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TRUST - Ni Dieu Ni Maître (2000)
Par DARK SCHNEIDER le 25 Mars 2010          Consultée 6122 fois

La seconde reformation de TRUST en 1996 s’était soldée par un succès indéniable comme en témoignent les très bonnes ventes d’"Europe et Haines". Ce dernier était un bon album, certes manquant d’agressivité, mais contenant des morceaux inspirés et témoignant d’une vraie sincérité artistique : on sentait la volonté du groupe de proposer un album travaillé et de qualité. En revanche, la tournée qui suivit laissa les fans un peu plus perplexes : en cause l’absence de second guitariste, faisant perdre de la puissance au combo, et les sautes d’humeur de Bernie. Le groupe communiqua peu par la suite, c’est donc avec surprise que nous apprenions la sortie de l’album "Ni Dieu Ni Maître" en 2000. Nono, qui désormais s’occupait entièrement de la promo, annonça alors un album Hard Rock, brut de décoffrage.
Impossible de ne pas se sentir floué au vu du résultat.

Entre le titre on ne peut plus bateau et la pochette constituée d’un bête photo montage, c’est avec appréhension que l’on débute l’écoute de cet opus. Il commence plutôt pas mal avec un "Manque De Trop" effectivement bien rock et efficace, mais rien non plus de bien transcendant. Et tout de suite l’on sent que quelque chose cloche : le son notamment. De ce côté-ci, l’album est effectivement bien brut… trop. Ce n’est même pas que cet album soit mal produit, c’est que "Ni Dieu Ni Maître" semble être resté au stade de démo. Le son est plat et peu travaillé, les lignes de chants de Bernie sont brouillonnes, pas finalisées. Aucun membre du groupe n’en ressort grandi, mis en valeur. Ce fait allait être confirmé par les événements suivant la sortie de l’album. Bernie intentant purement et simplement un procès à Nono, ni plus ni moins, reprochant à ce dernier d’avoir sorti cet album sans son consentement. Bernie indiquait alors qu’il considérait ses parties vocales comme des versions de travail, l’écoute du disque ne peut que lui donner raison. En fait, Bernie avait déjà décidé à l’époque de quitter le groupe, trop occupé par ses projets au cinéma, il s’était juste libéré quelques jours pour enregistrer rapidement ses vocaux sur une musique déjà composée et mise en boîte. La justice trancha en sa faveur, et l’album fut retiré définitivement des bacs ! Le premier pressage fut intégralement écoulé, 40 000 exemplaires tout de même.

"Ni Dieu Ni Maître" est donc l’album fantôme de TRUST. Néanmoins il a existé à une époque et contient donc 12 titres censés être rock et efficaces. On déchante vite. L’album est finalement bien mou. Un titre comme "Dieu Est Conservateur… Le Diable Est Libéral" sonne carrément comme du Gainsbourg, l’exercice est intéressant, mais a-t-il vraiment sa place sur un album de TRUST ? Idem pour l’intimiste "Edouard", autre exercice de style, flirtant avec une certaine forme de chanson française ; ça n’aurait pas dépareillé sur un album solo de Bernie, mais ici il paraît hors-contexte. Et quand TRUST décide de faire parler la poudre, on a droit à "Môrice" : une parodie de punk rock, mauvaise en plus.

Néanmoins, l’album contient quelques bons titres qui nous font ressentir un plaisir coupable à son écoute. "Maréchal", le seul vrai morceau hard rock du disque, est réellement réussi, de même que "Question D’éthique" et "Drôles De Gens", des morceaux moins enlevés mais assez travaillés pour le coup. Ces titres mériteraient d’être réenregistrés pour pouvoir les apprécier pleinement. "Révolutionnaire" et "Fin De Siècle" pourraient aussi contenter les moins difficiles, le refrain de "Fin De Siècle" est par exemple plutôt bien torché, mais définitivement ruiné par la prod'.

L’instrumental "Pensées" qui clôt cet opus est peut-être un signe qui confirme que Nono avait la main mise sur ce disque. Il s’agit d’un morceau technoïde dans la veine de certains travaux de Jeff Beck, plutôt pas mal, mais une fois de plus on se demande ce que ça vient faire là.

Dans l’ensemble, on sent que Bernie n’est pas super impliqué dans ce projet, ses textes sont parfois peu inspirés, les plus faibles de sa carrière, et ses lignes de chant pas toujours très appliquées (mais comme on l’a vu plus haut, pour lui ce n’était pas des versions définitives). Il est en revanche indéniable que Nono et le bassiste David Jacob se sont particulièrement investis dans l’écriture et les arrangements ; mais qu’il est regrettable de constater que le résultat final est bien loin de leurs espérances, et des nôtres !

A vrai dire, il n’est nul besoin de continuer de s’étendre sur le contenu de cet album, tant il est agaçant de constater que TRUST nous a livré une œuvre inachevée, bâclée. Ce disque n’aurait jamais dû sortir dans ces conditions : mal produit, musicalement incohérent, manque d’implication de Bernie. "Ni Dieu Ni Maître" accumule les tares. Ce disque sonne le glas pour le groupe, de bien triste manière, pathétique. Un glas temporaire, mais ça les fans commençaient à en avoir l’habitude !

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Bernie Bonvoisin (chant)
- Norbert Krief (guitare)
- David Jacob (basse)
- Hervé Koster (batterie)


1. Manque De Trop
2. Question D'éthique
3. Fin De Siècle
4. Edouard
5. Môrice
6. Révolutionnaire
7. Maréchal
8. Dieu Est Conservateur, Le Diable Est Libéral
9. Chaque Homme
10. Drôles De Gens
11. Chair & Honneur
12. Pensées



             



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