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VENOM - The Waste Lands (1992)
Par SHUB-NIGGURATH le 17 Mars 2008          Consultée 4854 fois

Sorti bien trop tard et au pire des moments, « Temples of Ice », pourtant pétri de qualités, n’en fût pas moins un magnifique échec commercial. L’évolution vers un heavy/thrash soigné et mélodique impulsée par Tony Dolan avait beau être agréable, elle n'aura finalement que contribué à faire rentrer le groupe dans le rang et donc à renforcer son anonymat, alors que les monstres sacrés atteignaient leur apogée. Les fans de la première heure, nourris de la notoriété et de l’image véhiculées par les trois premiers albums du groupe, ont de leur côté définitivement changé de crèmerie, préférant les produits plus sulfureux qui abondaient par ailleurs.

Un four de plus pour VENOM, donc. Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous. Sauf pour la maison de disque, bien évidemment, qui l’a franchement mauvaise de s’être laissée convaincre de cracher au bassinet, comme la première bleusaille venue, sur les seules bonnes mines de Mantas et Abaddon. Under One Flag a désormais conscience que l’appellation VENOM ne vaut plus un kopek et qu’elle ne suffit plus à appâter le chaland. Pourtant, le label accepte une nouvelle fois de remettre au pot, on ne sait trop pourquoi d’ailleurs (philanthropie ou folie suicidaire), à condition d’obtenir presto un album enfin susceptible de convaincre quelques acquéreurs.

Le problème, c’est qu’à vouloir courir aussi vite derrière un public que l’on a soi-même dynamité aux quatre vents, on risque inévitablement de se casser la gueule. Al Barnes l’a bien compris, et décide de quitter la galère avant son naufrage définitif. Après tout, Mantas semble maintenant capable de se dépatouiller tout seul, preuve en serait ses bonnes prestations sur l’album précédent. Malheureusement, on s’apercevra vite qu’en l’absence de son tuteur, il est complètement paumé et en panne totale d’inspiration. Les capacités de composition d’Abaddon restant proches du néant, ce n’est pas lui non plus qui saura décider de la direction à suivre. Il demandera par conséquent à ses deux potes, venus occasionnellement titiller les claviers auparavant, de s’investir ici davantage, sous le mystérieux pseudonyme de V.X.S.

C’est encore une fois cette bonne poire de Dolan qui consentira à chapeauter l’ensemble. Qui d’autre le pourrait, de toute façon ? Seulement, lessivé par les efforts précédemment fournis, qui plus est récompensés par des clopinettes, il n’a plus la force ni l’envie de conduire la manœuvre. Il se contente donc d’assurer le minimum syndical en raccommodant, à l’aide de ses propres pièces, les différents oripeaux que les autres auront pu tricoter dans leur coin. Il a définitivement remisé sa basse virevoltante, son chant est beaucoup moins puissant, et sa manière autrefois terrible de rouler les « r » à la britannique paraît ici très artificielle. En désespoir de cause, il a demandé à son ami et guitariste Steve « Warmaniac » White, qui avait déjà exécuté quelques piges sur « Temples of Ice », de venir l’épauler. Techniquement doué, ce dernier n’a cependant pas le tranchant d’un Al Barnes, et les riffs incisifs que l’on avait auparavant pris plaisir à entendre présentent ici un fil sérieusement émoussé.

En fait, il semble que chacun ait tenté de retrouver, s’il exista un jour, l’esprit sombre des origines de VENOM sans occulter la recherche mélodique des dernières années. Il va sans dire que le dynamisme pétaradant de « Temples of Ice » a complètement disparu et que l’image d’une formation soudée et énergique s’est vaporisée. En d’autres termes, un drôle exercice de cadavre exquis auquel Dolan, en roue libre totale, a bien du mal à donner quelque saveur, avouant qu'il a lui-même atteint ses propres limites et ne sait pas comment renouveler la marque qu'il a posée dès son arrivée. Le résultat, nimbé d’écoeurantes effluves de naphtaline, est paradoxalement stéréotypé et n’engendre que de rares bonnes surprises.

Le premier titre, « Cursed », donne toute la mesure de cette démarche biscornue. Une interminable introduction de deux minutes trente aux claviers, mâtinée d’étranges arrangements ambient et orientaux, suivie d’un heavy aux arabesques sympathiques, cependant trop essoufflées pour transmettre de réels frissons, et interrompu par un long pont tombant comme un cheveu sur la soupe, censé reproduire l’ambiance éthérée de l’intro. Le fondu final du refrain finit d’engourdir un auditeur, que le plus punchy « I’m Paralysed », sentant à plein nez la composition trop facile d’un Dolan dans l’esprit de l’album « Prime Evil », aura bien du mal à ragaillardir. Il faudra attendre, dans la même veine, le thrash conventionnel mais autrement plus convaincant de « Kissing the Beast », pour redonner quelques couleurs à un ensemble trop terne, qui frise parfois le ridicule lorsque le speed basique de « Black Legions » part en sucette sur le break préfabriqué de Dolan dont la basse guillerette accompagne une charge de hordes sataniques aussi terrifiante qu’une farandole de kermesse campagnarde.

La production, fade et dilettante, n’est pas faite pour arranger les choses. Les morceaux plus tranquilles comme « Crucified » et « Shadow King », malgré leur recherche mélodique, donnent dans le heavy rock franchement poussif, et on admettra, avec la plus grande mansuétude, que la volonté de ripoliner les murs d’origine est enfin réussie sur le hargneux « Wolverine ». Signe que Dolan a conservé une certaine conscience professionnelle, surtout lorsque certains textes sont d’une nullité affligeante. Par pure médisance, je les attribuerais au génie d’Abaddon, persuadé que pour toucher un public plus large, il suffit de puiser son inspiration auprès de bons bloackbusters. « Riddle of Steel » décrit ainsi les méchancetés d’un Thulsa Doom que Dolan, non sans un certain humour, couvre d’une approche manowarienne, tout comme il souligne bien, faisant enfin comprendre à Abaddon que les toms servent à quelque chose, les aspects mécaniques de « Need to Kill » relatant les déboires d’un certain Connor face à de vilaines machines psychopathes. En revanche, il ne peut rien sur l’inepte « Clarisse », chiantissime monologue d’un docteur Lecter qui ne ferait même pas peur à la première stagiaire venue du F.B.I. A fuir.

Toutes ces constatations pour dire que « The Waste Lands » n’est que du « Prime Evil » en beaucoup moins bien, et une énorme déception après le remarquable « Temples of Ice ». Un nouvel échec, qui marque la fin sans gloire de l'ère Dolan, pourtant la plus prolifique du groupe.

Note : 2/5, parce que l’indulgence a des limites.

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   SHUB-NIGGURATH

 
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- The Demolition Man (basse & chant)
- Mantas (guitare)
- Steve White (guitare)
- Abaddon (batterie)
- V.x.s. (claviers)


1. Cursed
2. I'm Paralysed
3. Black Legions
4. Riddle Of Steel
5. Need To Kill
6. Kissing The Beast
7. Crucified
8. Shadow King
9. Wolverine
10. Clarisse



             



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