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ADX - Bestial (2020)
Par DARK SCHNEIDER le 6 Mars 2020          Consultée 1416 fois

Il est impossible de ne pas saluer la pugnacité des deux rescapés de l'aventure ADX : Phil et Dog. Ils méritent le respect, vraiment. Continuer ainsi coûte que coûte de faire perdurer cette entité, malgré un public, certes composé de fidèles, mais peu nombreux, c'est courageux. Surtout que le groupe a dû faire face à un nouveau coup du sort en 2019 : le départ de Betov, guitariste historique de la formation, dont l'envie de continuer s'est émoussée ces dernières années. Pour la première fois, ADX se retrouvait dépossédé de ses deux bretteurs originels, avec aucun espoir de renouer avec Marquis, le pauvre étant décédé en 2016. Dur. Mais Phil et Dog ne sont pas prêts de baisser les bras, bien épaulés par un Julien Rousseau très investi dans la composition de ce nouvel opus. C'est ainsi que par le biais d'une simple petite annonce ils ont pu recruter le remplaçant de Betov : le guitariste youtubeur Neogeofanatic, dont le pseudo à coucher dehors (pire que le mien non ?) est fort heureusement abrégé en un plus sobre Neo. Il s'avère qu'étant moi-même guitariste à mes heures perdues, je suivais depuis quelques années ce youtubeur, parfois un peu exaspérant mais également réellement doué et généreux. Incontestablement, ADX a fait un bon choix en le recrutant : le gars est talentueux et apporte un style idoine au groupe, et en plus il permet à ce dernier de bénéficier d'une nouvelle visibilité sur les réseaux sociaux. Le duo qu'il forme désormais avec Nicklaus est clairement de loin le plus technique qu'ait eu ADX.

Si l'apport de ce sang neuf se fait sentir sur scène, cela reste cependant à relativiser pour ce nouvel album. En effet, "Bestial" était déjà écrit lorsque Neo fut recruté, bien que surmotivé, il ne put qu'enregistrer ses solos de guitares (relativement courts d'ailleurs) sans pourvoir véritablement apporter des idées neuves. Cet album ne permet pas vraiment de se faire une idée réelle du potentiel du gaillard. Ajoutons à cela que l'implication de Nicklaus fut également assez moindre, l'intéressé ayant récemment migré au Québec. Tout le travail de composition musicale fut en fait abattu par Dog et Julien Rousseau, qui ne s'est pas contenté d'enregistrer ses parties de basse, mais aussi les guitares rythmiques, en somme c'est lui le véritable héros de cet album.

Incontestablement, "Bestial" est l'opus d'ADX qui bénéficie de la production la plus puissante qu'ait eu le groupe. De la puissance brute. La principale qualité de cette production, c'est qu'elle bénéficie énormément au jeu de basse de Julien, dont l'instrument n'a jamais été aussi bien mis en avant, on appréciera grandement les cliquetis de sa basse. Par contre, je suis moins convaincu par le son des guitares, qui trahit à mon sens toujours le côté un peu artisanal de la prod. Le groupe évoque "Firepower" de JUDAS PRIEST en référence ultime, on en est vraiment loin. À ce jeu-là, le "Burn The Night" de RIOT CITY (qui ne devait pas non plus bénéficier d'immenses moyens), sortie l'année dernière, faisait bien mieux. C'est puissant, ça sonne parfois gras, mais ça manque un peu de profondeur et d'ampleur. La clarté du mix ne fait pas tout.

Musicalement, ADX n'a pas changé sa formule (mais il y a quand même de la nouveauté, on y reviendra), et ainsi la première partie de l'album est dans la continuité de ce que le groupe nous a servi sur "Non Serviam". Si le groupe a décidé d'utiliser "Au Dessus Des Croix Noires" pour sa promotion, ce n'est pas forcément le meilleur des choix. Le titre se laisse écouter, mais semble un peu en pilotage automatique. On en dira pas autant par contre de "Overlord", de loin le meilleur titre de l'album, en grande partie grâce à la qualité de son pré-refrain et son refrain qui vont bien vous rester dans le cortex cérébral, je vous l'assure ! Phil y est à la fois brillant pour la qualité de ses lignes de chant mais aussi pour l'inspiration de son texte qui évoque le cimetière américain de Colleville, surplombant Omaha Beach. Si je souligne la qualité de ce texte, ce n'est malheureusement pas le cas sur une bonne partie de l'album, on ne comprend pas toujours vraiment ce que Phil veut nous conter, et il a tendance à nous laisser parfois sur un goût d'inachevé, notamment sur les titres inaboutis que sont "Collecteurs De Chair" et "La Marche Des Spectres", moments faibles de l'album. On l'a quand même connu plus inspiré par le passé. Bien placé au sein de l'album, le convaincant et hargneux "Action Cannibale" vient nous sortir de notre torpeur bien comme il faut, avec ses couplets hyper agressifs s’appuyant sur un riff inspiré.

La petite surprise de ce "Bestial" c'est sa trilogie finale, qui donne son titre à l'album, façon ICED EARTH (d'ailleurs la pochette de Stan Decker, toujours aussi excellent, a de faux airs de celle de "Horror Show" des Américains). ADX tente enfin quelque chose de nouveau en proposant un mini-concept autour de trois morceaux et autant d'interludes narratifs de courte durée. L'histoire n'est autre que celle de la Bête du Gévaudan, un thème de choix pour ADX qui peut ainsi mélanger son goût de l'Histoire de France avec le thème du fantastique et du mystérieux. Toute la trilogie nous narre l'ambivalence de cette affaire et nous laisse dans l'interrogation lors de son final. On retrouve ainsi le ADX aventureux, qui s'essaye à des intros acoustiques, même si l'on ne peux pas dire que l'on ait de nouveau à faire à des titres à tiroirs comme l'était un "Red Cap". On saluera quoiqu'il en soit l'effort, qui donne réellement une plus-value à cet album qui se serait sans doute avéré sans cela inférieur à son prédécesseur.

Mais le poids des ans ne s'est pas fait que sentir sur Betov. Si Phil a retrouvé sa longue chevelure qu'il avait perdu il y a quelques années, il n'a pas retrouvé toute sa force vocale. On devra faire avec la redondance de certaines de ces lignes de chant et ses textes globalement moins marquants (à l'exception du brillant "Overlord", je le répète). Les quelques élans shred de Néo demeurent trop rapidement expédiés pour véritablement donner une nouvelle envergure à la musique d'ADX, et j'espère vraiment qu'il aura à l'avenir l'occasion de s'exprimer plus longuement. Tout comme pour "Non Serviam", "Bestial" ne se hisse pas au niveau de "Ultimatum", qui reste incontestablement le meilleur album depuis la reformation. Il n'en demeure pas moins un album toujours agréable à écouter, un effort plus que respectable mais qui manque cependant d'étincelles.

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Phil (chant)
- Nicklaus (guitare)
- Neo (guitare)
- Julien Rousseau (basse, guitares)
- Dog (batterie)


1. Rituel Ancestral
2. Au Dessus Des Croix Noires
3. Les Sanguinaires
4. Overlord
5. Collecteurs De Chair
6. La Marche Des Spectres
7. Action Cannibale
8. Disgrâce
9. L’Épreuve
10. Du Sang Sur Les Pierres
11. Le Désordre
12. La Traque
13. L'incertitude
14. Le Mensonge



             



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