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METAL EXPERIMENTAL  |  STUDIO

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Devin TOWNSEND - Accelerated Evolution (2003)
Par DARK MORUE le 3 Mai 2014          Consultée 1973 fois

"Cette fois-ci est vraiment la dernière, j'en ai ma claque de ce monde, je quitte l'industrie de la musique à tout jamais."

Cette phrase est désormais aussi relative pour un fan de Devin TOWNSEND que ne l'est la notion de split chez SCORPIONS ou MINISTRY. Si c'était à prendre au pied de la lettre, le maestro aurait cessé tous travaux en 1998. Et 2000. Et 2001. Et 2003. Et 2006. Voir même 2007. Mais non, rien à faire, on arrive pas à s'en débarrasser, toujours il revient, plus ou moins en forme avec à chaque fois un problème mental différent. Mais vu que c'est toujours pour nous livrer des perles, on va pas s'en plaindre, surtout que dernièrement il s'est quand même bien calmé.
Après l'expérience traumatisante qu'a été "Infinity" et un séjour bien mérité en établissement spécialisé, et la dissolution de SYL ayant résulté en un percussif mais pas bien fini "Physicist", le chef d’œuvre total "Terria" nous montrait une facette toujours plus posée et belle de l'art du Canadien à peine 1 an plus tard... mais parasitée par des Fuck! intempestifs témoignant d'une rage non extériorisée. Du coup, reformation de SYL, et on a donc droit en 2003 à un énième come-back avec deux albums d'un coup. La routine quoi.

Mais, de manière surprenante, pour la partie lumineuse du diptyque ce n'est pas TOWNSEND lui-même qui nous revient mais un nouvel avatar du nom de DEVIN TOWNSEND BAND. Certes, ça ressemble beaucoup vu qu'il y a pas mal de mots en commun, mais ce patronyme a évidemment une signification qui sera de même complètement valable sur "Synchestra" : Devin n'est ici pas seul face au miroir, il joue au sein d'un groupe, et sa psychologie particulière et déjantée n'est pas forcément partagée par les autres (des musiciens alors inconnus mais qui jouent toujours à ses côtés à l'heure actuelle, dont le monstrueux batteur Ryan Van Poederooyen). Bien évidemment, cette implication moindre se ressent fortement, tout comme l'absence d'une rage aussi profonde qu'en 1997 s'est sentie sur l'album de STRAPPING YOUNG LAD éponyme sorti en même temps et faisant en quelques sorte office de côté obscur à ce "Accelerated Evolution".
Merde alors. Un album de Townsend ne plongeant pas au plus profond de son esprit malade n'en est donc pas un, si ? Qu'on se rassure, on n'est pas dans de tels extrêmes non plus, personne d'autre n'aurait pu accoucher d'une telle œuvre et avec beaucoup de recul, ce pavé de 2003 fait partie de mes pièces préférées de son géniteur, bien que j'accorde qu'il soit à des années lumières d'être le meilleur.

Pour ne pas changer une recette qui gagne, on voit d'ailleurs très bien un découpage clair et net de "Accelerated Evolution" en trois parties distinctes. Une entame d'une efficacité imparable, puis un soudain revirement vers un spleen dépressif d'une beauté abyssale avant de repartir dans des contrées Pop Metal. Une pluralité perturbante mais comme toujours incroyablement bien amenée. Parce que l'entame de l'album frappe fort. "Depth Charge" désarçonne de part sa puissance, son côté ultra direct et électrique, véritable bourrasque tonifiante réussissant à nous caler d'énormes électrochocs malgré sa puissance aérienne majestueuse, tout en riffs lourds mais portés par des courants ascendants chargés en énergie, le tout guidé de main de maître par un Devin qui nous sort un chant multiple énervé mais tout en subtilités d'une technicité dont lui seul a le secret. Tout ça pour déboucher sur un "Storm" enlevé aux envolées vocales magnifiques et poignantes... Et une "Random Analysis" que je n'aime vraiment pas du tout mais qui renferme un paquet de bonnes idées. Les rideaux se ferment. On en a pris plein la tronche et pour l'instant on plane sur un nuage malgré la production assourdissante. Il est temps de verser une larme.

L’enchaînement "Deadhead"-"Suicide" n'est pas là pour déconner. On arrête de se prendre pour un simple groupe à la composition directe acérée. Non, il est temps de poser un genou au sol, regarder l'orage au loin et hurler en silence dans la pluie battante, recroquevillé dans notre halo de lumière bleue. La première, longue pièce de 8 min, est bâtie sur des riffs houleux et voit Devin nous livrer ce qui est probablement une des plus grosses performances de sa carrière, son chant aérien majestueux se muant en cris déchirants à nous en arracher le cœur. La seconde, lourde atmosphère dépressive comme nous l'indique le titre, avec un solo merveilleux, des montées d'intensité et d'adrénaline nous pousse à lever les bras et partir au secours du Canadien sur un refrain lacrymogène. Le cœur de l'album, le point de rupture, c'est la tension maximale avec un degré émotionnel atteignant presque celui de la fin de "Biomech"... Et voilà que "Traveller" débarque en fonçant tranquillement, nous sert un refrain gentillet au chant aigu complètement gayzoux et fait gros tube léger et inoffensif brisant totalement l'atmosphère tendue pour en instaurer une autre. Et s'envoler avec des anges pendant "Away" que je trouve pour le coup assez chiante et longue pour rien, est à peine rattrapée par une "Sunday Afternoon" agréable mais relativement vide. C'est bien chanté, ça plane, mais c'est plat en comparaison avec ce qui a pu précéder et surtout de ce qui va suivre.
Foirer la section ambiante de l'album de cette manière n'était pas un écart acceptable. Après s'être montré à ce point grandiose pendant 35 min, voilà qu'on se bouffe une latence de presque un quart d'heure durant laquelle on regarde notre montre. Mais on n'attend pas pour rien. "Slow Me Down" ou le titre Pop ultime qui a tué "Epicloud" dans l’œuf. Jamais Devin n'a aussi bien chanté ou presque. Jamais un refrain d'un morceau simple ne nous restera en tête aussi fortement. Jamais la Pop n'a été aussi lourde et dense, aussi positive et énergique. Jamais plus Devin ne nous reviendra avec un tel niveau dans ce style précis. Merci.

Bon. Je sais, ça fait beaucoup d'infos contradictoires à encaisser. Et que ça fait bizarre de ne pas parler plus que ça du personnage au sein de l'un de ses albums. Bien que les pistes 4 et 5 reviennent nous taper droit au fond des sentiments en laissant encore déborder la profonde dépression du monsieur pour nous servir un trip enivrant et tout simplement beau, globalement on reste dans une optique simple. Faire de la musique. Du TOWNSEND. Surproduit à en crever, riche en couches sonores, chanté superbement. Et puis bon, des "Depth Charge" ou "Slow Me Down", c'est quand même pas rien.
Avant "Epicloud", avant même "Addicted", Devin nous a déjà fourni un album aérien et léger qui s'écoute tout seul. Encore profondément marqué par son instabilité mais tout de même frais et décomplexé la plupart du temps, il confirme le statut du DTB : reprendre les mêmes ingrédients qu'avant pour en faire pour une fois quelque chose qui s'écoute tout seul et ne nous accroche pas forcément par le cœur ni les neurones. Et c'est cool. Parce qu'en 2003, c'était la première fois qu'on entendait ça de sa part. Et que ça vieillit foutrement bien.

Ah, et j'oubliais, un petit truc dont on ne parle pas souvent : l'édition spéciale du label contient le PROJET EKO. C'est à dire 3 morceaux d'electro ambiant avec Devin qui fait joujou sur un clavier. C'est basique à mort mais au moins c'est fun, contrairement à "Devlab" et "The Hummer". Après, autant "Locate" est pas mal, autant ça n'a pas le moindre intérêt.

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- Devin Townsend (chant,guitare,ambiances)
- Mike Young (basse)
- Dave Young (claviers)
- Brian Waddell (guitare)
- Ryan Vanpoederooven (batterie)


1. Depth Charge
2. Storm
3. Random Analysis
4. Deadhead
5. Suicide
6. Traveller
7. Away
8. Sunday Afternoon
9. Slow Me Down



             



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