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SPEED METAL  |  LIVE

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VENOM - Eine Kleine Nachtmusik (1986)
Par DARK BEAGLE le 24 Octobre 2017          Consultée 623 fois

Souvent, tout est une question de timing. Et à ce niveau, les petits gars de VENOM n’ont de leçon à recevoir d’absolument personne. Pourquoi ? La réponse tient en ce "Eine Kleine Nachtmusik" qui arrive à point nommé… Pour ne pas avoir l’impact espéré. Avant de conjuguer génie et VENOM, il faut se rendre à l’évidence que le moment idéal pour sortir un album live aurait été en 1983 ou 1984, quand tout le monde leur mangeait dans les mains, des petites miettes de pain enrobées de moutarde parce qu’à ce moment, le groupe piquait, et pas qu’un peu. Une formation qui, avec des bases musicales assez médiocres, avait réussi à s’ériger au rang de modèle pour une bande de jeunes loups affamés, qui n’allaient à présent pas tarder à réduire leur père spirituel en pièces.

En 1983, avec un "At War With Satan" certes bancal mais qui montrait un groupe évoluant vers quelque chose de moins brouillon, de plus travaillé, VENOM se dressait devant de nombreux groupes qui n’hésitaient pas à le citer comme influence, comme SLAYER ou CELTIC FROST. Le moment été idéal pour entériner la réputation du groupe avec un album live et cela n’a pas été fait. Parce que METALLICA piquait la vedette chaque soir aux Anglais ? Parce que cette jeune garde avait besoin de se prendre une bonne leçon ? Mais que penser de ce "Possessed", en 1985, qui donne l’impression que les Britanniques, si cela était possible, avaient régressé ? Qu’ils ne tenaient pas le choc face à "Hell Awaits", "Ride The Lightning" ou "To Mega Therion" ? Et que pire, ils avaient perdu le respect de certains groupes, comme celui de CELTIC FROST, quand Tom Gabriel Warrior, un type un peu allumé certes, s’est rendu compte que pour VENOM, les artifices sataniques étaient là pour le fun ?

Donc oui, sortir "Eine Kleine Nachtmusik" en 1986, après un disque très moyen, c’était clairement pas l’idée du siècle. Et si Mozart, à qui on a rien demandé, doit encore se retourner dans sa tombe, il aurait pu suggérer d’utiliser le "Lacrimosa" de son "Requiem" en introduction de ce live, cela aurait été plus de circonstance. Sans aller à dire que la Petite Musique de Nuit, suivie par un « ladies and gentlemen… From the very depths of hell… VENOM » représentent les meilleurs moments du disque, on a clairement le droit d’être circonspects face à cet enregistrement en public. Il y a quelque chose de fastidieux qui ressort de ce double-album.

Celui-ci rassemble deux parties de concert d’ailleurs, enregistré à deux moments fort différents. Le premier disque reprend un gig en octobre 85, le second s’attarde sur un autre d’avril 1986. Bon point pour VENOM, on ne ressent pas de baisse de régime entre les deux dates. Mauvaise chose cependant, le public semble aussi amorphe à l’une ou l’autre date, à de rares exceptions près. On l’entendra surtout sur "Black Metal", véritable classique du groupe, où le refrain sera repris en chœur par la foule. D’ailleurs, on remarquera que Cronos ne parle pour ainsi dire pas à son public, il n’y a pas d’échange, c’est comme si VENOM montait sur scène pour faire son show et puis basta.

En même temps, c’est triste à dire, mais les musiciens ne semblent pas avoir évolué depuis leurs débuts. Ce qui était marrant justement à l’aube des années 80 devient à présent gênant. On a Abaddon qui tape sur ses fûts comme un sourd, ramenant systématiquement les mêmes plans, Cronos bouffe une bonne partie du son avec sa basse archi saturée et Mantas… Ben Mantas, il ne se sort pas les doigts du cul, ce qui est assez gênant quand on joue de la guitare… D’ailleurs, l’implication de ce dernier commençait sérieusement à s’étioler et cela était déjà perceptible sur "Possessed", où il se contentait de recycler certainq de ses plans, sans chercher à amener quelque chose de neuf. Et aussi, qu’à l’issue de cette tournée, il allait claquer la porte du groupe, ce qui est autrement plus gênant.

Et puisque l’on parle de "Possessed", l’album est assez logiquement sous-représenté, à peine trois sur les dix huit titres que propose ce Live. Les musiciens ont très vite compris que cet album n'était pas convaincant ; les critiques de l'époque l'avaient pas mal molesté. Et encore, ils ont gardé "Flytrap" alors que "Powerdrive" aurait été certainement plus marquant. On se retrouve donc avec une setlist très conventionnelle, pas si mal foutue que ça (bon, il manque "Manitou", mais bon, on ne peut pas tout avoir et là, vu la tronche de la crémière, ce n’est pas un mal) et qui aurait pu, légèrement remaniée, être très correcte en 1983. Aucun un problème de timing.

Parce que même si VENOM semble souvent être en mode pilotage automatique tout du long, où il se contente d’asséner les morceaux avec dans l’idée d’être le plus véloce possible, il arrive très bien à retranscrire le côté bordélique des albums, ce qui était leur charme justement (et rares sont les groupes qui ont réussi à plaire grâce à cela). Il y a quelques moments de bravoure, comme "Black Metal", "Witching Hour", "Countess Bathory" ou "Warhead", où VENOM montre qu’il est là, qu’il faut compter sur lui, qu’il peut encore être dangereux. Puis il y a ces passages où il sonne creux, étrangement absent ("In Nomine Satanas", "Die Hard"), ou quand Mantas et Cronos se livrent chacun à l’exercice du solo, ennuyeux au possible. Dieu merci, on nous épargne celui d’Abaddon !

Tout est une question de timing. Le produit, quasiment similaire, corrigé, avec plus d’envie, serait sorti en 1984, il aurait eu plus de retentissement. Là, il ne ressemble plus qu’au testament scénique de Mantas et il n’est pas bien folichon. À vouloir montrer aux petits jeunes qui est le patron, VENOM étale clairement ses (nombreuses) faiblesses et offre un bâton supplémentaire pour se faire battre. "Eine Kleine Nachtmusik" est un album live très moyen, qui ressemble d’ailleurs plus à un best-of sur scène qu’autre chose. Une façon de découvrir le groupe sur ses quatre premiers opus et de faire son choix en fonction de ce que l’on préfère. Pour ma part, je vais me refaire un petit "Welcome To Hell"…

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- Cronos (chant, basse)
- Mantas (guitare)
- Abaddon (batterie)


- disque 1
1. Intro (eine Kleine Nachtmusik)
2. Too Loud For The Crowd
3. Seven Gates Of Hell
4. Leave Me In Hell
5. Nightmare
6. Countess Bathory
7. Die Hard
8. Schizo
9. Guitar Solo : Mantas
10. In Nomine Satanas
11. Witching Hour
- disque 2
12. Black Metal
13. The Chanting Of The Priests
14. Satanachist
15. Flytrap
16. Warhead
17. Buried Alive
18. Love Amongstthe Dead
19. Basse Solo : Cronos
20. Welcome To Hell
21. Bloodlust



             



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