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2015 The Purple Album
 

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- Style + Membre : Dokken, Snakecharmer, David Coverdale, Msg, Coverdale - Page, Montrose

WHITESNAKE - The Purple Album (2015)
Par DARK SCHNEIDER le 10 Juin 2015          Consultée 4453 fois

Tiens, le serpent blanc vire au pourpre. Plus d'inspiration, alors on refourgue des reprises de son ancien groupe ? Ou sincère hommage suite au décès de Jon Lord en 2012 ? C'est bien sûr la deuxième excuse qui fut avancée par Coverdale et son management pour justifier le concept de ce 12ème album. Et puis à vrai dire, si "Good To Be Bad" se contentait de faire du fan service sans envergure, "Forevermore" laissait quant à lui entrevoir de beaux restes suffisamment prometteurs pour l'avenir (si on y enlevait un peu de gras). Ce projet de "Purple Album" n'était donc pas forcément ce que l'on pouvait attendre de la part d'un groupe qui semblait en avoir encore sous le coude. Mais il faut dire qu'en 2014 le groupe a connu un changement de taille : le départ de Doug Aldrich (et le retour de Tommy Aldridge derrière les fûts). Aldrich était rien de moins que le principal compositeur et producteur du groupe. C'est l'assez peu connu Joel Hoekstra (NIGHT RANGER) qui comble la place laissée vacante. De là à dire que cet album de reprises est une façon de gagner du temps avant de s'atteler à de nouvelles compositions...

Mais peu importe. L'essentiel est de savoir si ce projet en valait la peine, et la réponse est oui, mille fois oui ! WHITESNAKE, non content de proposer un super album, réussit au passage une véritable prouesse. Car redonner une nouvelle jeunesse à ces morceaux de Hard très typés par leur décennie, avec un chanteur qui a pris 40 ans d'âge, n'avait rien d'un exercice facile. Ce "Purple Album" voit donc WHITESNAKE revisiter trois albums de DEEP PURPLE : "Burn", "Stormbringer" et "Come Taste The Band", soit ceux sur lesquels chantait David Coverdale, mais, ne l'oublions pas, également Glenn Hughes pour une part non négligeable. Le défi est donc de taille. Et franchement on peut d'emblée le dire : tonton Cov' assure grave, son serpent blanc frétille toujours aussi vivement ! Évidemment, 40 ans de loyaux services à chanter le Rock et les femmes ça vous use une voix. Terminé depuis longtemps les cris suraigus façon Robert Plant (pas grave, de toute façon Coverdale ne chantait pas ainsi à ses débuts). On accorde donc les guitares plus bas et hop ça passe. On constatera aussi que durant toutes ces années Coverdale a suivi avec assiduité ses consultations chez son orthophoniste car c'est juste hallucinant à quel point il articule beaucoup mieux que dans le temps. Avouons qu'à l'époque le chant de Coverdale ressemblait parfois à du yaourt tellement il bouffait les syllabes. Si sa voix est donc moins puissante, elle gagne vraiment en clarté, et rien que ça, ça donne de l'intérêt à ce disque, la ballade "Soldier Of Fortune" en est un exemple frappant.

Quoi de mieux en tout cas que de commencer par "Burn" ? Ce morceau a toujours eu un énorme potentiel pour être un hymne purement Heavy Metal et c'est donc pour cette direction qu'opte WHITESNAKE. Une relecture Heavy survitaminée, des soli de guitare rallongés (superbe intronisation du nouveau gratteux), un direct d'entrée de jeu dans la tronche. C'est certes la reprise la moins surprenante car déjà testée live ces dernières années, mais quand même ! Et surtout elle nous rassure d'emblée sur la façon dont sont reprises les parties originalement chantées par Hughes : c'est Reb Beach qui s'y frotte, et, sans égaler le légendaire bassiste-chanteur, il s'en tire admirablement. Mieux, il faut bien avouer qu'à certains moments l'on ne regrette absolument pas Hughes. En témoigne "Holy Man" ; non seulement ce morceau constitue une véritable prise de risque mais en plus peut être considéré comme supérieur à l'original. On parle là d'un titre qui était entièrement dévolu à Glenn Hughes, une soupe funky assez gnangnan qui a pourtant ses adorateurs. Sans le transformer en profondeur, David Coverdale lui donne cependant un bon coup de fouet et apporte bien plus de chaleur aux lignes de chant.

De la prise de risque, il y en donc sur ce disque. On n'est pas dans la bête reprise à la note près. Celles qui se rapprochent le plus des versions initiales, comme "Lady Double Dealer" par exemple, prennent cependant un gros coup de boost, le groupe y mettant une énergie que serait bien incapable d'égaler le DEEP PURPLE actuel. D'autres se font vraiment plus osées, telle cette relecture de "Sail Away" en acoustique, ou ce "You Fool No One" sur lequel se greffe une rythmique quasi militaire. Évidemment, il ne faut pas toujours s'attendre à des miracles. "You Keep On Moving" ne retrouve pas la magie de l'originale, et "Mistreated" ne restitue pas non plus toute l'intensité dramatique de la 1ère version de 1974. "Lay Down Stay Down" se fait également un peu balourd. En revanche, que du bon avec un superbe "Comin' Home" très axé guitares, un "The Gypsy" plus électrique et même un "Stormbringer" transfiguré par de nombreux effets vocaux totalement idoines avec la dimension SF de ce titre.

Si l'on veut tout de même polémiquer sur ce disque, il y a un point précis à critiquer : la présence du clavier. Pour un album en partie né de l'idée de rendre hommage à Jon Lord, on ne peut pas dire que l'instrument de ce dernier soit très mis en avant (voire quasiment zappé parfois, comme sur "Might Just Take Your Life"). Les quelques passages d'orgue Hammond sont peu appuyés, et d'une manière générale les guitares sont bien plus mises en avant que les claviers. D'ailleurs, le claviériste du groupe était sur le départ durant l'enregistrement, remplacé depuis par Michele Luppi (claviériste... euh en fait chanteur de SECRET SPHERE, si si). Cela dit, au bout de quelques écoutes on n'y pense plus vraiment vu l'angle d'attaque de ces covers (qui ne valent pas que dalle) largement Heavy Metallisées. Et même parfois, ça fait du bien à certains titres, notamment "Love Child", proposé ici dans une version enfin pleinement aboutie, débarrassée des horribles bidouillages de synthé Moog.

Loin d'être un simple album bonus, ce "Purple Album" se pose comme l'une des plus belles pierres apportées à l'édifice WHITESNAKE. Il relègue les deux derniers opus loin derrière lui. Il propose de plus un son plus aéré (on pourrait d'ores et déjà penser que le départ d'Aldrich a fait du bien au groupe, mais attendons pour cela de véritables nouvelles compos pour se permettre de juger). La démarche de David Coverdale est même courageuse quand l'on sait que les deux tiers de ces morceaux n'avaient plus été interprétés depuis 40 ans. Hormis pour la pochette qui respire la facilité, on ne peut vraiment pas dire que WHITESNAKE se soit foutu de nous. Un grand bravo !

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Par GEGERS




 
   DARK SCHNEIDER

 
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- David Coverdale (chant)
- Reb Beach (guitare)
- Joel Hoekstra (guitare)
- Michael Devin (basse)
- Tommy Aldridge (batterie)


1. Burn
2. You Fool No One
3. Love Child
4. Sail Away
5. The Gypsy
6. Lady Double Dealer
7. Mistreated
8. Holy Man
9. Might Just Take Your Life
10. You Keep On Moving
11. Soldier Of Fortune
12. Lay Down Stay Down
13. Stormbringer
14. Lady Luck (bonus Track)
15. Coming Home (bonus Track)



             



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