il met en valeur des musiciens extrêmement talentueux mais qui semblent opérer en dehors de toute forme de cadre contraignant, se contentant de partir dans tous les sens pour notre plus grand déplaisir. Et COVERDALE n’est pas forcément là pour sauver la face avec sa voix rauque et fatiguée. Aussi culte soit-il, ce concert aurait peut-être dû rester à l’état de bootleg, parce qu’en dehors des fans, je ne vois pas vraiment qui il pourrait intéresser. Je lui préfère "Live: In The Shadow Of The Blues", mieux foutu et moins prétentieux. A vous de voir…

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   ALANKAZAME

 
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- David Coverdale (chant)
- Steve Vai (guitare)
- Adrian Vandenberg (guitare)
- Rudy Sarzo (basse)
- Tommy Aldridge (batterie)
- Rick Serate (claviers)


- cd 1
1. Slip Of The Tongue
2. Slide It In
3. Judgement Day
4. Slow An Easy
5. Kittens Got Claws
6. Adagio For Stato
7. Flying Dutchman Boogie
8. Is This Love
9. Cheap An Nasty
10. Crying In The Rain

- cd 2
1. Fool For Your Loving
2. For The Love Of God
3. The Audience Is Listening
4. Here I Go Again
5. Bad Boys
6. Ain't No Love In The Heart Of The City
7. Still Of The Night



             



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