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The OCEAN - Precambrian (2007)
Par FENRYL le 21 Janvier 2008          Consultée 8792 fois

Le géologue que je suis se trouve particulièrement émoustillé, quand, à la fin de l'année 2007, arrive jusqu'à ses oreilles ce « Precambrian »: comment ne pas se pincer lorsque l'on lit des termes de géologie sur des nouveautés Metal !
Ce collectif teuton avait réussi à attirer mon attention avec leurs précédents opus « Fluxion/Aeolian » (regroupés depuis peu dans un seul digipack somptueux) par une volonté de soigner l'habillage de leur production. Dans cette société de consommation outrancière et exacerbée, si vos yeux sont flattés, vous tentez l'aventure musicale... Et grand bien m'en a pris sur ce coup là !
Artwork splendide une nouvelle fois (percé de trous pour laisser entrevoir différentes images) et livrets de toute beauté, cet pantagruélique double album de presque 1h30 de musique extrême progressive repose sur un concept album délivré dans un véritable écrin.

LE CONCEPT
- Formation: première étape obligatoire dans la progression de cette œuvre monstrueuse, THE OCEAN est un collectif. Déjà dit, je sais, mais pas ceux auxquels on pense. Je parle ici d'une communauté de 26 musiciens ayant participé au projet !! Si ce nombre de personnes créditées est tout bonnement hallucinant, dans le contexte du live, il oscille entre 5 et 9 membres. Chaque musicien est libre d'aller et venir afin de proposer sa touche personnelle sur un album.

- Compositions:
Le Précambrien (francisé pour l'occasion) est un terme géologique faisant référence à une période courant de la formation de la Terre (- 4 600 Ma – Millions d'années) jusqu'à -570 Ma (cette dernière limite est encore fortement controversée à l'heure actuelle). Il regroupe les trois premiers éonothèmes des temps géologiques (l’Hadéen, l’Archéen et le Protérozoïque) représentant la première et plus grande période de l'histoire de notre bonne vieille planète, et de loin: 88% à elle seule, mais c'est aussi de loin la moins connue du grand public (car les formes de vie prenaient l'apparence d'animaux pluricellulaires aux corps mous ou d'algues).
Si les deux premières ères sont incompatibles avec la vie pour cause d'éruptions volcaniques, d'atmosphère non viable, pluies acides... Tout un programme dans un paysage agressif, brutal, violent à l'extrême, le Protérozoïque quant à lui voit l’arrivée des premières formes de vie, grâce à une évolution de l'atmosphère entre autre (l’environnement se montre plus clément) et la mise en place de la fameuse tectonique des plaques.
Au final donc, chaque piste de l'album correspond ainsi soit à une ère des éons Hadean / Archean ou à une période du Protérozoïque.

LA MUSIQUE
C'est donc ici que le concept prend tout son sens. Robin Staps, fondateur, bassiste et tête pensante du monstre (également compositeur et manager) nous a concocté deux épisodes distincts dont les compositions correspondraient à un tableau auditif des milieux de vie de chaque époque.
E.P - « Hadean / Archean » (22 minutes/ 5 titres) :
Des compositions rageuses, violentes où les guitares, basses et batteries sont les seules maîtres à bord. Reposant sur des riffs agressifs à souhait, les tracks s'enchaînent, délivrant systématiquement des lignes de chants gutturaux balayant un paysage hostile, étouffant, pour ne pas dire suffocant.
Mais ne vous trompez pas, sous leurs murs de six-cordes en béton et leurs montagnes de décibels hurlées/criées, c'est bien le chaos qui règne: un dérèglement signifié par la construction ultrabreakée des titres: « Eorchean » en est la parfaite illustration, se payant même le luxe de laisser apparaître un pseudo solo, entre une multitude de changements de rythme ! « Paleoachean », morceau très court, engagé comme une déflagration, s'achève sur un faux mid-tempo des plus jonctionnels avec « Mesoarchean », histoire de nous prouver une fois de plus, que chaque titre est mûrement réfléchi et enchaîné avec son successeur dans la chronologie de l'histoire...
Vous l'aurez compris, les compositions présentes sur cet E.P sont les plus brutales et les plus extrêmes de la double galette (on notera au passage qu'il n'existe pas de réel chanteur attitré dans le combo étant donné que l'on change de hurleurs à quasiment tous les titres). Metalcore extrême pour certains, brutal hardcore pour d'autres, les qualificatifs n'ont pas fini de poindre le bout de leur nez tant THE OCEAN navigue sur une mer démontée qu'il semble être le seul à même de dompter et de maitriser.

Verdict: 3,5/5.

Et comme chaque changement d'ère géologique est marqué par une crise biologique, on bascule vers le Proterozoïque, totalement différent et tellement novateur.

« Proterozoic » (61 minutes):
Suite à une entrée en matière des plus sympathiques, pour ne pas dire réussie, sans pour autant être fondamentalement novatrice, on bascule dans une ère beaucoup plus paisible, posée.
Et le changement d'ambiance est lui aussi radicale. Si on retrouve nos instruments précédemment cités, l'apparition tout au long de l’album de piano, d’orgue, de violon, de saxophone, de violoncelle, de viola, et même d'un glockenspiel (pseudo xylophone présent dès l'incroyable doublette « Siderian » - « Rhyacian », tour à tour lancinante et destructrice tout au long de ses 2 + 11 minutes) aura pour conséquence d'apporter une ambiance des plus surréalistes.
On savoure le passage ultra aérien de violon au milieu d'un « Orosirian » qui s'achève par une envolée de batterie qui emporte tout le titre ! Succulent ! C'est assurément mon coup de coeur de l'album (l'apparition de voix féminines donne une forme de volupté avant une déferlantes de blasts).
Et c'est sur cette perle que s'ouvre à nous la découverte de nouveaux horizons au niveau desquels THE OCEAN laisse éclater son talent d'orchestration sur des titres largement plus instrumentaux: « Statherian » et son sample introductif, « Calymmian » ouvertement dépressive en intro puis rageusement extrême dans son chant, ou encore la diabolique ouverture piano/violoncelle de « Ectasian » et ses lignes de chants clairs (tout comme « Stenian » composée sur un principe globalement similaire).
On comprend aisément dès lors que tous ces titres s'ouvrent de manière sereine et paisible, avec chacun leur propre caractéristique et/ou instrument (basse très marquée/piano pour « Tonian ») pour ensuite rejoindre la route plus escarpée et remuante de l'extrême (son alternance chant clair/chant death) pendant une durée totale de plus de 8 minutes systématiquement !

A l'heure de refermer cette chronique, un constat s'impose: nous avons là un disque complexe, donc relativement difficile d'accès. THE OCEAN a placé la barre tellement haute que chaque moment paraît disséqué et réfléchi: on pratique ici de la musique élitiste à n'en pas douter tellement la complexité des compositions est à la hauteur du chantier colossal que représentait le concept. On retrouve des citations de Baudelaire, ou du comte de Lautréamont (et bien d'autres) qui sont déclamés par une dizaine des chanteurs et non des moindres, de la scène extrêmes/hardcore... Jugez plutôt: BREACH (Thomas Hallbom), CONVERGE (Nate Newton), INTEGRITY (Dwid Hellion), CAVE-IN (Caleb Scofield), TEXTURES (Eric Kalsbeek)…
Nos berlinois ouvrent une voie des plus originales à la manière d'un OPETH avec lequel on peut finalement trouver nombre de connexions.
Et si je vous dis que le tout est doté d'une production hors du commun, j'espère vous avoir convaincus que ce groupe mérite un voyage initiatique, quand bien même que vous n'êtes pas un adepte de ce genre de production.

Verdict: 4,5/5

Conseils: Un tour sur le MySpace du groupe pour se délecter d'un « Orosirian », présenté par son second nom de baptême (pas le scientifique donc) « For the great blue cold now reign ». http://www.myspace.com/theoceancollective

Surprise: Le navire et son équipage ont été parfaitement capables de nous retranscrire ce que la géologie nous démontre sur le terrain et par l'expérience: une série de périodes troubles, obscures, destructrices et impropres à la vie telle que nous la connaissons actuellement, entrecoupées par des parenthèses évolutives, pendant lesquelles régnaient des conditions de vie plus douces et propices aux changements, permettant une progression par étapes (ou bien le contraire).

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- Torge Liessmann (batterie et percussions)
- Matt Beels, Robin Staps, Walid Farruque (guitare)
- Mike Pilat, Hannes Huefken, Jonathan Hei (basse)
- Stefan Heinemeyer (violoncelle)
- Karina Suslov (viola)
- Christoph Von Der Nahmer (violon)
- Katharina Sellheim (piano)
- John Gürtler (saxophone)
- Daniel Eichholz (glockenspiel)
- Jonas Olsson (tambourin)
- Tomas Svensson (samples additionnel)
- Mike Pilat, Nico Webers,
- Rene Nocon, Robin Staps,
- Nate Newton, Dwid Hellion,
- Jan Oberg, Caleb Scofield,
- Eric Kalsbeek, Jason Emry, Meta (chant)
- Gerd Kornmann (percussions live)
- Robin Staps (samples, despotisme créatif)


- disque 1 - Hadean / Archean
1. Hadean
2. Eoarchaean
3. Paleoarchaean
4. Mesoarchaean
5. Neoarchaean

- disque 2 - Proterozoic
1. Siderian
2. Rhyacian
3. Orosirian
4. Statherian
5. Calymmian
6. Ectasian
7. Stenian
8. Tonian
9. Cryogenian



             



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