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METAL CONCEPTUEL  |  STUDIO

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L' auteur
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1995 Anomaly
1997 1 Room Seven
1999 1 Chronophobia
2002 Angelus
2005 Imago
2008 Hegemony
2019 Dissymmetry
 

- Style + Membre : Supuration

SUP - Imago (2005)
Par DARK MORUE le 12 Mai 2011          Consultée 3674 fois

SUP. SUPURATION. SPHERICAL UNIT PROVIDED. Patronyme certes fluctuant, mais au final bien moins que le genre pratiqué par ces ch'tis bien éloignés des gentils mercenaires de Dany Boon.
Pur produit Holy Records, avec le style hors normes que ça implique; sauf que pour une fois le métissage passe sans casse.
Beaucoup se sont cassé les dents à décrire le style pratiqué par SUP, pour au final les ranger dans une sorte de «Cold Metal», symbolisant le métissage Cold-Wave mixé aux racines profondément death metal du groupe.
Mais non. C'est pas vrai.
SUP n'est pas froid. Enfin, pas souvent. Sur "Anomaly", le combo était froid et mécanique, dans le sens seringue qui sort du congélo. "Chronophobia" également, proposait par moment un bain glacé à faire passer IMMORTAL pour un groupe de Zouk en pagne à fleurs. On pourrait également parler du chef-d'œuvre de SUPURATION, "The Cube", sorte de Death Metal old school mystique déshumanisé. Froid oui, mais le froid rencontré ici est celui propre à la mort du personnage principal, pas celui qui nous force à rester devant la télé.
Et donc, là, c'est froid ? Ben vous devez avoir pigé que non. A la manière d'"Angelus" ou "Room Seven", baigné d'une atmosphère rayonnante et réconfortante, "Imago" nous prend par la main et nous balance dans un monde parallèle des plus chatoyants.
Donc c'est SUP, et ça implique que chaque album prend le contrepied du précédent. Et effectivement, "Imago" ne ressemble pas, mais alors pas du tout, au très brutal "Incubation" l'ayant précédé 2 ans avant, et n'annonce absolument pas le synthétique et martial "Hegemony".

Je le dis, je suis méga fan de SUP. L'objectivité n'est donc pas forcément au rendez vous. Mais je m'efforce de l'être quand même. La preuve : il manque un point !!!
Alors déjà, pour entrer en contact avec la bête, les formalités.
Quand on dit SUP, on sous-entend 2 choses : un digipack über-classe, et un concept fouillé qui sert d'élément conducteur à la musique. Et bien évidement, les deux sont présents.
Comme d'habitude, la pochette est relativement moyenne (celle-là est classe et pleine de sens par rapport à l'histoire, mais laisse un arrière-goût de pas fini), mais une fois le digipack déployé, tout prend tout son sens. Ou presque. Cinq panneaux, on voit les membres dessinés façon BD au milieu de plein de papillons, c'est zouli, et le vert chatoyant est particulièrement bien choisi et s'inscrit dans la thématique colorée des précédents (Gris, Bleu, Jaune, Rouge, place au Vert!). Par contre, déception n°1, pas de livret. Ce qui entraîne déception n°2, paroles cette fois non traduite. Et vu le concept mastoc qu'ils nous ont préparé, il y a de quoi se plaindre.
Alors, pour les grandes lignes, on se trouve dans le futur on sait pas trop quand, un remède miracle a été élaboré, à partir de cocons des papillons, et se nomme la Chrysalide. Attention cependant à respecter la notice qui stipule de n'en prendre qu'une fois par vie. Le héros, un scientifique ou un truc dans le genre, va faire la connerie d'en prendre une deuxième dose (hou le petit joueur !) et se retrouve comme un con dans une chrysalide à se transformer en insectoïde. Enfin je crois. Toujours est-il qu'il y a du La Mouche (cf Cronenberg) inside. Et franchement, tout n'est pas méga simple à piger pour qui ne parle pas aussi bien anglais que franchouillard.

Bon, je crois qu'il est temps de parler de la musique, sinon ca va gueuler. J'ai dit que ça tranchait avec les albums précédents. Pour situer, on est plus proche de "Room Seven" que de n'importe quoi d'autre, bien que ce soit pas du tout pareil (langue de bois rules). Un élément quasi inédit pour SUP : les nappes de clavier. Pas les bidouillages de "Room Seven" ou "Angelus", juste des nappes spectrales semblables à un filtre ajouté. Ultra présentes bien que toujours discrètes, et venant là avec pour but d'ajouter de la profondeur aux morceaux mais aussi pour retranscrire l'atmosphère SF-Zarbi devant émaner. Un mot pour décrire l'album ? Cinématographique...
Tout commence avec «From Blood Of Chrysalis»... Une introduction lente, ritualisante, on se sent direct chez nous et ce même à la première écoute. La voix douce de Ludovic nous prend par la main (hé ouais, c'est qu'il est vachement bon le bougre !) et laisse le morceau se mettre en place. On est alors entraîné dans une spirale ascendante, toujours chaleureux, jusqu'à un final de toute beauté résultant du combo qui tue voix plaintive + nappes synthétiques célestes.
Et c'est alors que démarre "Insect Drugs", un morceau plus rapide, martial, duquel suinte une sorte d'appel au secours, par ses salves vocales fédératrices et urgentes. Réussite totale.
Plusieurs choses marquent. Tout d'abord, l'absence relative de voix death. De temps en temps, elle balance une phrase, puis elle repart aussi vite qu'elle est venue. Vu la qualité et la puissance du growl de Ludo, ça pourrait être regrettable, mais c'est sans compter la véritable prouesse des deux frères Loez au niveau vocal. Timbres reconnaissables entre mille, intonations nasillardes, suppliantes, célestes, enlevées, chuchotées, chantées, avec un travail sur les mélodies des plus remarquables ("Metamorphosis", "Hybrid State"). Seul un morceau lâche quelque peu les chevaux, à savoir "Liquid Flows", avec une cavalcade tagada thrashy sur sa première partie, couplée à un chant agressif mais pas franchement guttural. Et également "Apprehension", qui nous laisse nous repaître du vrai chant death de Ludo en certains moments clef.

De plus, ici, SUP nous sort de véritables morceaux de bravoure. Déjà, impossible de ne pas parler d'"Hybrid State". Passé sa première minute (on y reviendra...), le morceau prend véritablement son envol, nous laissant le souffle coupé devant ces changements d'ambiance aussi soudains que pertinents, offrant un véritable voyage futuriste et nous clouant sur place par son refrain génial. Une véritable impression de se trouver embarqué à bord d'un film visionnaire, imagé, intemporel. Les mots me manquent pour décrire cette pièce maîtresse, mais c'est pour sûr, à mon humble avis, une des compositions les plus brillantes que le combo nous ait proposé tout au long de sa carrière. Au moins la meilleure de l'album dans tous les cas. Et avec un clip bizarre que même moi je peux le faire dans ma chambre avec une photo de chrysalide.
Deux autres morceaux des plus atypiques sont à signaler : "The Deformed Army" ressemble à une ballade, mais pas du tout dans le sens lover, ni celui power-ballade du terme. Un morceau plus calme, carrément New/Cold/Truc-Wave, qui prend en ampleur à chaque seconde pour finir en apothéose claviéristique. Du jamais vu auparavant dans la disco des Lillois.
Et autre innovation évolutive à signaler : la title-track finale. Une intrumentale de 7 minutes. Le premier de leur carrière. Et l'épreuve est passée avec brio. Quelques notes de clavier pour démarrer, puis à peu près tout et n'importe quoi qui se greffe dessus, mais de manière toujours pertinente et cohérente, jusqu'à former un mille-feuille auditif que n'aurait pas renié Townsend. Maîtrisé et rigoureux, on est une fois de plus soufflé par la beauté hors norme et par le talent de composition du groupe, capable de faire de l'or avec un niveau technique au ras des pâquerettes... Ah tiens, il me semble ne pas avoir insisté sur le côté cinématographique de l'ambiance de l'œuvre. Ben... "Imago" est très cinématographique. Voilà. Et globalement plus facile d'accès que ses prédécesseurs. Ce qui ne veut pas non plus dire que c'est de la pop, loin de là.

Bon, donc c'est cool, l'album ultime et parfait que tout le monde doit posséder? Mouaif, non. Y'a des éléments qui fâchent.
Alors déjà, je sais pas ce qu'ils avaient sur cet album, mais ils ont vraiment eu des sacrés bugs au moment de démarrer leurs morceaux. Écoutez-moi les premières secondes de "Metamorphosis", c'est dangereusement foireux quand même. Ou celles de "Strange Vibrations", truc de fou comment c'est à chier. Je parlais d'"Hybrid State", ben figurez-vous que malgré son statut de meilleure compo de l'album, le début du morceau est relativement horrible. Une montée en puissance guillerette ridicule, pour déboucher sur du saccadé où la voix est noyée dans des motifs de guitares hachées vraiment pas du tout agréables. On en vient à se demander comment le morceau a pu finalement décoller après s'être embourbé à ce point... Y'a aussi quelques passages assez foireux, comme "Strange Vibrations" qui me convainc pas du tout, et une harmonie vocale pas franchement au point sur le néanmoins audacieux "The Deformed Army".
Autre chose qui a tendance a m'énerver sec, le fait de reprendre la fin du morceau précédent dans certaines track. "Liquid Flows" reprend de façon agressive la fin planante de "Strange Vibrations", "Apprehension" reprend de manière totalement daubée la fin de "The Deformed Army", en clair, c'est lourd. Heureusement que ça se reprend par la suite, sinon je me serais énervé là...

Faut bien conclure à un moment, alors je vais le faire maintenant. Je sais, j'ai fini par les points négatifs, du coup on a l'impression que l'album est à chier. Mais non, hormis quelques problèmes introductifs, c'est une réussite de plus au palmarès des petits Français. On retire un concept hermétique et des intros qui donnent envie de zapper pour en retenir les forces de cet opus, à savoir un son chaleureux, des compositions dignes de figurer dans les bandes originales des plus grands films de science-fiction, la prise de risque occasionnelle et également le fait que ce soit SUP aux manettes et par conséquent que ça ressemble à rien d'autre. Pas le meilleur (y'a "Chronophobia" pour ça) mais clairement dans mes préférés du groupe. Comme tous les autres quoi.
Un groupe hors normes qui sort des albums hors normes dans l'ignorance totale, pour moi une des plus grandes injustices du monde du Metal.

A noter que cet album a grandement influencé le combo d'electro/indus/machin DIVISION ALPHA pour son "Palingenesy", cependant rien d'étonnant quand on sait que Frederic Fievez en est une des têtes pensantes, et qu'il tient la quatre-cordes durant les live de nos Lillois...

Synthèse : la classe façon SUP. Futuriste, chatoyant, à part.

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- Ludovic Loez (guitare, chant, basse, claviers)
- Fabrice Loez (guitare, samples)
- Thierry Berger (batterie)
- Frederic Fievez (basse live)


1. From Blood Of Chrysalis
2. Insect Drug
3. Desolation
4. Metamorphosis
5. Hybrid State
6. Strange Vibrations
7. Liquid Flows
8. The Deformed Army
9. Apprehension
10. Nothing I Control
11. Sublimation
12. Imago



             



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