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DEVIN TOWNSEND PROJECT - Ki (2009)
Par MEFISTO le 15 Août 2009          Consultée 5566 fois

Des albums hyper violents qui resteront à jamais gravés dans l'esprit de tout métalleux, une consommation excessive de drogue et d'alcool qui lui aura ouvert les yeux sur le « vrai » sens de la vie, une carrière solo aussi brillante qu'hétéroclite, une réputation mondialement connue, des changements de look, des concepts extravagants, de la nudité au délire costumé, Devin Townsend est un sacré personnage. Une légende vivante à mi-chemin entre la clarté et la noirceur. Un sujet de laboratoire, mais pas un rat.

Après une « sabbatique » bien méritée où il s'est ressourcé à l'ombre de ses montagnes rocheuses de Colombie-Britannique, le père de "Ziltoid" se pointe à nouveau avec un projet hallucinant. En fait, il s'agit de SON projet, le DEVIN TOWNSEND PROJECT (impossible de ne pas penser au ALAN PARSONS PROJECT). "Ki" est l'introduction de ce chantier qui s'étendra sur trois autres skeuds, qui sortiront à un rythme assez rapide. Un quatuor d'albums donc, une « quadrilogie » pour les intimes, tous plus différents les uns des autres, qui permettront aux fans de s'incruster dans les veines et la matière grise du sieur Devin. Quatre balles tirées à intervalles réguliers d'un même revolver.

Ardu de décrire et de noter "Ki". Je suis heureux de me livrer à cet exercice privilégié qu'est la chronique d'une œuvre de Townsend, mais en même temps, j'ai peur. Peur de décevoir ceux et celles qui ont embarqué dans ce premier wagon sans locomotive, peur de faire bâiller aussi ceux et celles qui n'en ont rien à battre de cette musique tranquille à 75% et introspective à 99%. Je suis aussi vertement emmerdé, car parler d'une partie d'un corps sans avoir la charpente en entier devant le globe oculaire est risqué ; c'est comme pelleter des nuages, balayer du vent, parler de Metal à Sarkozy. Risqué. Devin le dit pourtant lui-même, le bougre : « Écoutez "Ki" tel qu'il est, ne pensez pas à ce qui fut et ce qui sera, concentrez-vous sur le feeling que je vous propose présentement ». Facile à dire ça. Surtout quand il nous fait miroiter trois autres albums qui, selon ses dires, seront plus rythmés, plus déchaînés. Merci pour l'apéro, en tout cas...

Chacun des épisodes de DEVIN TOWNSEND PROJECT respectera une gradation dans la lourdeur des ambiances, comme si Devin reculait dans le temps pour représenter sa vie en accéléré : la naissance tranquille, l'adolescence difficile, la révolte, l'acceptation, la sagesse… Pas pour rien que le deuxième volet s'intitulera "Addicted" et le troisième, "Deconstruction" (l'artiste canadien estime que cet album sera le plus "heavy" de sa carrière, ça promet). Devin tait encore le titre du quatrième, avec raison, mais on peut d'hors et déjà ouvrir les paris…

"Ki" (force vitale) est donc le préambule à ce qui s'annonce comme étant une odyssée dans les méandres de son existence. Et comme une intro, l'opus nous met l'eau à la bouche mais nous garde le gosier sec. C'était prévisible. Et ce n'est pas tant que "Ki" soit irrésistible (il est souvent très chiant), mais on ne peut éviter de penser qu'il fait partie d'une galaxie plus grande. Devin prévient d'ailleurs les fans qu'il leur paraîtra supérieur dès que la boucle se terminera... après le quatrième ovni. "Ki" serait même une excellente façon de comprendre l'ensemble. Donc impossible de sauter de joie, surtout que l'album est majoritairement composé de morceaux subtils, progressifs à l'excès, organiques. Orphelins de naissance, mais bientôt adoptés avec reconnaissance.

Devin s'est taillé un band sur mesure pour "Ki". Son idée est claire et séduisante : chaque zico sera choisi pour remplir un rôle prédéfini par le chef d'orchestre et ne jouera que sur un seul album. Pas deux, un. Car la substance du deuxième disque ne s'approchera pas de celle du premier et ainsi de suite. Il les a recrutés pour leurs qualités spécifiques et le résultat est probant : les trois offrent de la très bonne musique qui s'ingère au compte-gouttes. Elle surprendra l'amateur n'ayant rien lu auparavant pour s'y préparer, mais se transformera illico en curiosité. Devin le sage, Devin le miraculé, Devin la sobriété sur deux pattes, Devin le buveur de thé. Devin l'éberlué, l'unique.

Sans dire « papi », le style du maître du jeu est assez doux. Chaque pièce roucoule à notre oreille et groove beaucoup (une fretless et une basse normale ont été employées), comme sur l'étonnante "Gato", les bluesée "Disrupt" et "Trainfire" (sonnant bizarrement au début comme du Jerry Lee Lewis pour se terminer dans une légère brise) ou "Ki" et sa fin planante (la guitare et la voix de Devin et les atmosphères divines de Dave Young), comptent parmi les meilleures découvertes de cette galette. La pièce-titre traduit merveilleuse la force de la vie avec son intensité, sa couleur et sa fraîcheur.

Quant à "Heaven Send", elle hausse le ton et donne un avant-goût du matériel à venir dans un futur proche. Superbe pièce qui donne des sueurs froides ; sa structure en yoyo s'achevant en crescendo me fait penser à celle de l'inoubliable "The Death Of Music", gravée sur "Ocean Machine". "Lady Helen" se détache également du lot avec sa vague romantique folk/pop renforcée de clavier et piano très agréable à écouter. Idem pour la très charmeuse "Quiet Riot", que je verrais bien passer dans une radio (ouh là là, que dis-je !).

D'autres « trucs », tels que "Coast", "Winter" "Terminal", et "Ain't Never Gonna Win..." sont carrément ambiants : Devin ne lève pas la voix, ses doigts et ceux de ses serviteurs doués font le travail. Ne cherchez pas non plus de colère dissimulée, à moins que le « Docteur ès musique » soit plus intelligent que la masse. Pas trop d'éclat, que du feeling, de grands espaces se dessinant sur écran bleu (familier, n'est-ce pas ?). Devin susurre dans notre nuque de le suivre dans ses échappatoires naturelles et subconscientes. « Comment s'y rendre, Devin ? » « Qu'importe, on improvisera en chemin, j'ai du thé. »

Devin n'a pas lésiné non plus sur le trip visuel, car l'artwork est à regarder avec de petites lunettes 3D. Nul besoin de répéter que de toute manière, avec Townsend, on parcoure bien des dimensions !

La prochaine dimension sera inévitablement plus dérangeante que celle dans laquelle patauge "Ki". "Demon League" ouvre la porte aux diablotins intérieurs de Devin et à un monde plus rouge que sur cette palette barbouillée surtout de teintes apaisantes, du vert au violet, en passant par l'incontournable bleu.

Alors félicitations et merci pour l'alléchante promenade en nature, Devin. Comme toujours, cet itinéraire est d'une grande qualité. Maintenant, fais-nous trébucher au cœur de ton volcan, sinon je te fais siroter ton putain de thé par le nez !

Je ne sais pas comment noter "Ki". Ça m'enrage à la fin. Je me sens comme Devin en concert, avec ses flots de bave qui sortent en geysers. Alors je vais lui coller un 3,5, ma « note de secours »… qui pourra monter ou descendre, si le trio à venir arrive à sublimer tous ses trésors cachés. En fait, cette note ne veut strictement rien dire : ne vous y fiez pas, tiens. Laissez infuser longtemps et faites-vous votre propre opinion. Je suis complètement fourbu.

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- Devin Townsend (chant, guitare, programmation)
- Jean Savoie (basse)
- Dave Young (synthé, piano)
- Duris Maxwell (batterie)


1. A Monday
2. Coast
3. Disruptr
4. Gato
5. Terminal
6. Heaven Send
7. Ain't Never Gonna Win...
8. Winter
9. Trainfire
10. Lady Helen
11. Ki
12. Quiet Riot
13. Demon League



             



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