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DEVIN TOWNSEND PROJECT - Dark Matters (2014)
Par DARK MORUE le 1er Décembre 2014          Consultée 4483 fois

Putain mais il s'arrête jamais lui.
Déjà qu'on était pas remis d'un "Epicloud" qui avait quand même pas mal divisé, à la fois frais et assourdissant et établissant surtout un style, un son propre au DEVIN TOWNSEND PROJECT, voilà qu'il nous revient en 2014 avec un nouvel album. Non, un double album en fait. Ah et un album de Space Country sous le nom de CASUALTIES OF COOL aussi parce que sinon on pourrait l'accuser de pas se donner à fond ouais.
Le projet Ziltoid Épisode 2, maturé depuis longtemps, sa putain de marionnette ne le quittant jamais (tous ceux qui ont un jour pu le voir en concert savent de quoi je parle), finit enfin par débarquer, après des annonces dans tous les sens, devant initialement sortir avant même "Epicloud". Et puis finalement, à l'approche de la sortie, aller soyons fous, ce sera un double avec le concept DTP vs ZILTOID, BAH OUI PARCE QUE HEIN D'ABORD. La dualité de l'ombre contre la lumière, la joie contre le délire total. Et donc, ici, on va s'intéresser à celui qui est supposé être le second des deux Cds du superbe digipack, la bordélique pièce de théâtre barrée "Dark Matters".
Bah oui mes deux chroniques ont la même intro, et alors ? Je fais ce que je veux.

Du coup. C'est bon, tout le monde a le premier Ziltoid en tête ? Ce gros délire violent, bariolé, astral, partant dans tous les sens avec son histoire loufoque d'extra-terrestre psychopathe qui vient subtiliser le café aux humains et se termine à Starbucks.
7 ans plus tard, nous voilà la suite. Le tant attendu Space Opera épique ultra travaillé. Et le bougre y a mis les moyens. Si vous suivez un peu l'actualité du bonhomme, vous n'avez pas loupé le Universal Choir : des parties en chœur mises à disposition par notre Devin adoré avant la sortie de l'album, permettant à tous les fans de s'enregistrer chez eux et de lui envoyer, afin que tout le monde fasse partie de l'album dans certaines séquences dantesques, comme ont pu le faire il y a pas Salut les Geeks et le Joueur du Grenier. Ainsi pour les morceaux se déroulant sur Terre (les premiers et le dernier) on se retrouve avec des chorales massives de 7000 personnes (woulah) et putain je peux vous dire que le résultat a de la gueule. Voilà, c'est ça, "Dark Matters" est un putain de plaisir coupable, du fan-service à n'en plus finir, et je peux vous dire que pour les fans en question ça fait plaisir. Du coup, on divise le public d'office pour savoir qui a encore sa place par ici :

1/ Vous êtes un fan de Devin qui connaît par cœur toute sa discographie.
Dans ce cas-là, vous avez déjà acheté l'album à sa sortie et vu tout ce que vous avez déchargé dessus depuis il serait déjà enceint de jumeaux à l'heure actuelle s'il était constitué de matière organique féminine. M'enfin, vous pouvez rester quand même.

2/ Vous aimez bien l'artiste mais avez quand même d'autres chats à fouetter.
Là, vous allez prendre votre pied si le n'importe quoi conceptuel et l'extrême cartoonesque est votre dada, par contre y a pas mal de trucs à côté desquels vous risquez de totalement passer. Mais bon, y a des chances aussi que vous passiez en catégorie 1 juste après.

3/ Vous n'aimez pas trop les productions de Devin et encore moins les récentes.
Ne vous infligez pas "Dark Matters", perte de temps pure et simple.

4/ Vous faites partie des haters de Devin qui ne font qu'insulter les fans sous prétexte qu'ils sont aveugles et écouteraient un album entier composé de pets de son auteur en criant au génie.
Bouffe ma bite et avale. Votre parole a autant de crédibilité que celle d'un fan d'ALCEST et de toute façon vous êtes pas plus aveugle que le reste.

Bon alors, maintenant, on enfourne la galette. De quoi ça retourne ce truc ?
Première écoute.
BIM BIM ZIP BADABOUM NINININININININI ZAAAAAP WOWOB THE END.
Okay rien compris, on va refaire la même avec les paroles sous les yeux.
ZONE SPOILER POUR CEUX QUI EN CHIERAIENT UN PEU AVEC L'ANGLAIS ET SERAIENT DONC CURIEUX DE SAVOIR DE QUOI CA PARLE
L'histoire commence probablement après le premier volume, on sait pas trop quand ni ce qu'il s'est passé entre temps mais on s'en fout. Une voix narrée débarque et nous demande de nous apprêter à rencontrer un visiteur, un certain alien... On voit donc Ziltoid être accueilli en héros superstar sur Terre, c'est la grosse teuf, tout le monde il est gentil. Sauf que ce con a au passage kidnappé un Poozer, sorte de petite bestiole, fils de la reine Blataria. Ce dernier finit par s'échapper et retourne voir sa mère (nous voilà donc à "War Princess") et lui raconte tout, à quel point le café ça défonce, tout ça. Du coup cette dernière choisit d'attaquer la terre, et c'est le chaos tellement sa victoire est écrasante avec son fucking Deathray. Ziltoid, alors accusé de traîtrise, est enfermé mais libéré par Captain Spectacular afin de récupérer son arme intergalactique ultime, le Planet Smasher, qui se révèle finalement être une petite boule de poils toute choupi. S'en suit alors un retour sur Terre et une "Through The Wormhole" enchaînant les péripéties absurdes (nouvelle trahison de Ziltoid, Captain Spectacular qui se révèle être son demi-frère avant d'être abattu par Blataria, le Planet Smasher qui l'expédie dans le cosmos de pair avec Ziltoid grâce à sa haine des comédies musicales) et c'est la victoire, avant une fin ouverte avec une référence subtile qui fera plaisir aux fans hardcore... C'est parti pour un futur Z3.
FIN DE LA ZONE SPOILERS
Voilà, et maintenant qu'on connaît tout ça, le fil conducteur, l'explication des quarante-douze millions de passages narrés avec une voix surjouée (à noter que la version digipack propose un 3ème CD reprenant justement "Dark Matters" sans les dialogues, donc plus léger musicalement mais ô combien moins drôle et parfois amputé, genre l'échange entre Blataria et son Poozer au début de "War Princess" me manque beaucoup trop), on peut attaquer le monument. Pfouah. Eh ben mes cocos, si vous avez pas peur de l'auto-caricature, des références dans tous les sens, de la parodie absurde et des sonorités se barrant en couille, vous allez être servis.

On peut reprocher à "Dark Matters" de faire passer son histoire avant la musique. Ce qu'il fait totalement. Chaque passage est pensé pour coller à l'histoire racontée, avec le début en forme de générique qui pète de mille feux, les voyages spatiaux ultra mouvementés, des échanges dialogués entre les différents protagonistes incessants, les ambiances changeant au fil du récit... Mais alors, bon sang, quelle histoire, quel voyage.
Une fois immergé, chaque note matérialise quelque chose devant nos yeux, la voix de Ziltoid ultra reconnaissable nous faisant nous attacher à ce personnage atypique mais tout de même virtuel, les petits cris des Poozers sont à tomber, Captain Spectacular est on ne peut plus ridicule, et merde, ce que le paysage sonore peut être varié...
Autant les trois premiers morceaux servent surtout à poser le décor, ultra pompeux mais réussissant à envoyer des passages bien nawaks façon "Infinity" sur "Ziltoidian Empire", c'est à partir de la formidable "War Princess" et ses quelques 8 minutes tortueuses que tout décolle, qu'on quitte la terre et qu'on part dans des contrées astrales plus éloignées. Avec la reine Blataria totalement à l'honneur, superbement interprétée par la chanteuse des STOLEN BABIES sexy en diable, avec ses intonations dominatrices et sensuelles, et un "For I'm Your Queeeeeen" hurlé à la puissance qui laisse sous le choc. Et c'est là que BOUM, on décolle, on ne cesse de changer de décor, le terrible "Deathray" gagnant ici une place de choix dans la tracklist et collant des frissons dès ses menaces de mort, se posant comme le titre le plus efficace de tout l'opus de part sa puissance, sa simplicité, ses bruits de lasers et un refrain génial, on ne peut plus conquérant et Star-Warsien. Autant dévoilé seul en avant première j'avais trouvé ce titre sans saveur, autant tous mes poils se dressent dés qu'il débarque désormais.

C'est d'ailleurs un peu LE défaut. Impossible de sortir de l'optique de l'album complet tant les morceaux se suivent et qu'une seule pièce reviendrait à ne lire qu'un chapitre d'un livre au pif. On peut le faire, mais uniquement à condition de déjà très bien connaître l’œuvre intégrale. Par contre une fois cette condition remplie, le tout a un goût de reviens-y monstrueux. Et autant pas mal de pièces sont totalement prisonnières du fil conducteur ("From Sleep Awake", "Earth", "Through The Wormhole" totalement dialoguée) malgré pas mal de qualités, surtout "Earth" qui compte énormément de moments forts, on a également d'énormes pépites. Rien que cette "March Of The Poozers" qui se dit inspirée du "On Earth" de SAMAEL et reprenant cette ambiance Tim Burton façon Mars Attacks, ou l'ultra fédératrice et enlevée "Dimension Z" finale avec le Universal Choir qui prend tout son sens, mais surtout, SURTOUT, cette putain de "Ziltoid Goes Home" qui aurait juste été le meilleur morceau de "The New Black" de SYL, avec un tempo bien speedé, un chant hurlé aux backings growlés terrible et une ambiance kaléidoscopique et épique des plus bandantes, une réussite totale sur un terrain où on attendait absolument plus notre Canadien. Bwah. J'en ai foutu partout, merde alors. Fichtre.

Bref, donc vous savez pour quoi vous signez. Une œuvre ultra référentielle, avec un fan-service incessant (on joue à repérer les phrases issues d'albums antérieurs, les personnages récurrents, les marionnettes confectionnées partout) qui plaira aux gros fans, ceux qui ne se plaignent pas particulièrement que Devin commence à quelque peu s'enfermer dans un genre assez précis avec le DTP... Parce que bon, "Sky Blue" en est encore plus symptomatique malgré sa réussite, on va pas se mentir là-dessus, maintenant Devin ça devient un peu toujours pareil, c'est toujours too much, et je comprends aisément les déçus et laissés pour compte.
Mais bon, on va quand même pas cracher sur cette véritable putain de comédie musicale dénuée de sens, admirablement arrangée et qu'on va à tout les coups se trouver à mater en live avec des acteurs dans une prochaine création farfelue...
Bref, en attendant le 3, voyons voir ce qu'il nous réservera pour ses 18 albums de 2015. Les groupies ont de quoi bouffer en ce moment dites donc.

Poozer : album complètement réservé aux acquis à la cause, mais alors bon sang c'est tellement de l'or pour ces derniers...

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   DARK MORUE

 
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- Devin Townsend (presque tout)
- Dominique Lenore Persi (queen blataria)
- Plein De Fans (choeurs)
- Bill Courage (narration)
- Dave Young (guitare)
- Brian Wadell (basse)
- Ryan Van Poederooyen (batterie)


1. Z2
2. From Sleep Awake
3. Ziltoidian Empire
4. War Princess
5. Deathray
6. March Of The Poozers
7. Wandering Eye
8. Earth
9. Ziltoid Goes Home
10. Through The Wormhole
11. Dimension Z



             



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